Immobilier d'entreprise : les pays d'Europe préférés des investisseurs

Investissement dans l'immobilier d'entreprise La France est sur le podium... mais loin derrière l'Allemagne et le Royaume-Uni.

Bonne nouvelle, les investissements directs dans l'immobilier européen ont presque retrouvé leur niveau d'avant crise. C'est ce qui ressort de la dernière étude réalisée par l'Urban Land Institute (ULI) auprès de ses membres en partenariat avec le cabinet PwC. A qui doit-on se rebond ? Aux fonds souverains, asiatiques et américains pour principalement.

L'investissement en immobilier tertiaire dans les pays d'Europe en 2013
RangPaysMontants investis entre le 1er et le 3e trimestre 2013
Source : ULI et PwC d'après Real Capital Analytics
1Royaume-Uni35 milliards d'euros
2Allemagne26 milliards d'euros
3France12 milliards d'euros
4Suède7 milliards d'euros
5Russie6 milliards d'euros
6Italie3 milliards d'euros
6Pays-Bas3 milliards d'euros
8Espagne2 milliards d'euros
8Danemark2 milliards d'euros
8Norvège2 milliards d'euros
8Pologne2 milliards d'euros
12Autriche1 milliard d'euros
12Irlande1 milliard d'euros
12République tchèque1 milliard d'euros
12Suisse1 milliard d'euros

Du premier au troisième trimestre 2013, les investissements en immobilier tertiaire en Europe continentale se chiffrent à près de 110,9 milliards d'euros, dont près de 35 milliards pour le Royaume-Uni, d'après les chiffres du cabinet Real Estate Analytics repris dans l'étude, ce qui fait de lui le plus attractif des marchés européens. Là encore, les investisseurs nationaux sont minoritaires.

Deuxième destination la plus attractive en Europe, l'Allemagne, avec 26 milliards d'euros placés entre janvier et septembre 2013, dont 4 milliards rien qu'à Berlin. C'est moins qu'à Londres (20 milliards d'euros), qui fait désormais figure de hub pour les nouveaux investisseurs, et qu'à Paris (8 milliards d'euros).

Paris perd 8 places au classement des villes européennes les plus attractives pour l'investissement en immobilier d'entreprise

Un fossé sépare néanmoins la France, qui monte sur la troisième marche du podium, du pays de Goethe qui a reçu deux fois plus d'investissements (en valeur) sur la période concernée.

Même si les montants investis dans la capitale française en 2014 devraient être supérieurs à ceux de 2013, elle dégringole de 8 places dans le classement des villes européennes les plus attractives pour l'investissement dans l'immobilier d'entreprise et arrive 14e. "La perception que les investisseurs internationaux ont de Paris est affectée par le contexte politique, le manque de visibilité en matière fiscale, l'accès à la dette et les chiffres du chômage qui bloquent tout le monde", estime Sigrid Duhamel, directrice immobilier du groupe PSA Peugeot Citroën et présidente d'ULI France. Qui dit moins d'emplois dit en effet moins de besoins locatifs.

"Les propriétaires vont vivre une année 2014 difficile"

"Il faut dire aussi que c'est très compliqué d'investir en France, notamment en raison du grand nombre de démarches administratives, ajoute la patronne de l'association. Rien n'est cependant irréversible : Paris reste un marché qui regorge d'actifs prime. Aujourd'hui, c'est impensable d'investir en Europe sans être présent à Paris. Les fonds souverains, notamment ceux en provenance d'Asie, ont toujours Paris en ligne de mire. Mais nous ne disposons pas de la même amplitude que Londres, qui a su rebondir après une baisse en 2008. Nous mettrons du temps à redécoller, cela passera par une inversion de chômage."

Une situation qui fait le jeu des utilisateurs. Sigrid Duhamel confirme : "Les bailleurs vont vivre une année 2014 difficile. Ils vont devoir faire des efforts pour garder leurs locataires. Cela pourra bien sûr passer par une correction des prix mais aussi par une diminution des charges ou encore une amélioration des services. De leur côté, s'ils veulent profiter de loyers plus bas, les locataires devront s'engager sur des durées d'utilisation plus longues."

 

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