L’innovation appliquée, l’antidote contre le Darwinism Digital

Pour rester dans la course au digital, les acteurs traditionnels doivent revoir leur façon d’appréhender l’innovation en adoptant de nouvelles méthodes.

Le digital a considérablement accéléré le rythme et libéré le potentiel de l’innovation. L’apparition d’une multitude d’acteurs, qui n’existaient pas il y a encore dix ans, a profondément bouleversé l’ensemble des secteurs économiques. Nous pouvons bien sûr citer Uber pour les transports, Airbnb pour les voyages, Tesla pour le secteur automobile, Amazon et Alibaba pour la distribution, ou encore Netflix pour le divertissement.

Les start-ups et les centres d’innovation sont devenus ces dernières années les deux piliers de l’innovation et de la disruption. Ces organisations se sont multipliées à une vitesse fulgurante, notamment à Berlin, Londres, Paris, Tel Aviv, Sao Paulo et Bangalore. Mais d’après de récentes études, c’est en Asie-Pacifique que le phénomène est le plus significatif.

Cette tendance a naturellement eu de sérieuses répercussions sur les acteurs traditionnels. En effet, depuis l'an 2000, 52% des entreprises du classement Fortune 500 ont disparu ou ont fait faillite. Dans le cadre de nos études, nous avons constaté que les entreprises peinent à comprendre et à s’adapter à ces mutations technologiques. Nous faisons un constat sans appel : le modèle actuel de R&D est obsolète.

Pour rester dans la course, les acteurs traditionnels doivent en conséquence revoir leur façon d’appréhender l’innovation en adoptant de nouvelles méthodes.

Il faut désormais procéder en 3 étapes pour parvenir à ce que l’on nomme l’innovation appliquée :

1. La découverte. Afin de trouver une idée disruptive, l’entreprise doit faire de l’exploration. Elle peut faire appel à des start-up ou développer des partenariats avec des universités locales.

2. L’application. Une fois l’idée identifiée, l’entreprise doit s’assurer que le concept est réalisable.

3. Le passage à l’échelle. L’entreprise, son mode de fonctionnement et ses collaborateurs doivent s’adapter voire se transformer pour que ce nouveau concept se développe de façon optimale. Des programmes de conduites du changement sont souvent nécessaires pour y parvenir, afin de lever les freins émotionnels, culturels ou psychologiques qui ne manquent pas d’émerger en de telles circonstances.

L’innovation appliquée est un véritable cercle vertueux. Mais seule une minorité d’acteurs est en mesure d’appliquer cette méthode. Il s’agit en effet d’une démarche complexe car elle nécessite une haute expertise et l’accès à certaines ressources. Par exemple, être en contact avec des start-up ou des institutions académiques est indispensable. De plus, il faut avoir suffisamment de marge de manœuvre sur le plan financier, technique et RH pour pouvoir tester des technologies émergentes.

Car bien sûr, les nouvelles technologies à elles seules ne suffisent pas pour être innovant. La connaissance métier, un écosystème de partenaires éprouvé et un état d’esprit adapté jouent un rôle essentiel. L’innovation appliquée va impacter directement les modèles métier de l’industriel. Bien appliquée, elle permet à l’entreprise de garder une longueur d’avance sur ses concurrents, d’assurer sa viabilité et in fine de récolter les fruits de la disruption.

Note sur le Darwinisme Digital = Brian Solis, analyste chez Altimeter, est le premier à avoir utilisé la métaphore du Darwinism Digital pour désigner la difficulté des entreprises à s’adapter aux technologies et à l’évolution de la société

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