Les produits les plus souvent en rupture de stock

Rupture de stock Exaspérantes pour les clients, coûteuses pour les enseignes : les ruptures dans les magasins frappent plus certains articles que d'autres.

5,7% des produits sont régulièrement absents dans les supermarchés français pour cause de rupture d'approvisionnement. Le taux peut sembler raisonnable, mais il représente tout de même une perte de chiffre d'affaires de 1,07 milliard d'euros pour les enseignes, soit 1 800 euros par jour et par magasin, ou encore 45 paniers d'achat perdus. Sans compter l'agacement provoqué par ces ruptures auprès des clients, mécontents de voir un rayon vide en lieu et place de leur produit préféré.

Au moins un produit de coloration pour cheveux est absent en permanence 15,6% du temps

L'étude, réalisée par l'organisme paritaire (industriels et distributeurs) ECR France et portant sur une année (septembre 2013 à septembre 2014), montre que ce taux de rupture est très variable selon les catégories de produits. En tête, les colorations pour cheveux : au moins une référence de ce rayon est absente 15,6% du temps. Le maquillage ne fait guère mieux, avec 14,2%. "Ce sont des catégories qui comptent un grand nombre d'articles différents, donc assez difficiles à gérer en termes d'approvisionnement", justifie Xavier Hua, le directeur d'ECR France. Dans les 10 premiers, on trouve aussi le champagne, les stylos ou le lait pour bébé, qui affichent tous des taux de rupture supérieurs à 10%.

"Les catégories les plus concernées, comme la parfumerie, sont également celles pour lesquelles les progrès ont été les plus significatifs entre 2013 et 2014, avec une baisse du taux de rupture de l'ordre de 1,5 point, preuve que les industriels et distributeurs concernés prennent ce problème à bras le corps", relativise Xavier Hua.

Les produits les plus fréquemment absents des rayons
RangProduitTaux de rupture (CAM sept 2013-sept 2014)Perte de chiffre d'affaires (millions €)Evolution sur un an (points)
Source : ECR France
1Coloration pour cheveux15,6%13,8-0,6
2Maquillage14,2%18,9-0,5
3Champagne13,6%33,6-0,4
4Stylos (bille/plume/feutre)12,3%13,9-0,4
5Soins du visage12,0%11,1-0,3
6Ampoules11,9%10,7-0,8
7Lait infantile10,3%13,4+0,1
8Vin effervescent10,0%14,2-0,2
9Fruits de mer surgelés9,8%12,20
10Sorbet et crème glacée9,5%7,6-0,2

A l'autre bout du spectre, le beurre, le pain de mie et les œufs manquent à l'appel moins de 3% du temps. "Ces produits connaissent de fortes rotations et bénéficient donc de réapprovisionnements fréquents", note Xavier Hua. Ces bons chiffres sont toutefois à relativiser, car ils ne prennent pas en compte les ruptures partielles (non mesurées dans ce baromètre), lorsque certaines références sont absentes des rayons pendant plusieurs heures dans la journée. Ces ruptures partielles entraînent aussi une perte significative du chiffre d'affaires et sont justement proportionnellement plus élevées pour les catégories comme les yaourts ou le pain de mie.

Les produits les moins souvent absents des rayons
RangProduitTaux de rupture (CAM sept 2013-sept 2014)Perte de chiffre d'affaires (millions €)Evolution sur un an (points)
Source : ECR France
1Beurre2,4%7,5+0,1
2Pain de mie2,3%3,1-0,2
3ŒOeufs2,2%7,50
4Fromage frais2,2%6,4+0,1
5Salade fraîche2,2%3,5-0,1

Dernier élément : les ruptures sont beaucoup plus fréquentes dans certains magasins que d'autres. Pour les déodorants par exemple, la moins bonne enseigne affiche 2,5 fois plus de ruptures que la meilleure.


Méthodologie

Le baromètre ECR-IRI porte sur 110 catégories de produits de grande consommation, soit 250 000 à 300 000 références. Il mesure uniquement le taux de rupture complet, c'est-à-dire lorsqu'aucune vente n'est réalisée sur une période donnée. Si un produit est vendu plus de 56 fois par semaine par exemple, on considère que si aucune vente n'est réalisée pendant une journée il est en rupture totale. A l'inverse un produit vendu 10 fois par semaine n'est considéré manquant que si aucune vente n'est réalisée pendant 7 jours. L'étude a été réalisée en cumul annuel mobile, c'est-à-dire qu'elle porte sur une période d'un an de septembre 2013 à septembre 2014. L'évolution est mesurée par rapport à la même période de l'année précédente.

 

Consommation / Chiffre d'affaires