Carnet de bord d’un entrepreneur de la French Tech qui a rejoint The Refiners (3e partie)

Le 20 mars dernier, CloudScreener intégrait la 2ème promotion du programme d’accélération dédié aux pépites étrangères qui veulent s’implanter aux Etats-Unis.

Pour reprendre l’une des expressions fétiches des américains : amazing !  3 mois d’aventure, 9 heures de décalage horaire, 200 pitchs de 3 minutes déclamés, une trentaine d’investisseurs rencontrés, 400 personnes présentes lors de la pitch night… Après cette parenthèse magique aussi complète qu’intense à San Francisco, nous voilà de retour en France. Si nous revenons plus confiants et plus sharp dans notre façon d’adresser le marché, la conclusion de notre incubation, loin de marquer la fin d’un cycle, représente avant tout le début d’une nouvelle étape pour CloudScreener. C’est donc sans nostalgie que nous pouvons d’ores et déjà repasser le film de notre aventure et faire un premier bilan

Répondre au « WHY » et affûter son discours

Point d’orgue de notre immersion californienne, le soir de la pitch night, nous avons pleinement pris la mesure du chemin parcouru en 3 mois. S’il s’agit d’un moment festif qui marque de façon symbolique la fin du programme, ce moment nous a permis de prendre concrètement conscience de l’impact qu’avait eu The Refiners sur notre activité, notre façon d’appréhender le marché et du temps incroyable que nous avions gagné en participant au programme.

Au cours de cette soirée, nous avons disposé, comme les autres start-up, de 3 minutes pour pitcher notre projet devant un parterre de mentors, d’investisseurs et de proches. Autant dire que notre maîtrise de l’exercice n’a plus rien à voir aujourd’hui. Les premières semaines du programme nous ont poussé à nous challenger : les composantes de notre projet, notre vision, notre marché, notre solution. A partir de là nous avons ajusté, affiné… Raffiné notre discours. Nous achevons le programme plus sharp que jamais sur les différentes aspérités de notre projet. Si les fondements de nos messages sont les mêmes, notre discours est plus maîtrisé et plus efficace. Pas de revirement à 360° de notre positionnement mais une conviction renforcée et des armes supplémentaires.  

La clé de cette évolution tient principalement dans une interrogation : « Why ? » Ce simple mot porte l’enseignement le plus important que nous ayons eu, celui que nous garderons et que nous partagerons avec toutes les personnes qui nous dirons vouloir se lancer dans l’aventure entrepreneuriale. Mettre toutes les chances de son côté pour faire grandir son projet, susciter l’intérêt de son marché et des investisseurs c’est avant tout répondre à cette question : à quels usages, présents et futurs, vient répondre ma solution et en quoi vient-elle les disrupter ? CloudScreener, et toutes les start-up de la deuxième promotion, ont eu à se confronter à cette réalité simple : aussi génial soit le projet, si on ne peut pas répondre clairement et simplement à la question « Why ? », alors c’est qu’il est peut-être utile, voire nécessaire, de prendre le temps de se poser et de se re-challenger.

Dit comme ça, cela peut sembler simple, mais de la théorie à la pratique il y a un monde. Nous avons conscience de la chance que nous avons eu de pouvoir disposer de ce temps pour prendre du recul après 4 ans d’existence et nous reposer ces questions fondamentales dans les meilleures conditions et dans un environnement propice.  

Le rôle de l’écosystème

Nous avons eu l’occasion de le dire dans les deux premiers volets de ce carnet de bord, mais la qualité de l’accompagnement des fondateurs de The Refiners a joué un rôle essentiel dans la création des conditions optimales de notre incubation. Elle nous a permis de vivre sereinement et à 100% ces 3 mois.

L’accompagnement et l’implication de l’écosystème entrepreneurial de la Silicon Valley constituent à mon sens les deux piliers porteurs de cette aventure.

Sans faire preuve d’angélisme, je dois dire que je n’avais jamais jusqu’alors été à ce point confronté à la générosité de l’écosystème tech. Contrairement à ce que l’on peut parfois imaginer vu d’Europe, l’entraide est une valeur très importante pour les entrepreneurs de San Francisco et elle est largement encouragée. Jusqu’au dernier jour, les start-up de la promotion ont bénéficié d’une aide offerte gracieusement et spontanément. Une attitude que l’on résume volontiers en un mot outre-Atlantique : karma. Toujours pragmatiques, les américains partent du principe que ce qui est bon pour l’un des membres de l’écosystème engage une dynamique vertueuse, ce qui est forcément bon pour l’ensemble de l’écosystème. La réussite de l’un profite à tout le monde. De la même manière, ils partent du principe que s’ils aident la communauté, la communauté les aidera s’ils en avaient un jour besoin.

Et maintenant ?

Pour nous comme pour la plupart des entrepreneurs de la promotion, l’objectif est de revenir assez vite à San Francisco.

Le networking a constitué une partie très importante du programme d’incubation et nous avons noué de nombreux contacts. Prospects, clients, investisseurs, partenaires potentiels : autant d’opportunités et de liens créés qui vont nous amener à faire encore quelques allers retours. En somme, si nous ajoutons à cela la douceur de vivre californienne, nous n’avons que de bonnes raisons de revenir dans la Vallée !

Et The Refiners dans tout ça ? Tout sauf un one shot ou une aventure sans lendemain. Quand revenir, comment revenir, pourquoi revenir ? Qu’il s’agisse de nous présenter les bonnes personnes, de nous épauler sur les aspects purement logistiques de l’installation ou encore de nous conseiller sur la meilleure manière d’attaquer le marché : The Refiners va continuer à nous accompagner pour faciliter notre retour.

En attendant, nous avons eu envie de nous remettre très vite dans le rythme et de rentrer rapidement dans les sujets techniques. Nous n’avons jamais envisagé The Refiners comme une fin en soi mais plutôt comme une étape charnière du développement de CloudScreener.

Aussi, dès notre retour, nous avons voulu embarquer immédiatement l’équipe avec nous. Si nous avions durant ces 3 mois des contacts quotidiens avec les équipes restées à Paris, il nous semblait important de nous poser avec elles, pour leur raconter ces 3 mois, partager en profondeur notre bilan, notre retour d’expérience et pour préparer, ensemble, la suite.

Mais même loin de San Francisco, l’esprit de la fleet 2 de The Refiners n’est jamais très loin. Alors que le recrutement de la prochaine promotion est déjà lancé, nous avons la chance de pouvoir partager notre retour d’expérience avec les candidats au programme. Entraide et karma made in Paris ça fonctionne aussi ! 

Lire les deux chroniques précédentes : 

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