L’initiative Google AMP ne concerne pas que les sites médias !

Au-delà d'une nouvelle techno au service des éditeurs, l'initiative Google AMP annonce le début d'un nouvel opus du web.

Lorsque Sir Tim Berners Lee (avec quelques autres) a créé le langage HTML avec pour ambition l’universalité du web, il n’avait sans doute pas envisagé que ce code ne serait pas complètement adapté aux devices mobiles.

 

L’enjeu mobile est devenu primordial, avec des smartphones devenant progressivement la porte principale d’accès au web. Les déclamations ‘Mobile First’ furent alors légions au sein des directions des marques en 2015.

 

Pour mieux répondre aux nouveaux enjeux de la mobilité d’une part, et pour saisir pleinement les opportunités du marketing mobile d’autre part, les annonceurs et les médias ont progressivement adapté (non sans douleur) leurs sites classiques. Une fois la bascule opérée, le constat côté client a été cinglant : le web mobile est lent, insatisfaisant en 3, 4 ou 5G demain.

 

Bad, bad experience : la faute à qui ?

Les sites ne sont pas construits pour mobile. Ou plutôt : le poids du code html nécessaire doit être revisité et réduit pour assurer un temps de chargement et d’affichage adapté aux nouveaux usages du mobile. Au-delà de 3 secondes d’attente, vous avez perdu 50% de vos visiteurs, quelle que soit la pertinence du contenu…

 

The web faster : faire évoluer l’html sur mobile ?

A partir de ce constat, les principaux GAFA proposent chacun au sein de leurs écosystèmes des solutions qui servent leurs ambitions. Ainsi si vous êtes médias, Facebook propose déjà Instant Articles et Apple son service Apple News en hébergeant les contenus. Ces 2 services propriétaires permettent un affichage accéléré, avec une mise en avant préférentielle.

 

Les formats propriétaires menacent les grands fondements du réseau des réseaux : la liberté, la gratuité et l'ouverture. No way !

L’évolution de l’HTML vers le mobile doit rester un projet Open Source. C’est pourquoi l’initiative Google Accelerated Mobile Pages semble la réponse la plus cohérente avec l’esprit.  Sans rentrer dans le détail des guidelines techniques et du CDN offert par Google, il faut simplement retenir qu’une page AMP est quatre fois plus rapide et consomme 10 fois moins de données qu’une page HTML classique. Instantanée pour les visiteurs et moins consommatrice de ressources, l’expérience est vraiment bluffante !

 

Le projet rassemble, et son déploiement est en cours

C’est donc naturellement que le projet AMP fédère des centaines d’acteurs médias et de partenaires techniques (dixit Richard Gingras, évangéliste en chef du projet chez Google). Ce projet ouvert qui garantit l’absence de main mise d’un acteur sur les autres a ainsi permis de regrouper des marques clés comme Twitter, Linkedin, Pinterest ainsi que des solutions d’éditions type WordPress ou Adobe.
Les communautés se penchent sur le projet Open Source et, là où hier encore, les tags de webanalyse ne fonctionnaient pas, le web avance et trouve les solutions aujourd’hui. Tout cela est en train de se structurer, et l’AMP est encore un « work-in-progress ».

 

Un nouveau projet philanthropique pour Google ?

Un monde plus ouvert, et favoriser la diffusion de la connaissance sont depuis longtemps des éléments de communication forts de la marque de Mountain View. Mais au-delà, une des finalités de l'AMP reste de lutter contre la montée des ad blocks sur mobile, qui présente un risque objectif pour les régies publicitaires (et notamment Google) et une énorme menace pour les éditeurs en ligne. Google est donc associé avec des partenaires pour résoudre ce problème efficacement. Business as usual !

 

Un projet seulement pour les sites éditeurs ?

Si plusieurs médias ont déjà mis en place la bascule, c’est parce que le deal proposé par Google est très alléchant. En échange de la mise en place de l’AMP, Google propose une remontée dans un carrousel de news favorisant ainsi une meilleure visibilité et plus d’audience (et de publicité sans blocage). Les sirènes du ranking, il n’en fallait pas plus pour convaincre ! Mais le projet Google AMP ambitionne un plus large écosystème. Et selon les propos de Richard Gingras, il n’y a rien qui limite l’emploi de cette nouvelle technologie open source. Tout est donc dit sur les objectifs business de Google sur les annonceurs e-commerce.

 

L’AMP au service du e-commerce ?

La technologie est pour le moment axée sur la visualisation de contenu, et non sur du transactionnel. Ce qui signifie que de nombreuses fonctionnalités essentielles (formulaires, boutons) ne peuvent pas être exploitées. Toutefois, il y a fort à parier que les enjeux liés à la rapidité mobile amènent Google (surtout) et la communauté à proposer des solutions AMP rapidement compatibles avec un plus large écosystème, intégrant notamment le e-commerce.

 

Faut-il inclure l’AMP dans le Roadmap ?

Vous venez juste de passer à un site mobile et vous imaginez ne pas être concerné ? Vous n’êtes pas un site éditeur et vous avez déjà des plannings très chargés ? Votre plan e-marketing est déjà lancé ? Une fois de plus, une étude s’impose pour mesurer l’impact sur son marché avant d’agir. Mais AMP est bien davantage qu’une simple tendance mobile. C’est un nouvel opus du web qui débute !

 

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