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LA TRIBUNE DE GILLES KUNTZ
L'AUTEUR
GILLES KUNTZMaître de conférences, Université de Grenoble 1 MEME THEME
Les programmes des ordinateurs de vote doivent être des logiciels libres
La notion de confiance est la base de la réussite du vote électronique. Risques d'erreur, de panne et de fraude... la sécurité des machines à voter actuelles doit être améliorée pour rendre toute fraude hautement improbable.
(23/04/2007)
L'avenir du vote électronique
Le vote électronique peut avoir un avenir s'il remplit plusieurs conditions. Les électeurs doivent avoir une confiance absolue que leur vote sera bien compté pour le candidat qu'il désire. Pour cela, les programmes des ordinateurs de vote doivent être des logiciels libres accessibles à tous, la sécurité des machines à voter doit être maximale pour rendre toute fraude hautement improbable, un recomptage depuis un support matériel vérifié par l'électeur au moment de son vote doit être prévu soit pour contrôler les résultats électroniques et permettre alors de confirmer les résultats électroniques données à titre provisoire, soit servant seulement de preuve en cas de contestation ultérieure. Une différence entre vote papier et vote électronique Avec le vote papier, l'électeur reçoit les bulletins de vote chez lui et peut, s'il le désire, préparer son vote avant de se rendre au bureau de vote. Par ailleurs, au moment du choix dans l'isoloir, l'électeur n'est pas mis sous pression par les autres électeurs qui attendent, car les isoloirs sont nombreux et il est rare que des queues se forment devant eux. Avec le vote électronique, par contre, la machine à voter engendre la file d'attente et des personnes peu à l'aise avec des ordinateurs peuvent voter et valider trop vite sans s'assurer d'avoir fait le choix désiré. Le risque d'erreur de manipulation n'est pas à négliger. Un autre inconvénient majeur est que l'électeur est dépossédé de son droit à dépouiller en public les votes et doit faire confiance à une machine dont il ne peut légitimement être assuré de sa fiabilité. Les risques sont là Il y a plusieurs risques d'erreur, de panne et de fraude avec les machines actuelles non connectées. Un programme informatique qui compte pour ces machines et la gestion de leur interface, des dizaines de milliers de lignes de code, ne peuvent être exempts d'erreur. Néanmoins, la vérification de ces programmes par un démonstrateur aurait pu éliminer la majorité des erreurs particulièrement dans les parties sensibles concernant le comptage des voix. Or, ceci n'a pas été possible par les bureaux de contrôle agréés par le ministère de l'Intérieur puisque le cahier des charges des machines à voter ne demandait pas la livraison des spécifications formelles des programmes sources qui seuls étaient demandés. La délivrance de ces données et la publication du code sous forme de logiciel libre aurait pu améliorer la qualité de ces programmes. Un autre risque est la confidentialité des votes. Certaines machines émettent des radiations qui peuvent être captées même depuis l'extérieur du bureau de vote ; plus grave, pour des raisons de sécurité, les machines ne sont cachées à la vue que par des joues latérales et la tentation est grande pour quelqu'un de venir aider l'électeur en difficulté. Enfin, pendant le stockage des machines, qui peut durer des années entre deux élections, un fraudeur peut introduire un autre programme pour échanger des votes entre candidats le jour du scrutin. Sans trace matérielle pour recomptage, cette fraude qui pourrait être décelée par comparaison des programmes a posteriori ne pourra être corrigée et les résultats de la machine seront invalidés pour le bureau de vote complet. Pour maîtriser ce risque, il faut concevoir des protections inviolables pour ces machines et non pas de simples clés vendues sur Internet ou des mots de passe à trois caractères comme aujourd'hui... Des avantages aux machines de votes ? Un avantage commercial certain pour les sociétés qui se partagent un marché prometteur et proposent des machine bien trop chères (environ 5.000 euros pièce). L'avantage de délivrer les résultats dans les minutes de la fermeture du bureau de vote n'est pas déterminant, car tous les bureaux de vote ne seront pas équipés avant des dizaines d'années et il faudra encore attendre des heures pour avoir les résultats nationaux. L'économie de personnel municipal n'est pas évidente, car les tâches de secrétariat qui leur incombent souvent resteront à exécuter. Le dépouillement est souvent un lieu de rencontre des militants des différents candidats et il n'est pas difficile de trouver des scrutateurs bénévoles. Pour le reste du processus dans la journée, les tâches du bureau ne sont pas vraiment allégées et il s'y ajoute un risque potentiel de panne, difficile à gérer avec quelques machines en réserve seulement pour une ville. Je ne crois donc pas à la diffusion de ces machines telles quelles sont conçues aujourd'hui. Gilles Kuntz Docteur en informatique spécialisé en multimédia Maître de conférences à l'Université de Grenoble 1 Maire-adjoint à Grenoble depuis 2001 et donc président de bureau de vote à chaque élection
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Je nourris quelques doutes sur ces machines de vote
(Marie-Christine Collas)Vous avez raison. Informaticienne moi aussi, et scrutateur régulière, je nourris quelques doutes sur ces machines sur le point suivant: comment concilier anonymat et antifraude ? Pour qu'un électeur ne vote pas plus qu'une fois, il faut qu'il entre une clé ou un mot de passe unique, toutes sortes de choses qui finalement peuvent l'identifier. Du coup l'anonymat n'est pas garanti. Je ne sais pas comment fonctionne ces machines. (24/04/2007)
Laissez voter les p'tits papiers!
(Marc)Le vote doit être compris de tous.
Dimanche dernier, j'ai aidé au décompte (manuel) des votes; mes enfants (8 et 11 ans) ont assisté au dépouillement et ont compris le fonctionnement, vu les fiches d'émargement, le rôle de chacun. Bien qu'étant ingénieur informaticien j'aurai de mal à faire de même devant une boite noire.
Le décompte manuel est source de lien social: émouvante la jeune fille votant pour la 1ere fois et venant nous aider à compter. (24/04/2007)
Rester au format papier
(Grrummfy)Pour ce qui est des élections, je dirais que cela dépend des pays. On peut tout aussi bien faire la file avec le système papier. En Belgique, par exemple, on en reçoit pas à l'avance sont bulletin mais juste avant de rentrer dans l'urne!
Mais cela dit il est clair, qu'un système tel que les élections est pour moi, encore un système qui doit se faire via un format papier.
Pour en revenir à l'article, tout logiciel de sécurité, devrait être libre. (24/04/2007)
Les programmes des ordinateurs de vote doivent être des logiciels libres
(Un simple citoyen)Une urne transparente ne s'use pas, ne se démode pas et ne demande pas remise à jour. Les machines à voter,elles, ne seront pas toutes du même modèle, ni du même contructeur. (24/04/2007)
Stockage des machines à voter
(Un simple citoyen)On ne peut pas garantir l'intégrité de 50.000 machines à voter stockées pendant des années. Sur les 50.000, plusieurs dizaines dispaîtront pendant ce laps de temps sans justifications (vols, sinistres divers)... (24/04/2007)
Le bureau de vote est un lieu de rencontre
(dominique)Je ne sais pas ce qu'est un logiciel libre et n'ai aucune confiance dans les machines à voter, la fraude est trop facile, il suffit de connaître un peu l'informatique. De plus je vote depuis 40 ans et mettre mon bulletin dans une enveloppe puis dans l'urne est un geste bien plus significatif que d'appuyer sur un bouton.
le bureau de vote est un lieu de rencontre, aussi bien au moment du vote que lors du dépouillement. scrutatrice depuis des années. (24/04/2007)
Ceux qui s'y connaissent n'en veulent pas
(Bernard VACHÉ)Je constate que la confiance des individus dans les machines à voter est inversement proportionnelle à leurs compétences informatiques : tous les informaticiens amateurs ou professionnels que je connais sont contre. Beaucoup plus que les personnes agées qui ont du mal à les utiliser. (25/04/2007)