Jean-Marie Colombani : "Nous espérons que Slate+ touchera 5 000 abonnés au bout d'un an"

Le patron de la version française de Slate est venu commenter dans #Media le lancement d'une offre payante et la stratégie de diversification de son groupe.

Le directeur de la publication de la version française de Slate, Jean-Marie Colombani, était l'invité de l'émission #Media ce mercredi pour détailler le lancement de sa première offre payante, Slate+. Le lecteur peut ainsi accéder à des services dédiés : un outil de veille personnalisée de l'actualité, davantage de liens avec la rédaction et des invitations régulières à des événements culturels. Sera aussi proposé chaque mois un important dossier traité sous tous les angles. Le premier thème : le politiquement correct.

Par ailleurs, Reader, l'outil de veille développé par le site avec le soutien du fonds Google, ne sera bientôt plus accessible aux utilisateurs gratuits. Les podcasts, financés par le partenaire Audible, filiale d'Amazon, resteront eux ouverts à tous.

Pourquoi ce virage payant ? "Il nous fallait atteindre une audience large et suffisamment fidèle, avant d'espérer convertir une partie de nos lecteurs de payer 5 euros par mois en échange de services supplémentaires", justifie Jean-Marie Colombani. Le site lance toutefois un tarif de lancement de 75 euros pour deux ans. Jean-Marie Colombani espère avoir convaincu plus de 5 000 abonnés à la fin de la première année. Aux Etats-Unis, Slate.com tire déjà plus d'1 million de dollars annuels de revenus de ce format (sur un total de 30 millions de dollars). 

Pas de payant pour l'information en revanche. Jean-Marie Colombani ne croit pas à ce pari "qui conduit souvent à une forte rétractation de l'audience et est préjudiciable pour un site qui vit essentiellement de la publicité.

L'enjeu pour la suite : "la pérennisation de la société". Pas un mince défi alors que le chiffre d'affaires baisse d'année en année tandis que les pertes se creusent. En 2015, le chiffre d'affaires est tombé à 950 000 euros (contre 1,5 million en 2012) et le résultat net a chuté à -1,9 million d'euros. Jean-Marie Colombani justifie cette dégringolade par les échecs rencontrés avec les différentes régies externes auxquelles le groupe a fait appel. 2015 a ainsi été amputé de la moitié de ses revenus, la faute à un conflit de 6 mois avec une régie. "Nous avons internalisé la régie et espérons réaliser 1,7 million d'euros de chiffre d'affaires cette année", annonce Jean-Marie Colombani qui espère atteindre la rentabilité en 2017.

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