Comment ING améliore ses services grâce aux start-up

La banque en ligne a mis en place des systèmes d'accélération de jeunes pousses entièrement tournés vers la transformation de son business.

Si la création d'un accélérateur est devenue banale pour une banque, le fonctionnement de ceux d'ING Direct est loin de l'être. Le Fintech Village de Bruxelles et l'Innovation Studio d'Amsterdam ont été pensés pour servir la transformation numérique de la banque en ligne et adresser les problèmes qu'elle rencontre.

La stratégie est totalement assumée : "ING studio n'est pas vraiment un accélérateur, explique Lodewijk Bonebakker, directeur du centre expérience client. C'est un moyen pour ING d'apprendre des start-up qu'elle accélère. Nous travaillons avec des jeunes pousses depuis 2011 et nous voulions trouver le moyen de tirer parti de leur énergie et de leur inspiration pour résoudre des problèmes que nous rencontrons."

Résultat, à Amsterdam, une première version du studio ING a été lancée en 2014 avec une start-up externe, l'application de paiement Tabster, et trois équipes internes. Une deuxième saison a suivi, avec trois start-up, CheckMetrix, Whydonate et la française spécialisée dans le transfert d'argent à l'étranger Moneytis, ainsi que trois équipes internes. Les jeunes pousses choisies sont early-stage et ne disposent même pas encore d'un MVP (Minimum Viable Product). ING studio finance jusqu'à 50 000 euros chacune des start-up sous la forme d'obligations convertibles, pour prendre jusqu'à 10% de leur capital.

Les équipes internes travaillent pendant six mois avec les start-up et s'inspirent de leurs méthodes

Tandis qu'ING apporte aux start-up externes son aide en leur prêtant des locaux et en les conseillant avec des experts, mais surtout en devenant dans la majorité des cas leur premier client pour les aider à se lancer, les équipes internes travaillent pendant six mois avec les start-up et s'inspirent de leurs méthodes. Elles bénéficient de leurs compétences tech et de leur réseau, différent de celui de la banque.

De la deuxième saison du studio, les équipes d'ING ont sorti trois MVP : Kiding, une application pour apprendre aux enfants à gérer leur argent, disponible sur Google Play Store, ainsi que BuyRely et Stratergy, deux applications dédiées à simplifier les services financiers. "Les équipes internes ont de plus grosses contraintes sur les preuves de succès à apporter avant de se lancer que les start-up", souligne Lodewijk Bonebakker.

A Bruxelles, le Fintech Village d'ING accueille des start-up plus matures. ING les recrute pour collaborer sur l'identification de problèmes au sein de la banque. Chaque jeune pousse est choisie pour travailler sur un thème spécifique : solutions innovantes sur Web ou mobile, simplifier et sécuriser la banque, relation client personnalisée, efficacité des process… Un sponsor corporate est attribué à toutes les start-up pour travailler ensemble sur la résolution d'un problème précis. Le financement n'est pas la motivation première (ING se contente de financer à hauteur de 12 500 euros maximum les jeunes pousses sous la forme d'obligations convertibles).

Les start-up tentent de résoudre des problèmes rencontrés par ING

Les partenaires (Deloitte, SWIFT Innotribe, Belcube, SmartFin Capital, Eggsplore et Startups.be) mettent à disposition des start-up des conseillers spécialisés dans divers domaines et les start-up sont encouragées à se confronter à leurs clients et partenaires commerciaux. Parmi les participantes, les belges Anglr, spécialisé dans l'analyse automatique de textes, et Contract.fit, qui automatise des services financiers grâce à l'intelligence artificielle, ou encore les israéliennes PayKey, clavier de paiement, et HopOn, plateforme de vente de tickets.

Du côté des start-up participantes aux deux programmes, les synergies commerciales potentielles avec ING attirent. "Nous avons choisi de nous faire accélérer par ING à Amsterdam en espérant que notre technologie pourrait être incorporée à la banque, et c'est ce qui est arrivé", se réjouit Pieter Paul van den Hoven, CEO de CheckMetrix, qui analyse les données des caisses enregistreuses. "Outre notre activité auprès des commerçants et restaurants, nous travaillons sur un projet qui permet aux clients btob des banques de visualiser toutes les informations sur leurs ventes." ING a aussi permis à la start-up d'ouvrir son réseau, l'amenant par exemple à signer un partenariat avec Salesforce.

ING, qui a déjà montré son intérêt pour les fintech en investissant dans Kabbage en Espagne ou WeLab à Hong Kong, n'exclut pas d'aller au-delà du partenariat commercial. "Nous pourrions aussi acheter une start-up si ce qu'elle crée a de la valeur pour nous, explique Lodewijk Bonebakker. Mais cela restera rare. Nous préférons les aider à explorer le marché en les lançant sous la marque ING, en payant un abonnement mensuel ou bien en les laissant vendre le produit pour nous." L'appel à projets pour la prochaine saison de l'Innovation Studio sera clôt dans une vingtaine de jours.

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