Pas de carte, pas de projet...

Cartes en ligne, mashups, interfaces cartographiques... autant d'outils permettant aux porteurs de projet de communiquer et de partager leurs idées

Depuis le lancement de Google Maps, l’industrie du Web est entrée en effervescence autour des cartes en ligne et des globes virtuels qui vont constituer, c’est certain, une véritable innovation dans notre rapport au monde réel et surtout virtuel.

Notre étude récente sur le sujet (1) a été pour nous très rafraîchissante, car dans le monde très "marketé" de l’informatique qui annonce sans cesse une nouvelle révolution, l’irruption de la carte dans la dynamique de la structuration-présentation de l’information - qui ne peut décemment pas être présentée comme une nouveauté - met néanmoins le feu aux poudres. La déflagration s’annonce époustouflante !

"La carte donne du sens, de la connaissance, de l’émotion, des repères et soutient notre imaginaire"

La carte donne du sens, de la connaissance, de l’émotion, des repères, et soutient notre imaginaire. Bref, elle change profondément notre rapport au monde, surtout lorsqu’il est virtuel, immatériel. Cette évidence est telle que personne n’ose parler de révolution ou d’innovation, et pourtant... On fera même bientôt comme si cela avait toujours existé !

Or, du point de vue de la "navigation", notamment dans le cyber-espace, pouvoir représenter le monde graphiquement, y placer des objets et des concepts dans des positions relatives, les uns par rapport aux autres, permet d’échanger, de communiquer et surtout de développer un imaginaire, donc de former des projets.

Comme le dit Daniel Kaplan (Délégué Général FING - Fondation Internet Nouvelle Génération) : "on vit dans la carte ; on l'enrichit ; on la partage ; on la clique ; on la tisse avec le territoire sensible ; on la déforme pour imaginer et débattre d'avenirs possibles..." (1)

"Naviguer sans recourir à des interfaces cartographiques, en se contentant d’un moteur de recherche, risque d’apparaître bientôt comme l’âge sombre"

Le développement économique, social et culturel réclame des projets. Or, se projeter a toujours été plus facile à partir d’une carte, indépendamment de sa fidélité à la "réalité" d’ailleurs.

L’histoire de la découverte de l’Amérique reste aujourd’hui encore très mystérieuse. Christophe Colomb cherchait-il vraiment la route des Indes ? Rien n’est moins sûr ! A-t-il vraiment découvert un continent pas hasard ? Le roi et la reine d’Espagne cherchaient-ils seulement la route des Indes, eux aussi ? Pourquoi alors tant d’âpres discussions sur les privilèges qui reviendraient à Colomb en cas de découverte de nouvelles terres ?

Les discussions autour des cartes éveillent les imaginaires et dopent les projets, c’est un fait ! Les histoires d’île au trésor qui ne sont étayées par aucune carte n’intéressent personne. Nous avons besoin de cartes (vraies ou fausses) pour nous raconter des histoires, pour nous projeter.

"Naviguer" sans recourir à des interfaces cartographiques, en se contentant d’un moteur de recherche, risque d’apparaître bientôt comme l’âge sombre, la préhistoire de l’exploration du cyber-espace…

Les cartes du monde - réel et virtuel

En se servant des API de Google, des petits malins on fait émerger les "mashups" qui permettent de faire ces mélanges entre les cartes et d’autres applications.

Comme l’explique Sandrine Murcia, de Google, "chacun peut s'approprier les cartes Google et les mixer avec des informations de proximité. La diffusion d'informations géographiques devient possible dans le cadre d'une famille, d'une communauté restreinte ou sur Internet"(1).

D’autres se servent d’outils pour représenter ce qu’ils ont dans la tête (afin de le partager ?). A cet égard, un blog qui ne manque pas d’humour leur est consacré : http://www.serialmapper.com

Bref, puisque les cartes prolifèrent… l’histoire peut donc commencer et les projets aussi !

(1) voir l’étude documental consacrée aux cartes ce mois sur www.documental.com

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