Cnil : comment Ferrero propose aux internautes de choisir leurs cookies

Cookies et Cnil Sur des sites de la marque de confiserie, un module laisse les visiteurs désactiver, au choix, certains cookies. Zoom sur une manière de respecter les recommandations de la Cnil.

"En application de la directive européenne dite 'paquet télécom', les internautes doivent être informés et donner leur consentement préalablement à l'insertion de traceurs. Ils doivent disposer d'une possibilité de choisir de ne pas être tracés lorsqu'ils visitent un site", peut-on lire sur le site de la Cnil, sur la page "vos obligations" en matière de "cookie et autres traceurs". La Cnil y recommande aussi aux sites de laisser l'internaute "paramétrer les traceurs", c'est-à-dire les cookies.

Les sites Web respectent très diversement cette recommandation. Pour l'instant, beaucoup l'ignorent. D'autres estiment qu'utiliser leurs services équivaut à consentir à la pose de tous les cookies, et qu'un bandeau expliquant cette démarche suffit pour respecter la directive. Ils peuvent aussi laisser l'internaute cliquer sur un bouton pour gérer et modifier ces cookies. S'il clique dessus, l'internaute arrive alors souvent sur une page aussi attractive que des conditions générales d'utilisation, qui peut aussi le renvoyer sur des sites tiers, ou de complexes réglages de navigateur, pour paramétrer ou bloquer les cookies.

Laisser l'internaute choisir simplement quel type de cookie il accepte

cookie cnil
Le module "Cookie Consent" qui peut s'afficher en haut à droite des sites de Ferrero. Cliquer sur un type de cookie peut le bloquer (en rouge) ou le débloquer (en vert). © Ferrero - capture

Aidée par l'agence fifty-five, la filiale française de Ferrero a mis en place pour plusieurs de ses sites web un module "Cookie Consent" qui semble plus conforme à l'esprit des recommandations de la Cnil. Lorsqu'un internaute arrive sur l'un de ces sites, il peut choisir simplement quel type de cookie il accepte.

Plus précisément, il peut choisir de désactiver deux types de cookies : ceux liés aux réseaux sociaux, et ceux liés aux publicités, qui "permettent de mieux cibler les publicités proposés". Le bandeau disparaît assez vite, mais cette réalisation semble tout de même être une des versions les plus zélées de l'application des recommandations de la Cnil. "C'est une décision interne qui s'inscrit dans la discipline que s'impose Ferrero", tient à faire valoir Guillaume du Gardier, responsable du digital chez Ferrero France, qui assure aussi que, dans le même ordre d'idée, "Ferrero ne veut pas non plus diffuser de publicité pour ses produits lorsque une majorité d'enfants regardent".

Le coût et l'impact du module "Cookie Consent"

Accompagnant Ferrero France dans sa stratégie digitale depuis 3 ans, c'est l'agence fifty-five, notamment connue pour son expertise sur Google Analytics, qui a réalisé le module "Cookie Consent". L'agence fifty-five s'est plus globalement occupée du "taggage" ou marquage des sites français de Ferrero. Google Tag Manager a aussi été déployé, ainsi que la version premium de Google Analytics, qui a séduit la DSI du groupe Ferrero.  

Décidé il y a plusieurs mois, le déploiement du module n'est pas encore tout à fait finalisé. Il est opérationnel sur quatre sites : Tic-Tac.fr, KinderChocolat.fr, Ferrero.fr et KinderPourLenfance.fr. Il est en cours de déploiement sur 6 autres. A noter qu'aucun de ces sites ne fait du e-commerce. "Le coût du module Cookie Consent correspond au coût d'un projet de marquage, c'est-à-dire 5 à 10% du coût du site", compare Guillaume du Gardier. "Un prix abordable", selon lui, mais représentant tout de même "une ligne de coût".

Sur les sites où le module est en place, les internautes sont-ils nombreux à désactiver les cookies ? "C'est marginal", répond le responsable du projet chez Ferrero France. En janvier, le taux d'interaction avec le bandeau est de 0,2% sur "modifier les réglages" (bouton qui fait apparaître le module Cookie Consent), sur tous les sites où le module est en place.

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