Management éthique : pourquoi et comment concilier bien-être et performance ?

Comment le « management éthique » peut-il aider à refonder et consolider le pacte de confiance et d’association entreprise/salariés ? Comment mobiliser l’énergie des acteurs pour une réussite collective ?

Des enjeux en question

Concilier bien-être et performance est avant tout un enjeu de santé publique, lorsque l’on sait que la mauvaise santé mentale est la 4e cause la plus fréquente d’incapacité au travail. Selon le BIT, le stress représente 3% du PIB. Le bien-être en entreprise participe, non seulement, à l’efficience économique, mais aussi à l’harmonie et la paix sociale entre personnes.
Enfin, l’organisation en ressort gagnante, puisque le bien-être permet une meilleure mobilisation des collaborateurs. Elle se différencie, entre autres, de la concurrence et favorise son image interne et externe (fidélise ses collaborateurs, recrute plus facilement…).
Une nécessité de pratiquer un management éthique dans les organisations.

Le management éthique est un approche globale, qui consiste à :
*
mettre en œuvre des démarches et des pratiques managériales favorisant le bien-être conjoint des collaborateurs et de l’organisation;
* construire un contexte de coopération, avec une reconnaissance réciproque salariés/entreprise.Par « éthique », il s’agit de définir les dispositions individuelles et collectives à agir selon des valeurs (respect, honnêteté…). Il ne fonctionne que si l’impulsion et l’exemplarité viennent des dirigeants. Cela suppose donc une véritable volonté stratégique, au-delà d’une simple réponse à une obligation légale.

Une démarche opérationnelle

Dans son dernier ouvrage, Le travail : un mal français ? Marc Forget nous explique  que l’un des défis majeurs de notre société est de concilier le bien-être des salariés avec l’efficacité, la compétitivité et la performance.
Il définit les 15 besoins à satisfaire pour générer bien-être et efficience (comme « être respecté et traité avec dignité », « concilier vie professionnelle et vie privée », « être informé », « disposer d’autonomie », « être traité avec équité »…).Enfin, il nous dresse un panorama des 13 démarches clés à suivre pour mettre en place un management éthique. En voici quelques unes :

* Un management par un référentiel de valeurs partagées (aller au-delà de la charte et voir comment elles se traduisent de manière pratique),Un management par le sens (répondre à un besoin de comprendre),
* Un management respectueux (traiter les collaborateurs en adulte et reconnaitre les différences de chacun),
* Un management associatif (faire participer, construire ensemble les meilleures solutions),
* Un management de responsabilité (savoir décider, trancher, arbitrer, déléguer des décisions)…
A la lecture de l’essai, nous comprenons que le bien-être est fragile : un seul des paramètres précédents dysfonctionne et l’organisation/le travail en sont déstabilisés.
Le manager éthique a un véritable rôle à jouer : exemplaire et source d’inspiration pour ses collaborateurs, il sert avant de se servir et optimise la performance de tous et de l’organisation.
L’épanouissement et la performance se situent donc à trois niveaux : individuel, collectif et organisationnel.

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