Comment Orange Business Services négocie le virage du cloud

Parti tardivement sur le marché du cloud, lors du lancement de son plan stratégique Conquête 2015 en 2010, Orange avance ses pions ce segment très disputé.

L'ex-opérateur historique considère que le cloud fait partie de son ADN. "Nous produisons du service depuis une cinquantaine d'années, puisque le téléphone en lui-même est un service dans le réseau", précise Philippe Laplane, directeur général d'Orange Cloud for Business. Et d'ajouter : "concernant le cloud à proprement parler, nous avons amorcé notre virage au début des années 2010. Nous avons vu la nécessité de passer en mode cloud aussi bien les infrastructures IT que les services applicatifs, le tout sur des solutions hautement mutualisées dans des data centers et à la demande."

Infrastructures et applicatifs au service de la transformation digitale

En matière de cloud, l'opérateur a échafaudé une stratégie globale qui couvre tous les besoins, de la fourniture d'expertise et conseil aux entreprises à la mise en place d'infrastructures et applications. Et ce, afin "d'accompagner la transformation digitale des entreprises", insiste-t-on chez Orange.

Le data center d'Orange à Val-de-Reuil héberge les différentes offres cloud d'Orange Business Services : Flexible Computing et Cloudwatt. © Orange Business Services

Pour se faire une place sur ce marché concurrentiel, Orange Business Services (OBS), la filiale d'Orange orientée vers les entreprises, s'appuie sur une politique de croissance nationale et internationale grâce à deux divisions : Orange Cloud for Business pour tout ce qui est infrastructure, et Orange Application for Business pour le développement applicatif. Aux cotés des activités historiques de réseau voix et données, Orange a développé, à travers OBS, des activités de services autour de l'IT et de la sécurité (via Orange Cyberdefense).

"Nos processus opérationnels embrassent à la fois les clouds publics, les clouds privés et hybrides", explique Philippe Laplane. OBS dispose de plateformes de cloud public en France et en Asie. L'ambition est "d'offrir la meilleure connectivité, fixe et mobile, mais aussi fournir des outils collaboratifs autour du poste de travail, une infrastructure agile qui va progressivement dans le cloud et, enfin, un catalogue d'applications et d'outils complets", précises Philippe Laplane.

Une politique de partenariats dédiée à l'international

OBS est également un acteur du cloud privé en France et à l'international, soit pour développer et installer des clouds privés chez des clients, soit pour développer des clouds privés administrés. "Ce segment adresse surtout les grandes entreprises qui, pour des raisons de sécurité ou de transformation de leur système d'information, préfèrent porter leurs applications métier sur des infrastructures qui leur sont dédiées", précise Philippe Laplane.

Des services cloud orientés Big Data et IoT

Au-dessus des couches d'infrastructure, OBS développe également des services managés à travers l'offre Flexible Data Plateform qui permet de fournir aux clients un environnement qui permet de faire du Big Data dans le cloud. Une offre qui est complétée par la fourniture d'environnements de développement pour les sites web et applications IoT. Tout comme ses concurrents, OBS s'appuie aussi sur une politique de partenariats qui lui permet de proposer des applications et outils variés (middlewares, bases de données, SAP...).

Le cloud souverain : vocation naturelle pour l'ex-opérateur publique

En plus de cette stratégie de croissance organique, OBS a su se positionner en parallèle sur le terrain très sensible du cloud souverain. Une stratégie qui est d'abord passée par une prise de participation dans le projet gouvernemental de cloud souverain Cloudwatt, puis par le rachat de ce dernier. Pour Philippe Laplane, "le cloud souverain est fondamental. Le souhait des entreprises et l'évolution de la réglementation, donnent une importance capitale à la localisation et à la protection des données. Le marché se structure donc avec l'idée que chaque territoire dispose d'acteurs locaux qui proposent des solutions de cloud." Grâce à ses data centers situés et exploités en France, OBS a attiré aussi bien l'Etat que des éditeurs "étrangers qui veulent adresser le marché français ou européen et qui souhaitent localiser leurs infrastructures en France ".

Interrieur du data center d'Orange à Val-de-Reuil (ici, une centrale de refroidissement) © JDN / Antoine Crochet-Damais

OBS a remporté l'appel d'offres du cloud public de l'État l'été dernier et entend jouer un rôle de fournisseur national vis-à-vis des entreprises tenues de recourir à des clouds souverains. Il va ainsi fournir aux Ministères et à certains établissements publics, des services d'informatique à la demande (puissance de calcul et stockage) notamment pour leurs projets en matière de développement agile, d'Open Data et de Big Data.

"Nous avons particulièrement développé le cloud public OpenStack", explique Philippe Laplane. "Nous pensons qu'il y a un certain nombre d'applications qui naturellement sont exposées sur Internet : les portails et les services destinés au grand public en font partie. Il y a également les services de l'État : les applications que l'état va mettre en ligne pour ses administrés." 

La territorialité des données constitue certes un argument choc d'OBS, mais les technologies proposées ont aussi contribué à enrichir l'offre en s'adaptant aux exigences du marché. C'est le cas de l'adoption d'OpenStack et des méthodes agiles.

"OpenStack nous a ouvert le marché de la transformation digitale"

"Nous avons fait le choix d'OpenStack en 2012 au niveau du groupe ainsi qu'au travers de Cloudwatt. Ceci en plus de VMware, qui est un partenaire stratégique. Ce choix d'intégrer OpenStack, nous permettait d'adresser un monde nouveau en matière d'IT", explique Philippe Laplane. "En effet, VMware supporte plutôt les applications d'entreprise classiques, dites legacy en anglais, et OpenStack ouvre OBS au marché de la transformation digitale. Ce choix a permis de proposer ce qui se fait de plus récent en matière de développement d'applications mobiles et web, de Big Data, d'IoT et même d'outils collaboratifs." OBS a en effet recours à Cloudwatt pour motoriser ses offres en matière de mégadonnées et de traitement de données IoT (Flexible Data ou Live Objects). 

Des IaaS adossés à VMware et OpenStack... et un PaaS

C'est la raison pour laquelle OBS a décidé de conserver les deux filières technologiques : VMware pour fournir un cloud d'infrastructure (Flexible Computing) adapté aux applications métier, et OpenStack pour accompagner les clients dans leur transformation digitale.

Platform.sh, le dernier pas d'OBS dans l'agilité

Une stratégie gagnante doit être constamment revue à la lumière des derniers développements sur le marché. La signature en mars dernier d'un partenariat avec Platform.sh a permis à OBS de mettre un pied dans le développement cloud en mode agile. Platform.sh propose un PaaS de seconde génération qui repose sur la technologie des conteneurs Linux. Une service qui permet aux développeurs de faire abstraction de l'infrastructure et des opérations systèmes pour se concentrer uniquement sur le développement de leurs applications et sites web. La technologie de Platform.sh repose sur une couche d'orchestration de conteneurs virtuels.

Platform.sh est particulièrement adapté à des applications web transactionnelles à fort trafic comme les sites d'e-commerce ou encore les services publics. Il apporte à la fois une forte réactivité, par la mise en place du déploiement continu, mais aussi une gestion de montée en charge fluide et sans à-coups. Ce partenariat permet à OBS de proposer un service agile à ses clients, orienté DevOps et microservices, et surtout hébergé en France (puisque le PaaS a été porté pour l'occasion sur l'infrastructure de Cloudwatt). Les tenants du cloud souverain pourront y recourir, car jusqu'à présent Plateform.sh était hébergé uniquement chez AWS, qui ne dispose pas de data centers en France.

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