L'immigration et une politique nataliste au secours des finances publiques

Le projet de budget pour 2013 prévoit 20 milliards d'euro de recettes supplémentaires liées à des augmentations d'impôts généralisées et 10 milliards d'économies sur la dépense publique.

Dans les deux cas, ce sont les mêmes leviers traditionnels de la politique publique qui se trouvent actionnés: augmentation des impôts ou réduction de la dépense publique. De plus en plus d'économistes contestent les bienfaits de ces mesures et recommandent d'augmenter le nombre de contribuables par une politique massive d'immigration à court et moyen termes et une politique nataliste active à plus long terme.
Le projet de budget pour 2013 prévoit 20 milliards d'euro de recettes supplémentaires liées à des augmentations d'impôts généralisées et 10 milliards d'économies sur la dépense publique. Alors que la majorité se félicite d'avoir trouvé un équilibre, l'opposition fustige l'insuffisance des économies prévues. Dans les deux cas, ce sont les mêmes leviers traditionnels de la politique publique qui se trouvent actionnés: augmentation des impôts ou réduction de la dépense publique.
Ces deux leviers de redressement des comptes publics se trouvent pourtant largement critiqués par les économistes parmi lesquels des lauréats du Prix Nobel (Krugman, Stiglitz, Sen). Réduire la dépense publique appauvrirait des populations déjà fragilisées par les effets de la crise, tandis qu'augmenter les impôts brimerait la compétitivité des entreprises et la consommation des ménages. Ces économistes proposent de manière quasi unanime de repenser non pas l'équation fiscale mais la démographie des contribuables.  Il conviendrait donc de mettre en place des politiques visant à augmenter de façon structurelle la population et ce faisant le nombre de contribuables.
À très court terme, recommandent ces économistes, une politique massive d'immigration viendrait combler le déficit de contributions. La croissance nous vient de l'innovation, de l'entreprenariat qui crée de l'emploi ainsi que de l'accroissement régulier de la population qui produit, consomme et paie impôts directs et indirects. Des études menées sur l'Australie et les Émirats Arabes Unis ces dernières années montrent que l'afflux d'immigrés ne se traduit pas, contrairement à une idée reçue, par une aggravation de la pauvreté et de la précarité. Les populations immigrées créent des micro-entreprises, apportent des idées pour nos industries en panne et in fine créent de l'emploi. Cela peut aller d'un établissement de restauration à une start up. Outre le recrutement de salariés et une diminution mécanique du taux de chômage, ceci se traduit par le paiement d'un impôt sur les sociétés, sur le revenu et de la TVA.
Une deuxième idée reçue est également battue en brèche par les Nobel d'économie: l'immigration ne se traduira pas par une précarisation du marché de l'emploi et une réduction des salaires. Notre modèle social d'Europe continentale est inviolable et c'est ce qui fait son attrait.
À plus long terme, les économistes recommandent de mettre en place une politique nataliste active en actionnant trois leviers.
En premier lieu, ils suggèrent d'investir massivement dans les infrastructures collectives de soutien à la famille (crèches, garderies, écoles maternelles, etc.) et d'offrir des prestations familiales (telles que nos allocations familiales) et des mécanismes fiscaux incitatifs (tels que le quotient familial).
Mais également, ils insistent sur la nécessité de renforcer l'égalité entre hommes et femmes de sorte à ce que père ou mère puissent indifféremment faire le choix de se mettre en congé parental. À cet égard, l'Australie, la Nouvelle Zélande, la Finlande ou encore la Suède offre depuis une quinzaine d'années à tout parent la possibilité de percevoir pendant 12 mois une allocation parentale représentant 80% de leur salaire afin de s'occuper d'un enfant en bas âge.
De telles mesures sont praticables en France pourvu qu'un gouvernement ait la volonté et le courage politique de le faire. Face à l'a quasi-faillite des états constitutifs de sa fédération, le gouvernement travailliste australien a mis en place depuis 2010 une politique d'immigration massive soutenu par l'opposition. Ce projet vise à accroître d'ici 2020 la population du pays de 18 à 30 millions d'habitants. En 2012, celle-ci atteint déjà 21 millions d'habitants et l'équilibre des finances au niveau fédéral se trouve rétabli depuis peu.
Cet été, Julia Gillard, premier ministre, a rappelé la nécessité de l'immigration pour pouvoir rétablir les finances des États tu Queensland, de Nouvelle Galles du Sud et de Victoria d'ici 2015. Les prestations sociales généreuses versées peuvent ainsi être maintenues. Selon une étude de 2012 de l'institut australien pour l'entreprenariat, 80% des créations d'entreprises nouvelles sont le fait des populations immigrées.
Ainsi peut-on envisager, à l’instar de l’Australie, l'intégration massive de candidats à l'immigration dont la présence sur le territoire se traduirait économiquement par le paiement de l'impôt comme tout résidant et la forte probabilité que des entreprises se créent… Il n'est pas indispensable que l'immigration à court et moyen termes soit choisie comme le souhaitait Nicolas Sarkozy mais celle ne serait pas pour autant subie, si tenté que la France donne leur chance et ait confiance dans les candidats à l'immigration. Nous n'avons de toute manière rien à perdre.

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