Jules-Henri Gavetti (Ikoula) "Nous lancerons notre offre de Big Data d'ici la fin de l'année"

Lancé à plein régime dans la bataille du Cloud, l'hébergeur révèle pourquoi il n'a pas pu miser sur VMware pour virtualiser ses infrastructures. Il revient sur l'accueil réservé par le marché à son offre de "VM à un euro"

JDN. Comment les clients d'Ikoula utilisent-ils vos offres de Cloud public de type IaaS ?

Jules-Henri Gavetti. Ikoula dispose aujourd'hui de trois offres de Cloud différentes, plus ou moins packagées. La première, Flex'Server, propose des serveurs virtuels dédiés, avec processeurs, RAM et espaces de stockage différents et prédéfinis. La moitié de nos 8 000 machines virtualisées sont issues de cette offre, qui a donc vite trouvé son marché. Elle compte parmi ses clients des PME, sites web ou d'e-commerce.

L'offre FlexiCloud permet de son côté de choisir à sa guise processeurs, RAM et disques dur. Les instances sont dans ce cas souvent utilisées en frontal web dans une architecture plus large.

Enfin, nous avons également lancé il y a deux ans la VM à un euro, qui a la particularité de proposer de l'allocation de ressource réellement automatique, sans demande de validation de l'utilisateur. Nous prévenons donc clairement qu'il peut y avoir un danger de forte consommation. Pour éviter les mauvaises surprises, des alertes sont émises. Cette offre permet de répondre aux fortes montées en charge occasionnelles, pendant les soldes ou les fêtes pour un e-commerçant par exemple.

Concrètement, le client paiera un euro par mois pour l'accès à cette offre, puis, après les pics de charge, se verra facturer les ressources qui auront dû être allouées automatiquement pour absorber la charge que ne pouvait encaisser son site seul. L'élasticité de l'offre peut être enclenchée quand bon lui semble.

Ces VM à un euro ont aussi trouvé un marché que nous n'avions pas prévu dans le monde de la finance et plus précisément du ForEx. Peu chères, ces instances servent à des petites applications peu gourmandes en ressources mais tout le temps connectées, afin de pouvoir générer des alertes lorsque certaines cotes atteignent un niveau défini.

"En termes de fonctionnalités, Microsoft a désormais rattrapé VMware"

Pensez-vous proposer une offre de Big Data ?

Avec notre solution de stockage en ligne IKeepInCloud.com, capable d'accueillir plusieurs pétaoctets de données, nous avons déjà les fondations pour bâtir une telle offre. Nous ne sommes qu'à une encablure : il nous manque la couche de logiciel d'analyse. Nous y travaillons de manière à pouvoir proposer une vraie offre de Big Data d'ici la fin de l'année.

 

Pourquoi avoir opté pour les technologies de Microsoft pour virtualiser vos infrastructures, et non pas pour celles, par exemple, de VMware ?

Lorsque nous avons voulu massivement virtualiser nos infrastructures, il y a 5 ans, nous sommes allés demander à VMware ce qu'ils pouvaient nous proposer. La vérité, c'est que je me suis fait éconduire. VMware ne nous a rien proposé, et ne pensait alors pas que ses solutions avaient un avenir et une place chez les hébergeurs.

Ils ont visiblement changé d'avis entre temps. Mais à l'époque, c'est chez Microsoft que nous avons pu trouver une offre adaptée, via la location de licence appelée SPLA. Leur solution s'appelait alors Virtual Server, et couvrait environ 70% de nos besoins potentiels. Il y a un an, cette solution, désormais appelée Hyper-V, en couvrait 85%, et aujourd'hui 95%. Il manque encore peut-être des fonctionnalités de vSphere à Hyper-V, mais cela ne devrait plus être le cas avec System Center 2012. En termes de fonctionnalités, Microsoft a désormais rattrapé VMware.

Jules-Henri Gavetti est président et créateur d'Ikoula, entreprise spécialisée dans l'hébergement de services informatiques créée en 1998. Ikoula revendique aujourd'hui 6 millions d'euros de chiffre d'affaires, 5 000 serveurs physiques, 8 000 machines virtuelles et plus de 10 000 clients hébergés.

Virtualisation / Cloud public