En quoi le vélo à assistance électrique va-t-il révolutionner le transport urbain ?

De plus en plus de cyclistes adoptent le vélo à assistance électrique (VAE). Le VAE continue de voir ses ventes augmenter chaque année, il a même dépassé le cyclomoteur électrique en nombre de ventes. Les politiques publiques visant à favoriser le vélo électrique participent à la démocratisation de ce moyen de transport plus propre.

Prenons un exemple : à Paris, les transports en commun, en plus de voir leurs tarifs augmenter d’année en année, sont fréquemment saturés aux heures de pointe. Il suffit de descendre dans le métro le matin ou le soir pour s’en rendre compte. C’est ce qui explique déjà, en partie, pourquoi de plus en plus d’actifs adoptent le vélo, ou tout du moins s’y intéressent.

Autre raison : les mesures de restriction de circulation et de stationnement, dont le but est de limiter l'accès de la voiture au centre-ville (les grandes villes françaises étant assez régulièrement frappées par des pics de pollution), ne font que renforcer l’attrait pour d’autres modes de transport, individuels et propres. L’aspect écolo est évidemment à prendre en compte, car, avec le sentiment de liberté que procure le vélo à assistance électrique, il est une source de motivation pour beaucoup de cyclistes… qui pourront circuler l’esprit libre, puisqu’un contrat avec Corepile pour la collecte et le traitement des batteries vient d’être signé (à titre de comparaison, 87 tonnes de batteries sont récupérées chaque année aux Pays-Bas). La filière s’organise.De plus, les politiques publiques allant dans le sens des cyclistes sont de plus en plus nombreuses (selon l’étude de l’Union Sport & Cycle consacrée au sport dans la ville, 73 % des Français souhaitent que leurs communes encouragent les mobilités douces – pistes cyclables…) : surfant sur la vague du Vélib’ parisien, de grandes villes telles que Paris se sont ainsi dotées d’un Plan Vélo prévoyant un investissement qui permettra de doubler la longueur des voies cyclables d’ici quelques années ; aide de l’Etat de 200 euros pour l'achat d'un vélo électrique (Ségolène Royal a récemment annoncé que 15 000 VAE avaient été vendus le mois suivant l’annonce de cette subvention) ; indemnité pour aller au travail à vélo… Les idées ne manquent pas pour réduire l’écart entre la France et les Pays-Bas, par exemple, où 27 % des déplacements se font à vélo (contre 3 % en France).Mais ce qui différencie vraiment le vélo du VAE, c’est la rapidité en faisant moins d’effort ! Pour rappel, le VAE est un vélo équipé d’un moteur électrique auxiliaire et d’une batterie rechargeable, dont l’assistance ne se déclenche que lorsqu’on pédale. Si, légalement, le VAE ne peut excéder 25 km/h (sinon c’est un cyclomoteur), il répond parfaitement au besoin qu’ont les actifs d’aller relativement vite au travail sans y arriver en nage (500 000 Français vont au travail à vélo). 

Grâce au VAE, on peut se faufiler partout à vitesse raisonnable. Nos amis montmartrois pourront enfin s’échapper de leur butte à vélo sans avoir peur de la remonter en rentrant. Le VAE a les avantages d’un cyclomoteur, mais pas les inconvénients : il va presque à la même vitesse sans émettre le moindre gramme de CO2. Et, en ville, le VAE va aussi vite qu’une moto, mais c’est moins dangereux. Que demander de plus, après tout ?

Quant à l’image du VAE, elle a beaucoup changé : auparavant réservés aux paresseux ou aux seniors, de nombreuses personnalités s'affichent aujourd'hui en électrique : des politiques, des patrons, des acteurs… Cette visibilité médiatique reflète un véritable intérêt des consommateurs, surtout en ville. Selon certains experts, la nouvelle révolution urbaine va se faire autour de la pratique du VAE.
Il y a peu, l’Union Sport & Cycle vient de présenter les chiffres du marché français du cycle pour l’année 2016 : sur les 3 millions de montures écoulées l’an dernier, 121 500 étaient des VAE (sans compter les 13 000 unités vendues aux loueurs et aux entreprises), soit une hausse de 37 % vs 2015 (il est à noter que 87 % de ces ventes sont des VAE urbains, une catégorie en hausse de 33 %). Des chiffres record. Autrefois marginalisé, le VAE est aujourd’hui une véritable locomotive pour les ventes de cycles (1 milliard d’euros de CA).

Si le besoin de circuler a toujours existé, les modes de transport évoluent : les politiques publiques suivent la volonté générale de plus de liberté et de moyens de transport propres, ce qui influe sur le paysage urbain, obligé de s’adapter.

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