Ubérisation, ruptures, disruption : le marché du travail est le prochain sur la liste.

Le marché du travail est à l’aube de la redéfinition de ses règles. Au programme, horizontalisation de la relation professionnelle et démocratisation de la cooptation.

Avec 600 milliards de chiffre d’affaires par an et 3 millions de collaborateurs dans le monde, le marché du travail est un véritable écosystème où cohabitent multinationales, nouveaux champions et start-up. A l’image de nombreuses industries qui connaissent des ruptures spectaculaires, le marché du travail est  à l’aube  de la redéfinition de ses règles. Plus horizontales, elles bouleversent les comportements.

L’insatisfaction professionnelle, un manque à gagner pour l’économie

La fin du marché du travail tel qu’on le connaît a sonné. Le taux record d’insatisfaction professionnelle reflète, parmi d’autres phénomènes, son inefficacité. Seulement 9% des salariés en France se sentent “engagés dans leur travail”selon l’enquête mondiale Gallup et l’impact en terme de création de valeur, lié à cette situation, est majeur. Il s’agit d’un véritable manque à gagner, mais ce statu quo commence déjà à voler en éclats.

Avec 91% des salariés qui se disent peu ou pas du tout engagés dans leur travail, on comprend que la génération Z ne se sente pas prête à accepter un job au nom d’un c’est mieux que rien". Un travail choisi, c’est un véritable levier de performance.

Les 4 nouveaux piliers du marché du travail

Cette transformation profonde n’est ni un voeux, ni une prédiction, c’est déjà une réalité. Rien qu’en France, une centaine de start-ups proposent de nouvelles solutions qui sont en phase avec les usages.  Autour de 4 piliers, ces entreprises tech, avec leurs spécificités (big data, communautés, places de marché, ubérisation, empowerment)  mettent en place les règles qui régiront le marché du travail.

Modéliser la bonne rencontre

L’adéquation entre les compétences techniques et le besoin de production ne mesurera plus, seule, la réussite d’une collaboration professionnelle. Des éléments plus personnels rentrent en ligne de compte : les aptitudes, la personnalité comme les motivations individuelles qui doivent être en phase avec l’entreprise, sa culture, ses objectifs…

Toute la question pour le recrutement sera de les évaluer et de les mettre en corrélation. Fini le traditionnel matching des mots clés entre un CV et une annonce d’emploi. Des start-ups telles qu’ AssessFirst, qui combinent psychométrie et big data, évaluent le potentiel de performance et d’épanouissement d’une personne au sein d’une entreprise donnée. La bonne rencontre professionnelle sera une solution à la performance de l’entreprise.

Horizontaliser la relation professionnelle

Nous assistons à un véritable rééquilibrage du rapport de forces sur le marché du travail. Par exemple, les freelances, dont le nombre a augmenté de +85% en dix ans, représentent déjà un tiers de la population active aux États-Unis. Sur de nombreuses places de marché comme HopWork qui permettent aux freelances de proposer leurs services, la relation entre employeurs et salariés a été dépassée. Chacun choisit l’autre pour un projet et l’évalue à la fin de la mission. L’enjeu pour chacun, est de satisfaire l’autre.  Cette “horizontalisation” de la relation améliore considérablement la qualité du travail réalisé. Cela préfigure une nouvelle logique sur le marché : les collaborations, bien au-delà des freelances, seront performantes car elles seront le fruit d’un choix réciproque.

Savoir trouver son prochain job

Demain, chacun aura les rennes de sa trajectoire professionnelle. Avec 7 transitions en moyenne dans une vie, il faudra sortir d’une posture de demande d’emploi pour passer à l’offre, afin de rebondir à chaque nouvelle étape. Savoir trouver son prochain job deviendra un savoir-faire décisif. Cela ne pourra pas reposer uniquement sur des qualités individuelles. Il faudra s’équiper pour conduire efficacement sa vie professionnelle, provoquer de bonnes rencontres et naviguer dans ce marché mouvant. Pour cela, des entreprises comme Jobmaker, permettent l’accès massif et démocratisé aux outils et ressources jusqu’ici réservés à une petite catégorie de salariés, voire à une élite.

Démocratiser la cooptation

Les façons de recruter vont devenir, elles aussi, plus horizontales. Les recommandations et les rencontres, hors phase de recrutement, vont prendre le pas sur les processus basés sur une multitude de critères de sélection. Keycoopt, entre autre, propose des solutions qui organisent la cooptation, allant même au-delà de  "l’ubérisation" des cabinets de recrutement. Les consultants sont remplacés par des individuels, récompensés si la personne qu’ils ont mise en relation est finalement embauchée. A l’avenir c’est une approche qui va se massifier. C’est à ce défi qu’a d’ailleurs décidé de s’attaquer LinkedIn avec “Referrals” son nouveau service de recommandation dont le but est d’ouvrir la cooptation à leur 380 millions de membres. 

Qui seront les acteurs décisifs de ce nouveau marché ?

Dans cette période de redéfinition du marché du travail, quelle place prendront les acteurs français ? Les start-ups françaises ne sont pas en reste et contribuent activement à redéfinir les règles en proposant de nouveaux services en direction des individus comme des entreprises. Pour devenir des championnes feront-elles le choix de partenariats, voire de fusions, autour de nouveaux métiers ou dans une logique “fullstack” pour se déployer sur l’ensemble de la nouvelle chaîne de valeur ? Comment les acteurs historiques du marché décideront de coopérer avec elles ?

Les réponses urgentes à apporter concernent aussi les fonds d’investissements français. Sauront-ils accompagner cette révolution à temps avant que les GAFAs ne prennent seuls le lead sur ce marché? Pour être en phase avec les nouvelles règles qui vont s’imposer à moyen terme, leur ambition sera-t-elle à la hauteur du changement qui s’opère sur ce marché ?

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