Quel modèle d’entreprise pour l’Assurance de demain ?

Si les assureurs français veulent asseoir leur développement à long terme, ils doivent repenser leur modèle d'entreprise et leur approche technologique. Notre vision : identifier les invariants du métier et en déduire une fondation unique sur laquelle baser les applications métier.

Confrontés à la crise, aux changements de comportements des consommateurs et à un environnement réglementaire en constante évolution, le secteur de l’assurance doit aujourd’hui se transformer de manière profonde, durable et rapide, afin de gagner en maîtrise opérationnelle et en agilité commerciale.

En effet, les assureurs sont confrontés à de nouveaux enjeux qu'ils peuvent difficilement relever : réduire le "time to market", évoluer vers les services, gérer le multicanal en particulier l'Internet, développer les synergies nationales et internationales... Si les assureurs français veulent asseoir leur développement à long terme, ils doivent désormais repenser en profondeur leur modèle d'entreprise et leur approche technologique afin d'évoluer beaucoup plus vite qu'ils ne l'ont fait dans le passé. Mettre le système d'information au service de l'évolution des besoins "métier", sans se contenter de le subir et initier une nouvelle gouvernance technologique : voilà l'équation à résoudre pour croître durablement !
 
Passons en revue ces nouveaux enjeux "métier" et confrontons-les à l'organisation actuelle des assureurs !  

- L'offre
 : les nouveaux besoins des clients nécessitent de mettre en place des offres multi-branches (Santé, Prévoyance, Vie) et de lancer de nouveaux produits rapidement afin de résister à la conquête de parts de marchés des concurrents (bancassureurs et autres distributeurs).
- La distribution : La multiplication des canaux, en particulier Internet, ainsi qu'une organisation en silo "métier" (IARD, Vie, Santé), complexifient les opérations courantes et empêchent une vision unique et consolidée du client.  
- L'organisation
 : les opérations de fusion et les partenariats de distribution et de gestion se multiplient ; dans les faits, la mutualisation des moyens se révèle complexe et lourde.
- La règlementation : des nouvelles exigences réglementaires comme Solvabilité II nécessitent de repenser totalement le pilotage et le suivi des risques, en termes de stratégie, de méthode et d'outils.  Ces nouveaux challenges imposent donc aux assureurs de construire un nouveau modèle d'entreprise qui mise résolument sur l'évolutivité et l'agilité.
 
Evolutivité et agilité, ces enjeux peuvent ils être relevés par l'approche technologique actuelle des assureurs ? Loin de là, car les assureurs disposent aujourd'hui d'un système d'information hétérogène où les solutions "best of bread" se multiplient par branche, marché, pays, voire par "processus" (gestion des sinistres, des contrats). Fruit d'une logique "à court terme" et de choix isolés, cet assemblage hétéroclite engendre des coûts informatiques élevés consacrés à l'interopérabilité des solutions, au détriment des fonctionnalités "métier". A cela s'ajoute une diversité d'usage selon l'ergonomie et la navigation des solutions, pour les clients et les collaborateurs, qui empêche la polyvalence et la productivité. De plus, les transactions sur Internet et la vision unifiée du client ont nécessité l'implémentation de nouvelles solutions pour uniformiser la complexité des systèmes existants. Situation paradoxale par excellence, les assureurs multiplient les solutions logicielles pour disposer d'une vision simplifiée de leur système !
 
Notre vision : identifier les invariants du métier de l'assurance (concepts et mécanismes identiques entre branches IARD, Vie, Santé et Prévoyance et entre marchés individuel et collectif) et en  déduire une fondation unique sur laquelle sont basées toutes les applications métier. Une même fondation peut regrouper 80% des entités métier, des processus et des fonctionnalités transverses nécessaires au métier de l'assureur. Elle assure l'uniformité d'usage, la cohérence et la simplification du système, tout en supprimant les mécanismes d'échanges entre les solutions. Cette simplification garantit productivité et réactivité.  La mise en place de la fondation doit se faire progressivement et respecter une vision d'ensemble pour gérer à terme toutes les facettes du métier de l'assureur.
 
Pour finir, nous pensons que cette nouvelle gouvernance technologique doit être portée par la Direction Générale puisque cela impacte l'ensemble des métiers et des collaborateurs de l'entreprise et nécessite un engagement de long terme. A nos yeux, la meilleure démarche pour initier ce type de projet repose sur le choix d'une fondation auprès d'un éditeur de logiciel pourvu qu'il accepte de véritablement transférer les compétences. Il est impératif que les équipes de l'assureur assurent le "bon usage" de la fondation, tant sur les aspects "métier" que techniques.  Ainsi, la mise en place de fondation peut être vécue comme une formidable opportunité de transformation de la culture technologique au sein de l'assureur.
 
Quelques précurseurs dans l'assurance ont bien entendu initié ce chantier de mise en place d'une fondation.  Un acteur de premier plan vient ainsi de s'engager dans cette démarche pour plusieurs de ses filiales ; il en va de même pour des acteurs de la Protection Sociale qui ont fait ce choix pour l'ensemble de leurs marchés et métiers. Ces quelques exemples innovants renforcent notre conviction sur l'intérêt et la faisabilité d'une telle approche. Et qu'elle a un rôle prépondérant à jouer dans la construction et le développement de l'Assurance française de demain !
 
 
Cette tribune s'inspire du livre blanc "Quel modèle d'entreprise pour l'Assurance de demain", téléchargeable gratuitement, sur simple enregistrement, sur le site : www.ceisar.fr

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