Confidentiel : Drust lève 3 millions pour son boîtier connecté embarqué

La start-up française veut multiplier les partenariats avec les professionnels de l'automobile pour distribuer Akolyt, son assistant personnel d'aide à la conduite.

350 milliards de dollars. C'est le chiffre d'affaires que devrait générer d'ici 2020 le marché mondial des services associés à la voiture connectée selon l'étude "The Connected Mobility Global Forecast" dévoilée en avril 2016 par Ptolemus. Un pactole sur lequel lorgne la jeune pousse française Drust, qui va lancer d'ici la fin de l'année, à l'approche de Noël, son boîtier connecté embarqué Akolyt.

Le groupe Macif apporte la majeure partie du tour de financement de 3 millions d'euros

Pour mettre la main sur une part de cet alléchant gâteau, Drust peut compter sur son actionnaire principal, le groupe Macif, qui apporte la majeure partie du tour de financement de 3 millions d'euros qu'il vient de réaliser, ainsi que sur le soutien de la BPI et de l'Ademe. De quoi attirer l'attention des garagistes, concessionnaires et constructeurs que vise la start-up créée en 2014 : "Nous voulons trouver des offres commerciales pour s'assurer de grands volumes de commandes. Sur les 250 millions de voitures qui circulent en Europe, 200 millions ont une prise diagnostic, ou OBD, donc il y a de quoi trouver des solutions innovantes pour tous les professionnels de l'automobile", affirme Michaël Fernandez, PDG et cofondateur de Drust.

"Nous voulons trouver des offres commerciales pour s'assurer de grands volumes de commandes"

Son boîtier connecté Akolyt, branché à la prise diagnostic, relie la voiture au smartphone via le réseau Bluetooth et délivre aux automobilistes des conseils de conduite pour réduire leurs factures d'entretien et de carburant (jusqu'à 30% d'économie) et évalue en temps réel l'état d'usure des consommables. "Le service après-vente est un axe de développement fort. Nous voulons rendre la maintenance plus transparente et cela intéresse beaucoup les professionnels du secteur. Nous avons récemment conclu un partenariat avec le groupe Flauraud, qui rassemble pas moins de 3 000 garagistes indépendants en France. Les données d'Akolyt leur permettront de mieux gérer leur stock de pièces détachées. Concrètement, avec l'accord du conducteur, nous partageons les données sur l'usure et le kilométrage de son véhicule, qui vont permettre au réparateur de se positionner au bon moment sur la bonne offre et programmer des rendez-vous à l'avance. C'est une manière pour eux de fidéliser le client et pour nous de vendre plus de boîtiers", explique-t-il.

"Les données sur l'usure du véhicule vont permettre aux réparateurs de se positionner au bon moment sur la bonne offre"

Et l'ancien ingénieur du constructeur français PSA compte bien renouveler ce genre d'accord : "Nous discutons beaucoup avec les spécialistes de la réparation et de la maintenance. Des enseignes comme Feu Vert, Roady ou Euromaster, par exemple, sont de potentiels futurs partenaires. Notre solution les a séduits."

"Les assureurs se renseignent également pour offrir des contrats d'assurance sur-mesure. Le Royaume-Uni et les Etats-Unis, notamment, sont déjà très actifs sur la télématique mais la France est en retard. Allianz et YouDrive ont récemment mis des offres connectées, ce qui permettra d'éduquer le marché et de mesurer la réponse du grand public", glisse le jeune entrepreneur.

Des réseaux de concessionnaires comme PGA Motors se sont aussi approchés de Drust : "Offrir une solution d'assistance et de suivi personnalisé avec Akolyt en option, par exemple, peut faciliter la vente d'un véhicule. Ce serait une sorte de package connecté avec une durée d'abonnement garantie. L'offre commerciale est encore à construire mais nous ne manquons pas d'idées", avance Michaël Fernandez.

"Les assureurs se renseignent pour offrir des contrats d'assurance sur-mesure"

Même les constructeurs peuvent selon lui y trouver leur intérêt : "Nous discutons beaucoup avec PSA, Renault et plusieurs constructeurs allemands. Ils sont intéressés par la possibilité de récupérer les données d'utilisation de leurs véhicules car cela peut leur donner le recul dont ils manquent aujourd'hui sur les usages de leurs clients. Akolyt leur offre la possibilité de mieux dimensionner leurs modèles et d'enlever des équipements qui ne sont pas utilisés et ainsi baisser leurs tarifs, notamment. Notre solution aftermarket peut être facilement déployé, elle répond à toutes les normes existantes et ne coûtera qu'une centaine d'euros, c'est donc une solution à court-terme très intéressante pour eux."

Fort des 3 millions d'euros qu'il vient de lever, Michaël Fernandez prépare aussi l'avenir plus lointain de son entreprise : "Nous allons nous développer en Europe dès 2017 et des rencontres sont déjà prévues avec des constructeurs automobiles allemands d'ici la fin de l'année. Par ailleurs, d'ici 5 à 10 ans nous devrons aller plus loin que l'aftermarket, et travailler directement dans les véhicules."

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