Industrialisation de la mobilité : quand la maturité accompagne l’agilité

La mobilité en entreprise entre dans une nouvelle ère. Après une phase nécessaire d’appropriation, puis de foisonnement, le temps de la rationalisation est arrivé !

Les grandes DSI sont désormais en charge de veiller sur un patrimoine applicatif mobile hétérogène et complexe. Des applications rapidement adoptées par les clients et les employés pour certaines  ou au contraire fortement sous utilisées pour d’autres.

La cartographie de l’existant montre vite la nécessité d’agir : un groupe international,  d’un peu moins d’un milliard d’euros de chiffre d’affaires a établi que plus de 70 applications avaient été développées en 3 ans par différentes entités avec une vingtaine d’autres en cours de réalisation. Avec un réel succès et une pression toujours plus forte  pour accélérer la mise à disposition de futures applications ! Hors de question cependant de bloquer le système : la mobilité est stratégique pour un groupe dont l’objectif est d’attirer les meilleurs candidats et de fidéliser des clients exigeants. Il s’agit donc de canaliser cette belle énergie !

Nous parlerons donc d’un phénomène d’industrialisation plutôt que de rationalisation.

La réponse pour les DSI consiste à se doter d’une usine à produire et à entretenir des applications mobiles : une « mobile factory ». L’objectif ? Mettre en œuvre une suite de pratiques, de systèmes et de compétences qui permettent à la DSI de fournir aux métiers des applications mobiles de qualité, dans des délais courts. Cette démarche garantit leur fonctionnement dans la durée sur plusieurs OS et le nombre le plus large possible de terminaux, le contrôle de la sécurité du système, avec l’assurance de la mise en place de back-office simples et disponibles et de leur distribution en externe et en interne.

La DSI peut désormais s’appuyer sur des suites logicielles complètes pour les accompagner dans cette tâche : les produits Worklight d’IBM, les solutions autour de PhoneGap d’Adobe, la suite bâtie autour d’Afaria par SAP…

Ces solutions sont désormais connues sous l’acronyme non encore francisé de MEAP : Mobile Entreprise Application Plateform. L’institut IDC estime que le marché des MEAP au niveau global croitra de 26% par an pour atteindre 3 milliards de dollars en 2015.

L’externalisation complète des « mobile factory » est souvent la solution retenue dans le but d’accélérer la reprise en main et le développement de ce parc applicatif mobile. L’Inde est par essence le pays de préférence pour constituer de telles équipes. Autour des centres de compétences mobiles des grands éditeurs d’OS mobile (Microsoft, Google et Apple …) se sont agrégés les centres de production des plus grandes sociétés de service informatique.

Les grandes composantes d’une Mobile Factory

Une Mobile Factory efficace comportera a minima :

  • Des outils de travail collaboratif et de prototypage rapide pour permettre une conception validée conjointement par la mobile factory et le métier où qu’il soit dans le monde. L’expérience utilisateur est le premier facteur clef de succès d’une solution mobile !
  • Des environnements de développement applicatifs, soit pour chaque OS ou famille d’OS, soit en mettant en œuvre les solutions de développement cross-plateformes des éditeurs. Le débat « développement natif » contre « développement cross-plateforme » n’est pas prêt de s’éteindre.
  • Des terminaux pour les tests unitaires des développeurs : smartphones et tablettes identifiés comme ayant un comportement « standard » au sein d’une famille plus vastes de terminaux et représentatifs des tailles d’écrans cibles.
  • Un atelier de test mobile : émulateurs, outillage de test automatisé, batteries de terminaux fréquemment renouvelés, contrat de location de terminaux en réseau, serveurs de stress émulant des réseaux mobiles dégradés…
  1. Les outils de déploiement des applications soit :
  • Auprès du public (compte éditeur maitrisé et surveillé sur les app stores publics),
  • Outillage de déploiement sélectif en entreprise (logiciels de Mobile Application Management).
Les outils d’analyse de l’usage et des comportements des mobinautes : analytics mobile
  • Les méthodes, les outils de sécurisation et de contrôle des applications connectées au SI,
  • Un usage systématique du Cloud pour déployer rapidement les solutions.

Une Mobile Factory efficiente au service des grands enjeux métiers contribuera directement à l’amélioration de la relation client ou des processus internes en maitrisant les coûts, les délais, la qualité et les risques inhérents à la mobilité. Loin d’être un frein à l’innovation, l’industrialisation de la mobilité est une étape de maturité indispensable pour l’entreprise digitale.

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