Charles CJ Prober (GoPro) "GoPro recrutera une cinquantaine de personnes en France d’ici la fin 2016"

Le spécialiste américain de la caméra d’action recherche des ingénieurs pour renforcer ses équipes de développement d’applications mobiles, explique son senior VP software et services.

JDN. L'entreprise GoPro est très présente en France depuis le rachat de la start-up Kolor en 2015 et de l'application de montage vidéo de la jeune pousse Stupeflix en mars 2016. Allez-vous davantage muscler votre présence dans l'Hexagone ?

Charles CJ Prober est senior VP software et services du groupe © S. de P. GoPro

Charles CJ Prober. Absolument. En plus des 110 salariés qui travaillent aujourd'hui sur nos trois sites de Paris, Issy-les-Moulineaux et Chambéry, nous allons recruter une cinquantaine de personnes en France d'ici la fin de l'année, essentiellement des ingénieurs.

Nous recherchons des profils ayant de fortes compétences dans le machine learning et le développement d'applications mobiles. Nous comptons également réaliser des embauches en 2017. L'Hexagone est l'un des pays où nous réalisons le plus de ventes en dehors des Etats-Unis. C'est un marché important pour GoPro, même si je ne peux pas vous donner de chiffres plus précis.

 

Recrutez-vous en France car il est de plus en plus difficile de trouver des ingénieurs dans la Silicon Valley ?

C'est exact. Et le niveau des ingénieurs français est excellent. Nous avons dans nos équipes des anciens de Polytechnique, d'Epitech et même des diplômés de la première génération de L'école 42.

 

Sur quels projets vont se spécialiser ces équipes ?

Les ingénieurs que nous allons embaucher à Chambéry travailleront avec Kolor, qui est spécialisé dans la photo et la vidéo 360°. Cette antenne de GoPro a notamment développé le logiciel Autopano Video Pro, permettant de d'assembler plusieurs vidéos enregistrées depuis un "rig" (un dispositif comprenant plusieurs caméras qui filment dans différentes directions, NDLR), pour en faire un film à 360° dans lequel le spectateur peut naviguer à son gré. Ce logiciel permet de télécharger ses vidéos sur différents supports ou de retoucher et de partager ses clips sur de nombreuses plateformes web, comme Youtube ou Facebook. Ces films peuvent également être visionnés en réalité virtuelle avec un casque adapté.

 

"Nous avons dans nos équipes des anciens de la première génération de L'école 42"

Comment monétisez-vous cette solution ?

Ce logiciel est payant, il coûte 600 euros hors taxes, et s'adresse essentiellement à des "prosumers" (des consommateurs dont les vidéos sont d'une qualité proche de celles réalisées par des professionnels, NDLR). Il est également utilisé par certaines entreprises, notamment dans le secteur immobilier, qui peuvent faire visiter à distance des logements ou des bureaux.

 

La réalité virtuelle est-elle un secteur sur lequel vous misez ?

C'est un domaine qui va connaître une croissance forte dans les prochaines années, mais il ne représente pour l'instant qu'une faible part de notre chiffre d'affaires. Et cela restera le cas à court terme. Nous comptons nous y développer, ais nous ne nous sommes pas donnés d'objectifs de croissance précis. Il est encore trop tôt : le boom du secteur dépend de la rapidité avec laquelle les consommateurs finaux vont se saisir de cette technologie.

 

Au-delà de cette solution de traitement de vidéos panoramiques, développez-vous d'autres services pour vos clients ? Peut-on désormais parler de GoPro comme d'une entreprise de service ?

Oui. Mon équipe a un objectif simple : permettre aux propriétaires de nos caméras de télécharger facilement leurs vidéos sur différents supports (smartphone, tablette, desktop, cloud…), de les monter depuis un ordinateur ou un mobile et de les partager sur Internet en quelques clics. Nous essayons de créer une expérience utilisateur fluide en construisant des ponts entre nos différentes applications mobile et desktop, pour créer un écosystème cohérent.

 

"Nous pourrions construire un modèle d'abonnement pour monétiser nos services"

Vos nouvelles recrues françaises vont-elles participer à ce projet ?

Absolument. Les ingénieurs qui rejoindront les équipes de Replay, que nous avons rebaptisé Quik en mai 2016, travailleront sur l'application mobile de montage vidéo éponyme, qui vise à rendre très facile l'édition d'un contenu vidéo sur un smartphone. Notre programme permet d'appliquer très facilement des filtres sur les images ou d'ajouter de la musique.

 

Comment allez-vous tirer profit de ces nouveaux services ?

Hormis nos solutions pour vidéos 360° nous ne les monétisons pas. Mais cela viendra. Nous pourrions par exemple construire un modèle d'abonnement, mais il est trop tôt pour en parler.

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