12 millions de propriétaires sont concernés par un arrêté du gouvernement : le coût des travaux grimpe à 16 500 euros
D'année en année la situation ne cesse d'empirer. Des millions de maisons et d'appartements en France sont exposés à un phénomène climatique aussi discret que dangereux : le retrait-gonflement des argiles (RGA). Les logements concernés se fissurent tellement qu'ils finissent parfois par devenir inhabitables et donc inlouables et invendables. De quoi inquiéter aussi bien les locataires que les propriétaires.
Le RGA est directement lié aux fortes chaleurs générées par le réchauffement climatique. Sous l'effet de la sécheresse, le sol argileux se rétracte, entraînant un affaissement des fondations du bâtiment. À l'inverse, lorsque les pluies reviennent, le sol gonfle, provoquant une remontée des fondations. Ces mouvements répétés engendrent des fissures béantes sur les murs des habitations. Ce phénomène survient la plupart du temps à la fin de l'été, alors que les températures chutent et que les pluies automnales arrivent.
Selon les chiffres du ministère de la Transition écologique, 10,3 millions de logements en France étaient directement menacés par le RGA en 2020. Cela représente un peu plus d'une maison sur deux en France (52,5%). Depuis, la situation s'est encore dégradée. Environ 240 000 sinistres causés par le RGA ont été recensés rien qu'entre 2018 et 2022. C'est 58% de la totalité des sinistres RGA enregistrés depuis 1989.

Fort de ce constat, le gouvernement a publié un arrêté le 9 janvier 2026 afin de mettre à jour la carte de France indiquant les zones du territoire exposées au RGA. La nouvelle carte sera accessible au 1ᵉʳ juillet sur le site georisques.gouv.fr. Selon cet arrêté, les zones d'exposition moyenne et forte représentent désormais 55% de la surface de l'Hexagone, contre 48% en 2020. 12,1 millions de maisons individuelles sont dorénavant menacées par le RGA, soit 61,5% des maisons individuelles dans le pays.
D'après la Caisse centrale de réassurance (CCR), plus de 20 millions de Français vivent actuellement dans des zones où le risque de RGA est considéré comme "moyen ou fort". Certaines régions françaises sont plus exposées que d'autres. La région Centre-Val de Loire est la plus touchée, avec 67% des maisons menacées par le RGA. Suivent l'Occitanie (49%), la Nouvelle-Aquitaine (46,8%), la Bourgogne-Franche-Comté (44%), la région Provence-Alpes-Côte d'Azur (39%), les Hauts-de-France (33%), les Pays de la Loire (32%), l'Île-de-France (28%) et enfin la région Grand Est (26,5%).
Selon l'association Conséquences (spécialisée dans l'analyse des impacts du réchauffement climatique), "d'ici 2050, le nombre de logements menacés par le RGA passera à 16,2 millions, soit 92,8% des maisons individuelles situées en Hexagone". Preuve que ce phénomène va encore prendre de l'ampleur à l'avenir. La note payée par les sinistrés et leurs assurances risque également de devenir plus salée.
Le coût moyen d'un sinistre lié au RGA sur une maison individuelle est estimé à l'heure actuelle à 16 500 euros. Dans certains cas, les travaux de réparation des logements touchés par le RGA peuvent s'avérer beaucoup plus onéreux. D'ici 2050, la prise en charge du RGA pourrait peser 2,1 milliards d'euros par an, contre 726 millions d'euros actuellement. Cette explosion des coûts reflète l'ampleur croissante du phénomène et le nombre croissant de logements touchés.