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LA TRIBUNE DE BERNARD LAMON
L'AUTEUR
BERNARD LAMONAvocat, Spécialiste en droit de l'informatique et des télécommunications SES ARTICLES
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La copie privée d’une œuvre soumise au droit d’auteur n’est pas un droit
La loi comme la jurisprudence ont une tendance lourde à limiter le bénéfice de la copie privée pour les consommateurs. A l'heure où certains producteurs annoncent qu'ils vont mettre en ligne des œuvres musicales sans DRM, le droit prend du retard.
(21/05/2007)
Le 4 avril 2007, la cour d'appel de Paris a tranché : la copie privée est une exception, pas un droit (voir l'article). Le producteur avait exercé un recours devant la cour de cassation. Le 28 février 2006, la cour de cassation (voire l'article) avait limité la copie privée en prenant en compte l'environnement numérique. Elle s'était basée sur les engagements internationaux de la France, pour considérer qu'une mesure technique de protection (MTP) contre la copie était légale. Elle avait renvoyé l'affaire devant la cour d'appel de Paris et lui avait demandé de la rejuger. La cour de cassation avait appliqué la loi sur le droit d'auteur et les droits voisins dans la société de l'information - dite DADVSI du 1er août 2006, avant son adoption définitive par le Parlement. La DADVSI transpose en droit français la directive européenne du 22 mai 2001 sur le droit d'auteur. Pour comprendre l'intérêt de la question, il faut rappeler qu'une oeuvre protégée par le droit d'auteur ne peut pas être copiée sans autorisation. À défaut il s'agit d'une contrefaçon. Comme le consommateur n'avait pas pu faire de copie du film acheté en DVD, il s'appuyait sur la copie privée pour affirmer que le producteur avait commis une faute, et pour obtenir la suppression de la MTP anti-copie. La cour d'appel de Paris, le 4 avril 2007, va dans les grandes lignes dans le même sens que la cour de cassation en réduisant sévèrement l'utilité de la copie privée. Le point le plus important est que la cour d'appel a considéré que le consommateur ne pouvait agir en justice pour mettre en cause la responsabilité du vendeur du DVD. La cour d'appel a considéré que l'action du consommateur était irrecevable, car la copie privée est une exception mais n'est pas un droit. Cette discussion peut paraître technique, mais les conséquences sont très importantes. D'une part, comme la copie privée n'est pas un droit, on ne peut pas l'utiliser pour agir contre un vendeur qui n'aurait pas respecté ce "droit ". D'autre part, une exception s'interprète de manière stricte. Le principe est donc celui du droit d'auteur que la cour d'appel veut protéger et l'exception de copie privée sera interprétée strictement. Enfin, la seule utilité de la copie privée est de pouvoir se défendre contre une action en contrefaçon. Par exemple, si j'achète un DVD et que j'en fais une copie dans le cadre de l'exception de copie privée, je pourrais me défendre devant le tribunal si je suis attaqué par le producteur du film fixé sur le DVD. Enfin, la cour d'appel se prononce sur la mention de l'existence de la MTP sur le boîtier du DVD. Le consommateur soutenait que la présence d'une MTP limitait l'usage du DVD. Le consommateur estimait que le code de la consommation avait été transgressé car il est prévu que le consommateur doit pouvoir connaître les caractéristiques essentielles du bien acheté. La cour d'appel de Paris a retenu que la DADVSI oblige à apposer cette mention, mais que cette loi n'était pas applicable à l'affaire, car elle est intervenue bien après le début du procès. Il est exact qu'aucune des trois décisions rendues préalablement, ni par le tribunal, ni par la cour d'appel en 2005, ni par la cour de cassation, n'avait consacré de droit à la copie privée. Mais la cour d'appel de Paris, dans la décision du 4 avril 2007, en tire des conséquences très strictes pour limiter l'effet de la copie privée au bénéfice des consommateurs. En conclusion, la loi comme la jurisprudence ont une tendance lourde à limiter le bénéfice de la copie privée pour les consommateurs. Déjà, même si la cour de cassation n'a pas tranché définitivement cette question, les internautes téléchargeurs ne peuvent pas faire valoir cet argument devant la majorité des tribunaux (voir TGI Rennes). Au moment où certains producteurs annoncent qu'ils vont mettre en ligne des oeuvres musicales sans MTP, le droit semble avoir du retard sur l'évolution technique et sociale...
ESPACE AUTEUR
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Pourquoi continuons-nous a être taxé sur les supports vierges?
(petitmarmotin)Il y a effectivement une loi, la fameuve DADVSI qui stipule que la copie privée n'est pas un droit mais une exception. Dans ce cas, pourquoi continuons-nous a être taxé sur les supports vierges (cd, dvd, vhs) au titre de la copie privée si celle ci n'est pas un droit, et est donc illégale ?
Merci d'apporter des réponses à cette interrogation (22/05/2007)
La loi du plus riche...
(Trop c'est trop)Si le consommateur est débouté sur un point parce que sa plainte date d'avant la loi DADVSI, pourquoi s'aligner sur celle-ci pour les autres points ?
Payer une taxe obligatoire sur la copie privée, copie qui n'est pas de droit, sert à engraisser un peu plus certains artistes qui s'expatrient fiscalement ?
Je ne payerai pas deux fois, j'achèterai désormais supports vierges détaxés et oeuvres artististiques moins chers à l'étranger ! (23/05/2007)