Renault dévoile sa voiture autonome centrée sur l'expérience utilisateur

Le constructeur français a également annoncé lors du sommet européen sur le véhicule sans chauffeur qu'il introduirait avant 2020 des fonctions autonomes dans ses véhicules.

Deux ans qu'elle se faisait attendre. Renault sort enfin de ses ateliers une première voiture autonome parée pour la voie publique, après avoir dévoilé le concept-car autonome et connecté Next Two en 2014.

La voiture autonome de Renault devra être "abordable", avec "un surcoût qui ne doit pas dépasser les 20%"

Le constructeur a choisi la réunion des 28 ministres européens des Transports pour la présenter officiellement, ainsi que pour établir un calendrier précis : "nous introduirons sur le marché d'ici à 2020 des véhicules équipés de fonctions de conduite autonome dites de "single-lane control" capables de s'adapter seuls à la circulation mais sans pouvoir changer de voie sur des autoroutes équipées de voies à chaussées séparées", explique Jean-François Sencerin, responsable véhicule autonome chez Renault.

L'occasion aussi pour la marque au losange d'éclaircir son positionnement : "L'idée est de préparer progressivement les usagers aux technologies que nous voulons commercialiser après 2020 et devenir à cet horizon le premier constructeur généraliste à proposer sur des voitures grand public et à des prix abordables une expérience que l'on appelle "eyes-off/hands off", c'est-à-dire quand le conducteur peut lâcher complètement les commandes et vaquer à ses occupations. Il s'agit, en quelques sortes, de vendre du temps libre sûr et légal aux usagers qui passent des heures dans les bouchons après leur travail, par exemple", poursuit-il.

Renault a choisi le monospace Scénic pour expérimenter la conduite autonome. © Renault

Concrètement, cette voiture sans chauffeur "abordable", avec "un surcoût qui ne doit pas dépasser les 20%", murmure-t-on du côté de Renault, est équipée d'une interface homme-machine que le constructeur veut la plus intuitive possible.

Une fois en route, l'écran qui sert notamment de compteur kilométrique affiche aussi plusieurs autres fonctionnalités : quand le véhicule détecte qu'il est sur une autoroute équipée de voies à chaussées séparées, un message indique que la conduite autonome est disponible. Une fois activée, il suffit de lâcher le volant et de se laisser guider. Le dispositif affiche alors la circulation en temps réel, tels que les capteurs de la voiture les voit. Si un véhicule double, par exemple, la voiture ralentit automatiquement et l'usager peut suivre la manœuvre en temps réel sur l'écran. Si le système détecte un événement qui va bientôt nécessiter l'attention du conducteur, un compte à rebours de 45 secondes s'enclenche avant, jusqu'à ce qu'il reprenne les commandes.

"L'idée est de préparer progressivement les usagers aux technologies que nous commercialiserons après 2020"

Un autre équipement, installé mais pas encore expérimenté, rendra également la voiture intelligente, mais cette fois quand l'automobiliste aura le volant entre les mains. Une caméra dirigée vers le visage du conducteur et focalisée sur son regard, "permettra au véhicule de détecter si le conducteur est distrait, en état d'hypovigilance, c'est-à-dire en train de s'endormir, ou s'il est déjà endormi", raconte Jean-François Sencerin.

"Nous imaginons qu'à l'avenir le système pourra faire vibrer le siège pour réveiller le conducteur, par exemple. Cela peut aussi se faire en musique. Les possibilités sont multiples", précise-t-il.

Une imagination qui n'a selon lui pour limite que la sécurité : "Il faut faire attention car le premier qui aura un accident avec un véhicule autonome risque de tuer la technologie."

 

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