Réussir est-il de sexe féminin ou masculin ?

Les marchés émergents offrent les meilleures perspectives de croissance pour les entreprises de ces dernières années. Cependant, le marché peut-être le plus important et le plus excitant de tous est un marché encore insuffisamment exploré, celui des femmes.

Dans un rapport récemment publié par Ernst & Young aux USA, on lit ceci : « Les femmes sont le plus grand marché émergent dans le monde. Au cours de la prochaine décennie, elles vont influencer considérablement  la politique, le sport, les affaires et la société. Au cours des cinq prochaines années, le total des revenus des femmes passera de 13 $ US milliards à US $ 18 milliards de dollars. C'est progression représente presque le double de la croissance du PIB attendue de la Chine et de l'Inde réunies.
D'apres le BCG, en l'an 2028, les femmes décideront près de 75% des dépenses dans le monde entier. Environ un tiers des entreprises dans le monde appartiennent à des et près de la moitié d’entre elles sont dans des marchés en développement ».
Mieux, à l'occasion de la sortie du Top des femmes les plus puissantes aux USA, la journaliste Jenna Goudreau tire
8 leçons de leadership au travers de leur comportement  

  • Restez déterminée
  • Soyez courageuse
  • Pensez grand
  • Prenez des risques calculés
  • Recrutez intelligemment, 
  • Restez disciplinée
  • Managez votre carrière
  • Déléguez aussi bien au travail qu'à la maison…

Nous les femmes, avons la réputation de ne pas nous donner les moyens de nos ambitions.
Par exemple,
Nous n’irions pas chercher de financements et préférerions auto-
financer nos entreprises, ce qui peut représenter un coût supplémentaires et une contrainte,
Nous fuirions les objectifs ambitieux et aurions tendance à passer plus de temps à travailler sur les aspects opérationnels court terme de notre entreprise plutôt que de nous concentrer sur  son développement stratégique,
Enfin nous éviterions la lumière des projecteurs : nous, les femmes entrepreneurs, aurions tendance à ne pas promouvoir nos sociétés. A l’ère du multimédia, les entrepreneurs ont pourtant besoin de maîtriser toutes les formes de communications, en particulier les réseaux sociaux pour développer et fidéliser la clientèle.

Dans un autre rapport publié par McKinsey en 2011 on trouve ce genre de questions/affirmations :

Plus de femmes aux commandes : un levier de performance pour les organisations ? Ou bien de l’impact positif des femmes sur les performances opérationnelles etc… Dans tout cela, il faut bien sur distinguer deux cas : celui des femmes dans les comités de Direction des Grandes Entreprises et celui des femmes entrepreneurs.
Là où le déficit de parité dans les organes de direction est toujours criant malgré une certaine amélioration, des efforts sont généralement faits pour améliorer la parité : par exemple la mise en place d’indicateurs pour que le déficit devienne un fait et non une vague perception revendicatrice, ou l’évolution des processus RH tant dans le recrutement que dans la gestion des carrières. Certaines DRH pensent que mettre en place des programmes de mentoring pour aider les femmes à s’affirmer dans le leadership peut contribuer à l’amélioration. Si ça ne peut pas nuire, je remarque quand même que l’analyse conduisant à de tels programmes relève d’une faiblesse a priori décelée chez la femme quand probablement dans le même temps il faudrait « éduquer » une partie de la population masculine à un comportement plus ouvert vis-à-vis des femmes.

Dans le cas de femmes entrepreneurs, les statistiques en France donnent uniquement 30 % des créations d’entreprises effectuées par des femmes dont une toute petite proportion réussit une vraie croissance. Il y a sans doute beaucoup de femmes qui n’osent pas créer parce qu’elles s’autocensurent. Dans ce domaine, les pays émergents peuvent nous apprendre beaucoup : les femmes chinoises (et indiennes) par exemple sont bien plus entreprenantes que les Européennes.

A l’heure où on réfléchit tant à l’importance de l’entrepreneuriat en Europe (cf. Entrepreneuriat 2020 édité par l’Union Européenne) pour retrouver quelques leviers de croissance, faut-il continuer à opposer les sexes dans leur approche du management, de la vision stratégique, de l’innovation etc… ?

Mettre en exergue avec force statistiques telle ou telle brillance et l’attribuer à une personne – homme ou femme d’ailleurs – n’est ce pas également commettre la lourde erreur de nier l’importance d’une équipe ? Et cette équipe – mixte sans nul doute – est talentueuse grâce à une complémentarité des personnalités qui la constitue. Ma conviction profonde est qu’une entreprise qui réussit et qui croît c’est d’abord une équipe qui se fait confiance, se complète et qui gagne.

Et si j’avais la possibilité de changer une chose, que ferais-je ? Je collectionnerais et diffuserais en boucle sur tous les réseaux sociaux des milliers d’exemple de parcours de femmes – et d’hommes aussi – qui sont allés au-delà des limites que la société, l’environnement etc..

 

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