JPB Système, le sous-traitant aéronautique qui décolle

JBP Système Fondée il y a 16 ans, l'entreprise a été distinguée au Grand prix des entreprises de croissance.

Monter une entreprise qui marche, c'est souvent trouver la bonne idée au bon moment. Jean-Pierre Marc, le fondateur de JPB Système, le savait mieux que personne. Ce mécanicien de formation n'aurait sans doute pas lancé sa société de conception et de fabrication de pièces auto freinantes pour l'aéronautique en 1995 si, au salon du Bourget, il n'avait pas croisé la route d'un motoriste qui lui fait alors part de la question qui taraudait le secteur.

damien marc jpb
Damien Marc, dirigeant de JPB Système. ©  Grand prix des entreprises de croissance

"Les compagnies aériennes voulaient supprimer les fils freins des bouchons endoscopes, raconte Damien Marc, fils du fondateur et dirigeant de la PME basée dans la Seine-et-Marne. Ces fils de fer retiennent les bouchons refermant les trous faits dans le carter pour introduire des caméras. Ils sont difficiles d'accès, ils peuvent se trouver derrière des canalisations. Ils peuvent tomber sur la piste et provoquer des accidents."

A l'époque, Jean-Pierre Marc travaille dans une société spécialisée en mécanique de précision. Il demande à son patron, Bernard Barré, d'ouvrir une structure dédiée et dessine un premier concept de bouchon endoscope auto freiné. C'est là que naît JPB Système. Malgré la demande, l'entreprise met du temps à décrocher son premier contrat. "Il s'est passé 6 ans avant que la première application soit montée sur un moteur, reprend Damien Marc. Il s'agissait du CFM 56, celui qui équipe les Airbus de la famille A 320. Après cela, les clients ont afflué."

Après la disparition de Jean-Pierre Marc, en 2006, les relations se dégradent entre son fils, arrivé comme ingénieur projet deux ans plus tôt pour lui prêter main forte, et Bernard Barré. Ce dernier décide alors de vendre JPB Système. Un an et demi plus tard, la famille Marc rachète la société et installe Damien Marc aux commandes. "J'ai été projeté dans JPB Système plus vite que prévu, confie l'ingénieur en électronique et informatique industrielle. Quand je suis sorti de Polytech Nantes, en 2003, j'ai refusé de rejoindre JPB. Je n'avais pas envie de rentrer dans la boîte à papa!"

Force est de constater qu'il ne s'en est pas trop mal sorti. En 2009, l'année du rachat, JPB Système comptait 3 salariés et affichait un chiffre d'affaires de 1,3 million d'euros. En 2010, la société se dote d'une filiale aux Etats-Unis. En 2013, le CA du spécialiste des solutions auto freinantes frôle les 6 millions d'euros, dont 70% réalisés à l'export, et ses effectifs atteignent 35 salariés.

De bons résultats que le dirigeant attribue à la stratégie qu'il a mise en œuvre lorsqu'il a pris les rênes de l'entreprise : "J'ai recruté des ingénieurs mécaniques, intégré un atelier de production, pour gagner en confidentialité, et des moyens de test pour simuler les contraintes d'un moteur d'avion. Nos produits sont intégralement conçus et assemblés chez nous, dans nos nouveaux locaux de Villaroche." En 2013, JPB Systèmes s'est installé sur un site de 1 400 mètres carrés, situé à proximité directe du motoriste Snecma Groupe SAFRAN, l'un de ses principaux clients avec Rolls Royce, General Electric ou encore Pratt & Whitney. Et de préciser : "Nous sommes appuyés par des sous-traitants, dont la majorité se trouve France. Les autres sont en Europe et aux Etats-Unis."

produits jpb
Quelques-uns des produits de JPB Système. © JPB Système

Autre atout de la société, toujours selon son dirigeant, sa politique d'innovation. "Nous avons déposé 7 brevets mondiaux", se félicite le PDG qui vient tout juste d'investir plus de 300 000 euros pour développer une nouvelle technologie qu'il tient, sans surprise, à garder secrète. "C'est un marché qui va nous rapporter entre 3 et 4 millions d'euros", chiffre-t-il.

Seul frein potentiel au développement de JPB Système, la pénurie de mécaniciens. Une pénurie "fabriquée", selon l'entrepreneur, qui considère que ces métiers n'ont pas été suffisamment valorisés par le passé. "Il y a un fossé entre les mécaniciens qui sont proches de la retraite et les jeunes, qu'on a orientés dans cette branche parce qu'ils étaient mauvais ailleurs", estime Damien Marc. Un fossé qui pourrait amener ce chef d'entreprise à délocaliser une partie de sa production, "là où la ressource est plus abondante".

 

Le JDN a fait partie des partenaires du Grand prix des entreprises de croissance, organisé pour la première fois en 2014 par Leaders League (le groupe qui édite le magazine Décideurs), en collaboration avec le ministère de l'Economie et des Finance. L'enjeu ? Distinguer les entreprises dynamiques du pays.

AIRBUS / SNECMA