Motiver en temps de crise pour mieux travailler ensemble

Vous souhaitez obtenir le meilleur de vos collaborateurs pendant ces temps difficiles ? Commencez par arrêter de vouloir les motiver.

Dans le cadre d'un article, il n'est pas possible de tout dire sur un tel sujet. Je veux simplement vous proposer quelques exemples d'actions qui peuvent être décisives, car vous savez comme moi... qu'un manager n'existe pas : seules existent des actions utiles et efficaces de management. Les voici...

Arrêtez de vouloir les motiver
Ils le sont déjà : tout le monde est toujours motivé pour quelque chose. Chacun a une réserve personnelle de toutes sortes de motivations, fruit de tout ce qu'il a eu l'occasion de réussir ou rêver de réussir. Ces motivations sont très différentes selon chacun, mettant en route des comportements variés pour les satisfaire. Chacun a sa façon d'espérer et est prêt à se remettre en énergie si ces motivations ont quelque chance d'être à nouveau satisfaites. Ce sont autant d'autoroutes qu'ils sont prêts à utiliser.

Votre collaborateur est prêt à voyager avec vous si vous lui proposez un voyage qui passe par ses autoroutes préférées. Posez-vous cette question décisive pour chacun de vos collaborateurs : jusqu'à quel point les comportements que j'attends de lui, les situations de travail qu'il est amené à vivre, les procédures et méthodes exigées, l'ambiance actuelle... correspondent à ses autoroutes personnelles ? (Si vous avez du mal à répondre, sachez qu'il existe des méthodes pour vous aider). La correspondance parfaite n'est pas du tout nécessaire mais plus elle existera, plus l'énergie au travail se libérera.

N'oubliez pas qu'ils vivent en collectivité
Toute personne vivant en groupe devient différente, particulièrement en période de crise. Les autoroutes sont fortement influencées par les phénomènes de groupe, comme le degré de trafic transforme, freine ou exacerbe les désirs de l'automobiliste : il est stratégique pour vous de  connaître ces phénomènes pour ne pas être surpris et savoir y faire face.

Quelques exemples :
- Un groupe est une caisse de résonance des informations qu'il reçoit, déforme ou filtre, surtout en période de crise : le moindre événement prend des proportions inattendues. Une clef pratique pour trouver le ton juste est de se poser les questions suivantes : quelles autoroutes je vais ouvrir ou fermer ?  Quelles conséquences prévisibles à la suite de la diffusion de cette information ? Que dire tout de suite ? Plus tard ? A qui ? Sur quel support ?
- Tout groupe a une vie souterraine qui s'accroît en période de crise : on prend le maquis, on court aux abris. Mieux vous cernerez ce monde de l'ombre, plus vous aurez des chances de connaître les autoroutes favorables et défavorables sur les quels vous pourrez vous appuyer pour libérer les motivations utiles à la réussite des objectifs.

Il existe bien d'autres phénomènes de groupe : croissance des comportements irrationnels, soumission et conformisme, jeux de rôle, mimétisme, régressions momentanées, souci contradictoire d'intégration et de différenciation...

Réveillez leur goût naturel à bien travailler ensemble
Personne n'aime être rejeté et solitaire : tout le monde rêve d'être bien intégré dans son groupe de travail et d'y trouver son compte. En période de crise, chacun craint pour sa sécurité et cherche avant tout "à sauver sa peau", n'étant plus très sûr que son groupe de travail va continuer à lui apporter la sécurité à laquelle il aspire. Certains pensent même le contraire. Comment s'y prendre pour réveiller leur gout naturel à bien travailler ensemble qui est pourtant indispensable en période de crise ?

Voici des pistes possibles :
- Quelques erreurs à éviter : n'exigez pas un esprit d'équipe trop élevé qui est illusoire et non nécessaire. Il suffit de chercher à développer quelques comportements qui permettent de  travailler de façon plus confortable et plus efficace pour atteindre les objectifs. En dehors de cela, chacun peut bien agir comme il l'entend.
- Expliquez et surtout donnez l'occasion à chacun de constater que de  bonnes coopérations et coordinations  sont  "payantes" parce qu'elles renforcent les chances de s'en sortir et que donc, chacun y trouve son compte. Là, vous êtes sûr d'ouvrir des autoroutes prêtes à être utilisées !
- Instaurez des règles d'entraide équitables : partage des informations et des compétences  sans que ce soit au détriment de celui qui aide.
- Diminuez les temps de réunions ou de travail en groupe, source de perte de temps et de déprime... sauf si vous êtes sûr de leur nécessité absolue. Améliorez leur efficacité  en instaurant des méthodes plus opérationnelles de travail en groupe (ça existe).
- Sachez qu'il existe aussi des méthodes pour faciliter l'expression des désaccords et leur résolution, pour élaborer des règles communes de gestion du temps, points-clés en temps de crise.

Que chacun ait souvent l'occasion de donner le meilleur
La crise, c'est "plus de travail et de contraintes, avec moins de budget". C'est le moment de se défoncer pour mieux s'en sortir ! En effet, la crise déclenche un grand désir de se battre pour sauver l'entreprise. C'est possible, comme beaucoup de sociétés le prouvent actuellement.

Pourquoi pas chez vous ? Oui mais comment ?
- Personnalisez au maximum : visez l'équation la meilleur possible entre activités et talents, en respectant encore plus souvent leurs autoroutes, les façons de travailler qu'ils préfèrent, celles qui leur sont les plus naturelles.
- Présentez le travail à faire en choisissant l'angle le plus attractif pour eux, soit à cause du contenu, soit seulement à cause des résultats qu'il permet d'obtenir. A chacun son autoroute.
- Veillez, autant que possible, à bien doser le degré de    surmenage supportable : intensité de l'effort ainsi que la nécessité de se surpasser. C'est très variable selon les individus. Même si vous ne pouvez le faire qu'imparfaitement (ce qui est le cas de la plupart), c'est déjà efficace et évite beaucoup d'ennuis collatéraux.
- Pratiquez plus souvent le retour sur leurs activités, sans trop attendre, et ceci pour deux raisons : ils ont besoin d'être d'avantage soutenus et les nécessités d'adaptation à un environnement fluctuant sont plus fréquentes.
- Pratiquez une valorisation équitable : attention aux "planqués", aux "favoris" qui ont des résultats plus voyants. N'oubliez pas et valorisez les "obscurs" dont les contributions plus discrètes sont pourtant très utiles.
Et bien d'autres actions possibles...

Dans ces temps difficiles, vous avez ainsi l'opportunité de leur rendre la vie moins stressante, plus confortable et plus efficace. Voilà  l'occasion d'ouvrir de belles autoroutes, non ?

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