La souscription et l’innovation continue

Une nouvelle génération d’éditeurs d'application a développé une organisation spécifique afin d’être en mesure d’offrir continuellement des évolutions. Et la souscription est un moyen de financer une politique d’innovation continue.

Avec le succès du Cloud et des modèles « à la demande » (Software as a Service) d’une part, et la montée en puissance de l’économie de la souscription d’autre part, il apparaît que les offres logicielles proposées sous la forme d’un abonnement deviennent le nouveau standard. En réalité, déjà en 2015, Gartner estimait que d’ici 2020, 80% des éditeurs adopteront un modèle de souscription. Cette évolution dans le mode de consommation du logiciel par les entreprises a souvent été présentée comme le reflet d’une demande de flexibilité des utilisateurs. En effet, les entreprises ne sont plus disposées à dépenser une somme initiale très importante pour s‘équiper. Elles veulent privilégier la variabilité de leur dépense en fonction de l’usage et s’assurer de la valeur qu’elles tirent de leurs logiciels avant de s’engager sur le long terme. Mais alors que les business models adoptent la souscription, si le rythme des évolutions techniques n’évolue pas, il manque une roue au carrosse ; une roue essentielle. 

La souscription : au-delà du coût, l’innovation au plus près du marché

Oublions pour un moment le mode de facturation du logiciel et intéressons-nous à un autre aspect essentiel : la valeur qu’il fournit à son utilisateur. C’est là que se situe le véritable enjeu : la capacité à proposer aux utilisateurs des mises à jour à fréquence rapprochée (au plus près de la réalité des innovations technologiques et des demandes clients) devient le moyen de différencier deux offres commerciales d’abonnement. 


Un mode de licence perpétuelle autorise également l’évolution d’un logiciel. Cependant, le rythme des évolutions et leur fréquence de mise à disposition aux utilisateurs est sans comparaison possible avec l’agilité et l’innovation permanentes que proposent les acteurs nés dans le monde de l’abonnement. Cela n’est pas lié au mode de commercialisation de leur logiciel, mais à l’organisation intrinsèque de l’éditeur et sa capacité à instaurer un cycle continu d’innovation et de transfert de cette innovation à ses clients. 


Big Data et Cloud : l’innovation continue est le modèle

L’univers des Big Data et du Cloud sont une illustration criante du besoin d’innovation continue. Le délai d’obsolescence particulièrement court de ces technologies impose un rythme d’adaptation inédit aux utilisateurs. Les plateformes que les clients adoptent aujourd'hui peuvent devenir obsolètes en quelques mois seulement (Spark a remplacé MapReduce en un temps record, Spark 2.0 est une nouvelle rupture par rapport à Spark 1.6). Il est essentiel que les éditeurs de logiciels d’intégration, de traitement ou d’exploitation de ces volumes massifs de données se positionnent au plus près du marché, ce qui signifie se conformer aux principaux standards, comme Hadoop, Spark, BEAM et de s’aligner avec les communautés souvent open source, qui les définissent. De manière pratique, il s’agit de travailler par avance sur la roadmap produit de ces technologies innovantes pour l’adapter à ses propres produits. Ceci permet de préparer en amont l’intégration de nouvelles fonctionnalités, afin d’en faire profiter les utilisateurs finaux dès que les plateformes les mettent en production.  


Si l’open source, reposant sur l’ouverture technologique, la communauté et la collaboration entre différents partenaires, est particulièrement bien adapté à ce modèle, il n’y a pas de secret : la nouvelle génération d’éditeurs a développé une organisation spécifique afin d’être en mesure d’offrir continuellement des évolutions. Et la souscription est un moyen de financer une politique d’innovation continue. Dans l’ancien modèle - avec une solution logicielle dite « propriétaire » sous format de licence perpétuelle – il faut attendre de 18 à 24 mois avant de bénéficier de nouvelles fonctionnalités. Au rythme des avancées du machine learning, de l’IoT, des capacités d’analyse de données en temps réel et en streaming, le modèle qui consiste à livrer des nouvelles versions tous les 18 mois n’est tout simplement pas viable pour l’utilisateur. 


Favoriser l’émergence de nouveaux usages de la donnée

Les solutions modernes d’intégration des big data et du cloud doivent se placer à l’avant-garde des innovations technologiques, non seulement pour répondre aux différents enjeux en constante évolutions des clients (innovation, pérennité, agilité et économies d’échelle), mais surtout pour favoriser l’émergence de nouveaux usages de la donnée (streaming, temps-réel et self-service, eux-mêmes vecteurs de compétitivité).  


Le rythme d’obsolescence des plateformes est effréné. Dans le passé, un choix technologique pouvait perdurer des années, sans risque de désuétude (par exemple SQL). Aujourd’hui, l’obsolescence d’une technologie intervient beaucoup plus rapidement. En cause, la compétition entre les entreprises qui exploitent leur transformation numérique comme un levier stratégique de leur performance et leur compétitivité. Conséquence : les utilisateurs de ces technologies doivent pouvoir évoluer facilement d’un standard à un autre. C’est pourquoi il est si vital de choisir un éditeur en phase avec son temps, afin que vous puissiez continuellement bénéficier des innovations du marché… et savoir reconnaître du rouge à lèvres.

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