La virtualisation implique-elle une réduction des coûts du SI ?

Cette question a longtemps été le vecteur de développement de ce type d’architecture dans les services informatique et plus particulièrement dans les sociétés de taille moyenne où il est souvent plus difficile de vendre la valeur du SI.

En effet, on a rapidement mis en avant le gain réalisé par l’utilisation des ressources matérielles ; mémoire (un peu) et CPU (beaucoup) perdues sur les différents serveurs cascadés pour justifier ce type de projet.
La mutualisation des ressources au sein d’une entité est ainsi censée réduire ces coûts, aujourd’hui stratégiques pour tout bon directeur informatique qui se respecte. Pour autant, cette économie est-elle avérée ?
On dispose aujourd’hui d’un vrai recul pour analyser ce phénomène depuis l’arrivée de solutions spécifiques depuis le milieu des années 2000 et le gain économique associé n’est pas simple à quantifier et ce pour plusieurs raisons :
  • Ces solutions de virtualisation ont un coût; d’acquisition des solutions logicielles, de maintenance associé, d’installation de ces outils.
  • Ces solutions de virtualisation nécessitent des infrastructures plus riches ; besoins de serveurs d’entreprise (machines performantes, sécurisées et évolutives), incitation à évoluer vers du stockage centralisé plus souple, plus performant mais aussi plus sécurisé.
  • Les architectures virtualisées nécessitent plus de compétence pour les maintenir en condition opérationnelle  avec des techniciens disposant d’un niveau d’expertise plus avancé.
  • Les architectures virtualisées invitent à la consommation de ressources supplémentaires; Multiplication des VM (serveurs virtualisés) dédiés à des fonctions de développement, qualification, pré-production…
Alors pourquoi la virtualisation des serveurs a-t-elle eu autant de succès au cours de ces 5 dernières années ?
Certainement parce que le gain induit, même s’il n’est pas marqué sur les couts d’investissement (CAPEX), est bien réel ! La vérité serait donc ailleurs… Les gains pour les sociétés utilisatrices se retrouvent aussi et surtout dans des domaines beaucoup plus fonctionnels, opérationnels et OPEX :
  • Grâce à la virtualisation, un meilleur maintien en condition opérationnelle est assuré par le service informatique auprès des utilisateurs. Fonctionnalités de haute disponibilité, de déplacement à chaud des machines virtuelles d’un serveur ou d’un stockage vers un autre,
  • Grâce à la virtualisation, les administrateurs peuvent se libérer du temps pour des tâches et des projets à plus forte valeur ajoutée. Déploiement de plateforme simplifié et plus rapide, diagnostic assisté des problèmes,  opérations de maintenance facilité, sauvegarde et restauration plus simple et plus évoluée par rapport aux méthodes traditionnelles (avec agent).
  • Grâce à la virtualisation, une meilleure maîtrise des ressources affectées est possible. Utilisation de la surallocation de ressources CPU, mémoire, réseau et stockage via le Thin-Provisionning, la gestion dynamique de la mémoire, la mutualisation des cœurs-CPU et la virtualisation du réseau.
  • La virtualisation offre une meilleure sécurité pour les systèmes gérés ; Réduction des SPOFs (Single Points Of Failure) au niveau de l’architecture physique, extension des fonctions de Haute Disponibilité sur l’ensemble des serveurs virtuels, cloisonnement des applications sur des serveurs virtuels dédiés.
  • Sur la partie OPEX, des bénéfices indirects dus à la diminution des serveurs physiques concernent la réduction des coûts de maintenance, électriques, de refroidissement et d'hébergement.
Une fois les bénéfices de ce type de projet mis en avant, il est possible d’identifier d’autres vecteurs d’économie.
Tout d’abord, il faut savoir que toutes les versions des logiciels de virtualisation disponibles ne sont pas onéreuses. Il est ainsi possible d’installer un hyperviseur (OS de virtualisation) de base mais fiable pour un coût licence égal à 0 ! Il existe ensuite toutes sortes de licences avec fonctionnalités plus ou moins avancées à coût variable.
La montée en puissance des serveurs x86 permet également d’augmenter considérablement les ratios de consolidation et il n’est plus rare aujourd’hui de voir un nombre de machines virtuelles par serveur physique proche de 100. Sachant qu’une simple licence Windows DataCenter représentant le prix de 4 à 5 licences Windows Server permet de couvrir le besoin en licence de l’ensemble des machines virtualisées sur un serveur disposant de 2 sockets CPU (ce n’est pas si courant de faire des économies sur le poste Microsoft…).
Cette analyse plutôt orientée serveur est également applicable sur certains points pour l’aspect « End User Computing » notamment avec le VDI (Virtual Desktop Infrastructure) même si les logiques de licence (essentiellement Microsoft) sont sensiblement différentes.
Quoiqu’il en soit, il est clair que la virtualisation contribue pour beaucoup à la  réduction des couts du SI.
La question qu’il faut se poser maintenant est : quels autres moyens sont mis à disposition pour continuer dans cette direction ?
Alors si vous considérez un projet de virtualisation, n’oubliez pas le point ce point essentiel : le calcul du ROI.

Autour du même sujet