Emmanuelle Pays (Steria) "Un tiers de nos recrutements est réalisé via la cooptation"

Compétences et salaires sous tension, perspectives de carrière, méthodes pour repérer les bons profils.... Le point sur le plan de recrutement de la SSII en 2011 qui vise 1 500 embauches.

JDN Solutions. Vous avez annoncé il y a quelques semaines vouloir réaliser 1500 embauches en 2011. Est-ce un chiffre historique et où en êtes-vous dans ce plan ?

Emmanuelle Pays. Je pense que nous allons dépasser cet objectif. Nous avons déjà recruté 800 personnes. Cela devrait représenter, sur l'année, plus de 500 créations nettes d'emploi. Les volumes étaient légèrement supérieurs en 2001 ou 2007, voire sur une partie de l'année 2008. 2011 s'inscrit cependant dans les mêmes tendances. A noter que nous avions recruté 1 000 personnes en 2010.

 

Quels sont les profils en tension ?

La pénurie de consultants SAP est endémique. Nous manquons également de profils spécialisés en Java, J2EE, C++, mais également, et c'est plus nouveau, des analystes d'exploitation et des ingénieurs de production. Steria a signé de gros contrats nécessitant ces deux profils, que nous recherchons activement.

Les analystes d'exploitation que nous recrutons sont des juniors ayant une formation technique de bac+2 ou 3. Ils pourront ensuite devenir ingénieurs de production, un profil que nous cherchons à embaucher et qui doit pouvoir bénéficier de 3 à 5 ans d'expérience dans l'analyse d'exploitation.

Les consultants avec une double compétence métier et technique ne sont pas non plus les profils les plus faciles à recruter. Trouver quelqu'un réunissant des compétences informatiques pointues ainsi qu'une maîtrise sectorielle, dans l'énergie par exemple, n'est pas toujours facile.


N'y a-t-il pas pléthore de candidats compétents en Java / J2EE ?

Certes, des écoles d'ingénieurs forment peut-être à ce langage, mais nous avons surtout une pénurie de profils justifiant de 3 à 5 ans d'expérience dans ce domaine. En outre, la France ne forme de toute façon pas assez d'ingénieurs. Il y a, de manière plus général, une désaffection pour la filière scientifique, ainsi que pour la filière informatique. Cela explique ces pénuries de profils.

 

Y a-t-il, au contraire, des profils en excédent ?

Nous ne rencontrons pas cette problématique. Si les technologies évoluent, il est toujours possible de se former à nouveau. Et si, par exemple, nous travaillons moins sur des projets autour des technologie de mainframe, nous continuons d'en avoir et donc, aussi à recruter des cobolistes. Les sociétés ne détruisent pas leur système d'information pour le convertir entièrement aux nouvelles technologies.

 

Les tensions qui peuvent exister sur le marché de l'emploi IT ont-elles fait flamber certaines prétentions salariales ?

 Il n'y a pas eu de fortes hausses des rémunérations ou de surenchères ; mais plutôt un tassement des salaires des cadres, et ce n'est d'ailleurs pas spécifique à l'informatique. 

 

"Un tiers de nos recrutements est réalisé via la cooptation"

Actionnez-vous des leviers de recrutements originaux : soirées poker, réseaux sociaux etc.

Il n'y a jamais eu de soirée de recrutement poker, salsa, ou autres, organisées par Steria. Nous considérons que le recrutement est une phase sérieuse. Y ajouter un côté ludique entame la crédibilité de la démarche, et les SSII, qui peuvent parfois souffrir de problèmes d'images, n'ont pas vraiment besoin, à mon sens, de donner des arguments à leurs détracteurs.

En revanche, chez Steria, un tiers de nos recrutements est réalisé via la cooptation qui est donc le premier canal de recrutement. Une prime de 1 500 euros est accordée à l'employé qui nous facilite ainsi le recrutement tout en garantissant une équipe ensuite soudée. Mais, la forte proportion de la cooptation est surtout une fierté, car cela traduit un état d'esprit positif des collaborateurs, qui apprécient travailler chez Steria et le recommandent à leurs proches. 

Quant aux réseaux sociaux, ils sont devenus des outils incontournables. Néanmoins, si l'on en parle beaucoup, cela ne génère pas directement la majorité des recrutements et des candidatures. Mais cela reste des outils très utiles pour l'image et la communication. Nous nous sommes positionnés sur Viadeo, LinkedIn, et sur Facebook, qui touche plutôt les jeunes diplômés. Nous avons par exemple lancé sur Facebook un concours permettant à un projet de solidarité d'obtenir la bourse de la Fondation Steria. Je rappelle que plus de 1000 collaborateurs bénévoles s'investissent sur des projets solidaires aux côtés de la Fondation.

 

A part le salaire, que peut proposer Steria pour séduire les profils recherchés ?

En plus d'un bonne mutuelle, et d'un CE actif, complémentaire au salaire, je rappelle que le capital de Steria est détenu à près de 20% par ses collaborateurs. C'est original dans le secteur, et donc un positionnement différent, fondé sur l'esprit entrepreneurial.

Il y a aussi un esprit et une culture Steria, qui se veut aussi responsable sur le domaine social. Par exemple, le nombre de travailleurs reconnus handicapés a ainsi doublé en trois ans.

Je souligne également que la promotion interne est l'une de nos priorités. A cet effet, nous avons d'ailleurs lancé diverses formations pointues.

Notre programme d'intégration, de 6 mois, a également été renforcé, avec de nombreuses formations, en présentielle ou d'e-learning, afin d'accueillir dans les meilleures conditions les salariés qui nous rejoindront lors de l'actuel campagne de recrutement.

 

 

 

Emmanuelle Pays est directrice du recrutement, de la diversité et du développement RH de Steria France depuis 2008. Emmanuelle Pays est entrée chez Steria France en 2001 en tant que responsable de l'emploi. Elle occupera ensuite les postes de responsable des ressources humaines, chef de projets RH, directeur des ressources humaines Global Delivery Unit.

Steria compte près de 20 000 collaborateurs, répartis dans 16 pays. Créé en 1969, Steria est présent en Europe, en Inde, en Afrique du Nord et en Asie du Sud-Est. Le groupe a réalisé un chiffre d'affaires de 1,69 milliard d'euros en 2010. Son capital est détenu à hauteur de 20% par ses collaborateurs. Steria, dont le siège social est basé à Paris, est coté sur Euronext Paris.

 


 

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