L’Europe peut-elle passer à côté d’une économie potentielle de 200 milliards d’euros ?

En janvier 2014, le Parlement Européen a adopté une nouvelle directive visant à moderniser les projets de travaux publics en y incluant l’omniprésence de la technologie BIM (Building Information Modeling).

Le Royaume-Uni, les Pays-Bas, le Danemark, la Finlande et la Norvège exigeaient déjà l’utilisation du Building Information Modeling (BIM) pour leurs projets de travaux publics. Désormais tous les pays de l’Union européenne seront encouragés, durant les deux prochaines années, à adopter la technologie BIM pour tous les travaux publics. Ce changement permettra de réduire les coûts, d’éviter les dépassements de budget et de moderniser les procédés.
La nouvelle directive européenne reflète également l’aspect complexe auquel sont confrontés les architectes, autant du point de vue du design que de l’estimation du cycle de vie de la construction.
De plus, l’utilisation systématique du BIM facilitera l’intégration des normes, - de plus en plus nombreuses et complexes - et les spécificités locales, tout en continuant à garantir un haut niveau de qualité.

La nouvelle réglementation est une formidable opportunité pour l’Europe

L’Angleterre est un excellent exemple pour illustrer les atouts du BIM. Depuis son adoption en 2012, le Royaume-Uni a estimé à 2 milliards d’euros les économies réalisées en matière de projets de construction publique majeurs. Aujourd’hui, 66 % des grands projets publics sont livrés dans les temps et sans que cela n’engendre d’augmentation du budget, soit une amélioration de 33 % depuis 2010.
Le BIM permet de réaliser des économies de 5 à 20 % selon les projets. Sur la base de cette estimation et des résultats anglais, nous estimons que l’Europe pourra réaliser une économie de 200 milliards d’euros dans les trois prochaines années.. Il est nécessaire que l’utilisation du BIM s’automatise afin que toute la profession puisse constater les atouts de cette technologie.
En tant qu'éditeur de logiciel de design 3D, nous avons un rôle majeur à jouer, en apportant une aide efficace permettant de définir les standards et ainsi nous positionner comme conseiller actif soutenant les gouvernements et les agences dans leur compréhension de cette technologie. L’utilisation systématique du BIM améliorera les procédés d’approvisionnement, de gain associé aux volumes achetés, de standardisation et de personnalisation de masse des projets. Avant tout, le plus important dans le climat économique actuel sera la répercussion positive qu’il y aura in fine sur le contribuable et la livraison de bâtiments ultra fonctionnels.
Pour autant, je souhaite insister sur le fait que les designers et les acteurs de l’industrie du bâtiment ne doivent pas voir cette annonce comme un moyen de circonscrire le secteur. En effet, cette directive ne sous-entend pas d’envisager une standardisation des solutions ou encore l’uniformisation des designs.
La base de cette évolution est belle et bien d’achever des constructions au meilleur design et d’offrir une meilleure expérience aux utilisateurs. L’Europe, et plus particulièrement les ingénieurs, entrepreneurs et architectes français se voient ouvrir de nouvelles perspectives en matière d’innovation.

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