Le parc national de Yellowstone aux Etats-Unis attire des millions de visiteurs pour ses geysers et ses sources chaudes. Sous ses forêts sommeille pourtant un monstre : un système volcanique parmi les plus grands et les plus jeunes de la planète. Il ne s'agit pas d'un volcan classique, en forme de cône, mais d'un "supervolcan", qui a par le passé éjecté plus de mille kilomètres cubes de cendres, de pierres ponces et de lave en une seule éruption.

La dernière de ces éruptions cataclysmiques remonte à 630 000 ans. Elle a littéralement fait s'effondrer le sol sur lui-même, donnant naissance à la "caldeira de Yellowstone". Aujourd'hui, une bonne partie des visiteurs qui admirent le parc marchent, sans le savoir, à l'intérieur même de l'ancien cratère.

Cette histoire volcanique mouvementée soulève régulièrement la même question chez les scientifiques comme chez le grand public : que se passerait-il si Yellowstone entrait de nouveau en éruption ?

Une superéruption commencerait par d'immenses colonnes de cendres brûlantes propulsées jusque dans la stratosphère. Les environs immédiats du volcan seraient balayés par des coulées et des nuées de cendres, filant à plus de 100 km/h et détruisant tout sur leur passage. De vastes territoires, notamment dans le Montana, l'Idaho et le Wyoming, seraient ensevelis sous les cendres, avec des retombées s'étendant sur une large partie de l'Amérique du Nord.

Mais les conséquences ne s'arrêteraient pas aux frontières américaines. Projetées très haut dans l'atmosphère, les particules de cendres et les gouttelettes d'acide sulfurique feraient le tour du globe, formant un voile capable de bloquer une partie du rayonnement solaire.

Ce phénomène pourrait provoquer un refroidissement du climat pendant plusieurs années, avec des répercussions sur l'agriculture, jusqu'en France. Les experts se veulent toutefois rassurants : les précédentes superéruptions de "Yellowstone" n'ont pas entraîné d'extinctions massives...

Reste que si ce scénario catastrophe n'est pas à exclure et est étudié par les autorités, il a très peu de chances de se réaliser : l'Institut d'études géologiques des Etats-Unis (USGS) évalue le risque à moins d'une chance sur un million chaque année.

Si un tel scénario devait malgré tout se dessiner, il ne surviendrait pas sans prévenir. Multiplication des séismes, déformations du sol, changements d'activité des geysers : ces signaux précurseurs se manifesteraient des semaines, voire des mois avant, laissant du temps pour se préparer.