Togaf : un cadre d'architecture pour industrialiser les projets

Le cadre d'architecture de l'Open Group prône l'instauration d'une collaboration entre les chefs de projet métier et technique. Une configuration qui, selon les experts, permet une accélération du déploiement de nouveaux processus.

Elaboré au milieu des années 1990, le Togaf (pour The Open Group Architecture Framework) est reconnu aujourd'hui comme un standard industriel. Ce cadre d'architecture porté par le consortium Open Group fait l'objet de mises à jour régulières (sa version 9 est attendue pour 2009). Une certification à destination des consultants est proposée par l'organisme.

Indépendant du secteur d'activité, Togaf n'impose pas de modèle de formalisation d'architecture, mais en recommande en revanche l'utilisation. Sa mise en œuvre n'est donc pas antinomique avec l'utilisation de méthodes de conception d'architecture, comme Zachman ou tout autre infrastructure métier formalisée.

Togaf propose une démarche de conception et de gouvernance des architectures d'entreprise. "Elle est comparable à l'ingénierie simultanée dans le domaine industriel. Cette méthode consiste à faire travailler en parallèle les équipes de conception et de fabrication en vue d'accélérer les processus de mise sur le marché des produits", explique Eric Boulay, PDG d'Arismore et représentant de l'Architecture Forum France

Togaf désencalve le travail des urbanistes en le remettant au centre de la gouvernance du SI

L'objectif de Togaf est bien de désenclaver le travail des urbanistes en le remettant au centre de la gouvernance du système d'information. "Pour être pertinente, la cartographie de l'organisation de l'entreprise, de ses processus, et de ses systèmes, doit être élaborée de manière à ce que les équipes technique et métier puissent partager des vues différentes d'un élément unique en fonction de leurs compétences et leur place dans le projet", détaille Eric Boulay.

A chaque étape d'un projet d'architecture, Togaf recommande ainsi un travail conjoint entre l'informatique et les métiers : de l'analyse de l'organisation d'entreprise, à l'urbanisation de l'architecture du système d'information (technique, fonctionnelle...) et la définition des référentiels d'exigences. Et une fois la mise en œuvre du chantier lancée, Togaf conseille de vérifier que le projet reste bien aligné sur les objectifs de l'entreprise.

 

togaf solutions dsi
Copie d'écran du site de l'Open Group représentant le cadre de conception Togaf © Open Group

"A chaque étape de la roue du Togaf, il est important que les deux profils, technique et métier, soient présents. Il est vrai qu'il n'est pas possible d'être totalement séquentiel. En fonction des phases, les uns peuvent être naturellement plus présents que les autres", commente Eric Boulay.

En cohérence avec cette logique, Air France a adopté un modèle de gouvernance inspiré de Togaf dans le cadre d'un projet d'architecture de services (SOA)  lancé en 2006. Objectif affiché : privilégier la collaboration, domaine métier par domaine métier, entre architecte métier et architecte SI, dans l'optique de mieux maîtriser les processus transverses.

"Ainsi, ces 'binômes' d'architectes peuvent faire émerger et maîtriser les collaborations entre domaines métiers et vers l'extérieur, des collaborations outillées et exposées grâce à l'approche SOA sous forme de services métiers normalisés et réutilisables", nous indiquait Jean-Baptiste Ceccaldi, directeur général de Vistali, société de services ayant épaulé Air France dans le projet (lire l'article du 15/07/2008 : SOA : Air France-KLM donne des ailes à son SI).

 

Autour du même sujet