Ector part conquérir les hubs européens avec ses voituriers à la demande

La jeune pousse parisienne multiplie les partenariats avec les propriétaires de parkings proches des gares et aéroports, en France comme à l'international.

Peu de secteurs échappent encore à l'uberisation, pas même les voituriers. Et la start-up française Ector a été l'une des premières à se positionner sur ce marché : "Après 3 ans d'existence, nous sommes déjà présents dans six aéroports, dont Roissy et Orly, et cinq gares à Paris et en province. Nous allons prochainement déployer notre service dans les gares d'Aix-en-Provence et de Lyon Part-Dieu et nous voulons nous développer à l'international, avec un lancement à l'aéroport de Bruxelles fin septembre, après celui de Genève début août dernier, puis à l'aéroport Bâle-Mulhouse-Fribourg en novembre", détaille Manoël Roy, cofondateur d'Ector.

"Nous voulons nous développer à l'international avec un lancement à l'aéroport de Bruxelles puis à celui de Bâle-Mulhouse-Fribourg"

Son offre ? Un service de voiturier à la demande, que l'automobiliste commande directement sur le site ou l'application mobile d'Ector au plus tard une heure avant son arrivée. Le principe est le même que pour les VTC : l'un des travailleurs indépendants engagés par l'entreprise se rend sur place pour récupérer les clés du véhicule au dépose-minute et le garer sur l'une des places que loue Ector dans des parkings partenaires sécurisés situés aux alentours, dans des hôtels, entreprises voire même directement dans la gare ou l'aéroport.

Côté prix, la société veut rester compétitive par rapport ses principaux concurrents : les taxis et les VTC. "Nous voulons être moins cher qu'eux pour 8 jours de stationnement, ce qui représente le gros du marché. A Roissy, par exemple, cela équivaut à peu près à 90 euros chez nous, contre plus d'une centaine d'euros pour un aller-retour en taxi en moyenne. Notre objectif est de rester entre 20 et 30% moins chers", affirme Manoël Roy.

"Notre objectif est de rester entre 20 et 30% moins chers que les taxis"

Environ 20 000 clients ont déjà été séduits par l'offre d'Ector, dont 35% ont commandé à plusieurs reprises. Pour continuer sur sa lancée, la start-up parisienne veut profiter des 500 000 euros levés auprès de Via ID, le fonds d'investissement du groupe français Mobivia, et de l'Accélérateur fin 2015 pour accélérer son développement : "En 2017 nous nous focaliserons sur les hubs européens, notamment les aéroports éloignés du centre-ville, où les taxis sont chers et les transports en commun peu pratiques, comme à Londres, Francfort, Amsterdam ou Munich. C'est là que les clients sont les plus sensibles à l'alternative qu'on leur propose", annonce le jeune entrepreneur.

"Notre chiffre d'affaires va dépasser le million d'euros dès cette année et nous espérons une nouvelle levée de fonds d'ici 3 à 6 mois"

"Selon nos prévisions, notre chiffre d'affaires va dépasser le million d'euros dès cette année et nous espérons une nouvelle levée de fonds d'ici trois à six mois. Nous n'avons aujourd'hui qu'une dizaine de salariés donc cela nous servira d'abord à recruter des développeurs pour renforcer notre pôle technique puis à travailler sur le commercial pour aller chercher de nouveaux clients", poursuit Manoël Roy.

L'entreprise compte multiplier les partenariats de distribution avec des agences de voyage, des compagnies aériennes ou des comparateurs de prix de parkings. Elle travaille déjà avec Hop', filiale d'Air France, et plusieurs agences de voyage, ainsi que des entreprises, pour des services à destination de leurs employés.

"Nous voulons augmenter le panier moyen grâce à des services additionnels"

A plus long terme, Ector entend se diversifier : "Nous voulons augmenter le panier moyen grâce à des services additionnels. Une fois que le client nous a fait confiance pour garer sa voiture, peut-être qu'il sera intéressé pour que l'on fasse la révision de son véhicule en même temps, chez Norauto ou Midas, qui font aussi partie du groupe Mobivia", imagine le cofondateur d'Ector. Même pour les voituriers, Manoël Roy imagine de nouvelles fonctions : "De nombreux professionnels ont besoin que l'on conduise leurs véhicules, comme les concessionnaires ou les loueurs. A Lyon, par exemple,  l'espace location est à 10 minutes de bus de l'aéroport, ce qui n'est pas pratique pour les usagers. Avec notre service, nous pouvons amener les voitures de location directement aux clients des loueurs."

 

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