Les effets pervers du stress au travail

Le stress utilisé comme mode de gouvernance d'entreprise est contre productif et non rentable. Contre productif car il rend les salariés malades et des salariés malades sont moins productifs que des salariés en bonne santé.

Il est non rentable car les impôts et taxes que l'état prélève sur les bénéfices que l'entreprise fait avec le stress sont à relativiser du fait des frais et dépenses médico-sociales que ce même état dépense à causes des effets du stress.
Actuellement la santé en entreprise est sous la surveillance des services de l’inspection du travail et des services de santé au travail anciennement nommés Médecine du travail.
Les services de l’inspection du travail ont pour but de surveiller les conditions de travail, les relations individuelles et collectives de travail, les conditions d’emploi.
Les services de santé au travail veillent à la protection de la santé des salariés et évaluent leur aptitude à exercer sans risque pour leur santé, leur condition de travail. 
Cependant cet état de fait qui semblait satisfaire toutes les parties fonctionne en réalité «  à vide » depuis des années car il ne donne que très peu de résultats. En effet déjà en 2006 pour l’économiste Philippe Askenazy, « le coût global des accidents du travail et des maladies professionnelles serait en France de l’ordre de 20 milliards d’euros soit 1,5 % de la richesse nationale »  et  dans ces maladies professionnelles déclarées « les troubles musculo-squelettiques (TMS) et les pathologies liées au stress en représentent les trois quart ». Cependant, il ne s’agit là que de pathologies dites professionnelles, c'est-à-dire celles dont on a reconnu le lien direct avec le travail.
Et Philippe Askenazi admettait déjà à l’époque que « 80 % des maladies professionnelles ne sont pas reconnues comme telles et sont prises en charge par la branche générale de la sécurité sociale » (1). Huit ans après Jacques Sapir ne dit pas autre chose le 29 septembre 2014 sur  BFM Business quand il déclare « Aujourd’hui une partie des dépenses de santé sont très largement liées à des problèmes qui ne sont pas de santé, se sont l’ensemble des maladies psycho somatiques liées au stress au travail. » Et Jacques Sapir de conclure que ce stress au travail provoque des symptômes qui conditionnent des consultations médicales, des examens, des traitements le tout pouvant être évalué entre 1,5 et 2 points du PIB !
On voit bien que ce stress instrumentalisé souvent en gouvernance d’entreprise dans un but de rentabilité, le fameux « stress positif »  plombe en fait l’économie des pays industrialisés sur leur branche maladie et tempère les impôts et taxes prélevés par l’état sur les bénéfices que les entreprises font sur le dos du stress.
Il faut donc changer de comportement complètement. Démontrer aux actionnaires que leurs bénéfices seraient encore meilleurs avec des salariés en bonne santé car un salarié en bonne santé travaille mieux et est donc plus rentable.


(1)" Les Français malades du travail " entretien avec Philippe Askenazy - Panorama du Médecin 16 octobre 2006.

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