Eric Ruty (Bodet Software) : "Avec la loi TEPA nous avons dû revoir notre algorithme de calcul"

Le projet de gestion des temps et des activités n'est pas perçu de façon uniforme en fonction des entreprises. Les développements spécifiques paraissent inadaptés pour répondre à cette problématique.

En quoi la loi TEPA chamboule-t-elle le marché de la gestion des temps et des activités ?

Cela faisait un petit moment, qu'il n'y avait pas eu de grandes évolutions réglementaires dans le domaine de la gestion des temps et des activités (GTA). La promulgation de cette loi en août dernier a donc permis de réveiller l'intérêt des entreprises à l'égard ce type de solutions.

La loi TEPA nécessite de calculer un nouveau type de compteur d'heures supplémentaires que sont les heures supplémentaires exonérées et l'élaboration d'états de reporting supplémentaires. Pourtant, les effets de la loi ne sont pas les mêmes en fonction de la taille des entreprises, selon que l'on se situe en environnement TPE, PME ou grands comptes.

Sur le marché de la TPE, on se situe davantage dans un marché d'équipement. Par exemple, les entreprises des secteurs de l'hôtellerie ou de la restauration se sont équipées en plus grand nombre, poussées par les avantages de la loi TEPA et de la défiscalisation des heures supplémentaires les incitant à ne plus employer des gens au noir. A l'inverse, sur le segment de marché des PME et des grands comptes, il s'agit ici plus de remettre à niveau l'existant applicatif plutôt que de démarrer from scratch.

Comment avez-vous pris en compte ces évolutions ?

Pour répondre à l'évolution de la réglementation, nous avons bien entendu procédé à la mise à jour de nos solutions par l'ajout d'un nouvel algorithme de calcul. Nous nous sommes également attachés les compétences du cabinet juridique spécialisé Fidal afin d'avoir une vision parfaitement claire de la loi avant toute phase de développement.

"Nous avons lancé la commercialisation en mode ASP de notre solution de gestion des temps"

De façon générale, les solutions du marché répondent bien aux attentes des entreprises et les développements spécifiques ne s'avèrent pas adaptées pour répondre à la problématique de la GTA. Pour au moins deux raisons : de coûts, tout d'abord, dans la mesure où des budgets de R&D pharaoniques sont requis, mais également de complexité insoupçonnée de ces systèmes loin de se restreindre au calcul des temps entre les entrées et les sorties des personnes sur leur lieu de travail.

Outre la gestion des temps et des activités, nos solutions prennent aujourd'hui totalement en charge la gestion des absences, des workflows, l'intégration avec la messagerie et disposent de 150 connecteurs avec les différents systèmes de gestion de la paie du marché.

2008 se présente-t-il sous de bons auspices ?

En termes de positionnement marché, nous avons réalisé près de 20 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2007, en croissance de 7% sur 2007 et visons au-delà des 10% pour l'exercice en cours.

Nous avons sorti les solutions Kelyo Optima et Intégral respectivement pour répondre aux besoins des grands comptes et des PME, articulées autour du même moteur technique. Kelio Optima de son côté s'appuie sur une architecture n-tiers, SOA, développée en Java. Notre solution de GTA est également disponible en mode ASP.

Nous avons également mis sur pied un partenariat avec l'ESCA et misons sur le renforcement du développement de notre activité à l'international, tout particulièrement en Grande-Bretagne, Belgique, Suisse et en Espagne. Nous avons également signé un partenariat technologique et commercial avec NEC Computers sur la mise en place de systèmes à haute disponibilité et de serveurs à tolérance de panne basés sur nos solutions.

 

Eric Ruty est directeur des opérations de Bodet Software, spécialisé dans les solutions de gestion des temps de présence et l'affichage/horlogerie sportive et industrielle.

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