Réseau social : Oracle avance une approche de rupture

Avec pour objectif de proposer une alternative à Salesforce, l'éditeur a présenté hier sa politique produit autour des réseaux sociaux. Le groupe propose une solution sociale d'infrastructure, orientée Cloud.

C'est bien là l'une des principales annonces d'OpenWorld, l'événement client d'Oracle organisé cette semaine à San Francisco. Larry Ellison a précisé comment la solution de CRM social, issue du rachat de Vitrue fin 2011, allait être intégrée aux offres du groupe. Cet outil combine des fonctions de supervision des réseaux sociaux, d'analyse des interactions, mais aussi de gestion de la relation client via ce nouveau canal (avec la promesse du temps réel).

"Le réseau social ne doit pas être considéré comme une simple 'application marketing', mais se placer comme une brique centrale pour toutes les autres technologies de cloud", a lâché Larry Ellison, lors de sa présentation. Ciblant son grand concurrent dans le cloud Salesforce.com, le P-DG a précisé que Social Relationship Management Platform allait pouvoir, via Fusion Middleware, apporter des possibilités de marketing social aux applications de gestion de la relation client reposant sur ce serveur d'intégration : Oracle Fusion Marketing, Oracle Fusion Sales Catalog, Oracle ATG Web Commerce, et Oracle Enterprise Resource Planning (ERP) notamment.

Oracle introduit la notion de RSE d'infrastructure

Après avoir porté la notion de portail d'infrastructure dans ses offres pendant plusieurs années, il semble bien qu'Oracle, à travers cette nouvelle proposition, s'oriente vers une politique produit de marketing social d'infrastructure. La suite du discours de Larry Ellison confirme d'ailleurs cette thèse. "Nous n'avons pas implémenté cette solution en tant qu'application séparée. Nous ne l'avons pas non plus implémentée au niveau de la couche applicative, mais directement au cœur de notre plate-forme", a-t-il insisté. "Cela signifie que chaque application que vous construisez en vous basant sur notre plate-forme héritera des bénéfices de notre technologie sociale. C'est la principale différence entre nous et les autres dans le domaine des réseaux sociaux."

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Larry Ellison a présenté la nouvelle stratégie d'Oracle autour des réseaux sociaux d'entreprise lors de l'événement OpenWorld du groupe qui se tenait à San Francisco du 30 septembre au 4 octobre. © Oracle

Et cette vision ne porte pas seulement sur le CRM social, mais aussi sur le réseau social d'entreprise, notamment via l'application Oracle Social Network (OSN). Et l'approche proposée ici par Oracle la situe, sur le papier, au niveau des solutions de réseau social d'entreprise les plus haut de gamme.

Pour l'heure, très peu d'acteurs se sont déjà positionnés sur ce terrain. En France, Dassault Systèmes propose un tel outil pour les grands comptes, baptisé 3DSwYm, qui dispose lui aussi d'une couche d'intégration solide, capable de répondre à des problématiques d'intégration avancées. L'éditeur français a en outre combiné à son RSE le moteur issu du rachat d'Exalead pour prendre en charge l'indexation et la recherche de contenus non-structurés. Une question à laquelle Oracle n'a pas oublié de répondre, conscient de l'importance de cet enjeu chez les grands comptes dotés de bases hétérogènes. Le géant fait ainsi appel à la technologie Endeca (acquise en octobre 2011) pour proposer dans son RSE un dispositif de recherche d'informations non-structurées.

Toujours au chapitre des points de différenciation, Larry Ellison a insisté sur le fait que les technologies d'infrastructure utilisées par Oracle pour son cloud public étaient les mêmes que celles proposées à ses clients dans le cadre de clouds privés. A savoir : Fusion Middleware et Oracle Database. Les possibilités de RSE seront donc disponibles dans les deux mondes (cloud privé et cloud public). 

De nouvelles applications lancées en mode SaaS

Enfonçant le clou, Thomas Kurian, vice-président exécutif de la division Oracle Product Development, a annoncé la déclinaison en mode cloud public d'une série de solutions.

Pour l'heure disponible en pré-version dans ce mode, les applications de planification financière et de consolidation statutaire d'Hyperion sont ainsi désormais proposées dans le nuage d'Oracle, par abonnement. A cela s'ajoutent des services d'intégration de données (Oracle Data et Insight Cloud Service), de création et publication de sites (Oracle Social Sites Cloud Service), et des outils de développement collaboratif (Oracle Developer Cloud Service). Enfin, Oracle ouvre un service de stockage en ligne (Oracle Storage Cloud Service), ainsi qu'un middleware orienté messages (Oracle Messaging Cloud Service).

Cette palette de nouveaux services cloud rejoint les produits SaaS déjà commercialisés par Oracle (avec Oracle CRM onDemand, Taleo sur la gestion des talents, Oracle Cloud Social Services...). Intégrée à Fusion, la couche de RSE d'Oracle est conçue au final pour permettre de "socialiser" l'ensemble de ces applications proposées sur le cloud public d'Oracle (en donnant la possibilité de les invoquer dans ses flux d'activité), mais également celles des partenaires de l'éditeur qui ont fait le choix de cette plate-forme d'hébergement et de distribution.

En matière de PaaS, le groupe a également profité de l'évènement pour préciser sa politique de prix. Ainsi, son service de base de données en mode cloud, reposant sur Oracle Database 11g R2, est annoncé à 175 dollars par mois (pour un schéma unique), avec 5 Go de stockage disque et 30 Go de transfert. Pour 2000 dollars par mois, le service permet d'atteindre 50 Go de stockage et 300 Go de transfert, mais toujours sur un seul schéma. Le prix du service d'exécution d'applications Java débute quant à lui à 249 dollars par mois pour un serveur WebLogic (avec 1,5 Go de RAM, 5 Go de transfert et 50 Go de stockage), et se porte à 1499 dollars par mois pour quatre serveurs (avec 6 Go de RAM, 20 Go de transfert et 500 Go de stockage). Pour l'heure, les tarifs de l'offre IaaS d'Oracle n'ont pas encore été communiqués.

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