Anaplan, l'appli cloud de performance financière qui séduit le Cac 40

Anaplan, l'appli cloud de performance financière qui séduit le Cac 40 15 des 40 premières capitalisations françaises ont recours à ce logiciel en mode SaaS. Parmi elles : LVMH, Accor ou encore Schneider Electric.

Face aux poids lourds historiques de la business intelligence (BI) que sont Oracle, SAP ou IBM, Anaplan avance une application de gestion de la performance financière réinventée. Une technologie de planification tirant parti de la puissance des architectures 64 bits, des processeurs multi-cœur, des traitements en mémoire, mais aussi écrite en mode web et adaptée aux terminaux mobiles... Le Gartner hisse la start-up d'origine britannique en tête de son dernier Magic Quadrant sur les solutions de Strategic Corporate Performance Management. Reconnaissant sa capacité à venir concurrencer les géants de la BI on-premise, le cabinet d'études salue notamment la complétude de cette offre et sa grande flexibilité.

La France : l'un des marchés les plus dynamiques

Anaplan revendique désormais 660 clients dans le monde, contre 410 il y a un an. Une population d'utilisateurs principalement composée de très grandes entreprises. Fort de cette montée en force, Anaplan enregistre un chiffre d'affaires récurrent en hausse de 75%. A l'issue de son année fiscale 2017 (close au 31 janvier), son CA global s'établit à 120 millions dollars. "Au premier trimestre, notre dynamique commerciale demeure au même niveau, soit un nouveau client signé en moyenne par jour ouvré", confie Paul Melchiorre, chief revenue officer d'Anaplan. Le fournisseur revendique pour l'heure 70 clients dans l'Hexagone. A son tableau de chasse, il affiche 15 groupes du CAC40, parmi lesquels Accor, Natixis, Schneider Electric ou LVMH. Sans compter d'autres marques françaises comme Blablacar, Lacoste ou Devialet.

Paul Melchiorre est chief revenue officer d'Anaplan. © Anaplan

"Après le Royaume-Uni, la France est l'un de nos marchés les plus dynamiques en dehors des Etats-Unis. C'est un pays où les entreprises se tournent plus volontiers vers le SaaS", constate Paul Melchiorre. L'éditeur (à l'instar de Salesforce) a choisi d'installer son siège EMEA à Paris et non à York en Angleterre, ville d'origine de son CTO fondateur Michael Gould et où est basé le principal de sa R&D. En parallèle, la société a aussi implanté un centre de R&D sur son site parisien (situé avenue Victor Hugo à Paris). "Il y a beaucoup de profils scientifiques et informatiques de haut niveau ici. D'où le choix de cette implantation", nous expliquait Michael Gould en juillet 2016.

Une R&D de 20 ingénieurs basée à Paris

Représentant une vingtaine d'ingénieurs (sur un total de 150), la R&D parisienne a notamment contribué au développement du moteur d'intelligence artificielle d'Anaplan. Une brique qui permet de bénéficier de fonctions d'analyse prédictive au cœur de l'outil de planification. "Nous ne pouvons pas rivaliser avec les départements d'IA de Salesforce, Google ou IBM, et leurs centaines de data scientist. Nous avons par conséquent décidé d'ouvrir prochainement notre plateforme à d'autres technologies d'IA et de nous rapprocher d'acteurs tiers positionnés sur ce terrain, comme Google ou Salesforce qui est déjà partenaire, mais aussi clients et investisseurs d'Anaplan", précise Paul Melchiorre. 

"Nous avons décidé d'ouvrir prochainement notre plateforme à d'autres technologies IA"

Anaplan pourrait-il envisager d'étendre ses infrastructures d'hébergement en Europe ? Pour l'heure, l'éditeur de San Francisco déploie son application sur trois centres de données (tous installés dans des datacenters d'Equinix) : deux sont situés aux Etats-Unis (en Californie et en Virginie) et un sur le Vieux continent (à Amsterdam aux Pays-Bas). Dans le sillage de sa dernière levée de fonds bouclée début 2016, pour un montant de 90 millions de dollars, "Anaplan est en phase d'investissement dans l'optique de renforcer sa capacité opérationnelle", reconnaît Paul Melchiorre. "Nous envisageons d'ouvrir de nouvelles infrastructures serveur en Europe, probablement en Allemagne, mais aussi en région Asie-Pacifique, sans doute à Singapour. Mais nous travaillons aussi à améliorer nos dispositifs de sauvegarde sur des clouds publics."

Un réseau de partenaires locaux

En vue de booster encore la croissance de ses ventes, Anaplan mise sur un autre levier : son réseau de partenaires. Mckinsey, le BCG, Accenture ou encore Pwc figurent parmi ses principaux alliés. Mais Anaplan met aussi en avant des intégrateurs spécialisés, centrés exclusivement sur sa technologie. Et ce, dans chacun de ses principaux pays d'implantation. En France, c'est le cas d'Atkan. Autre acteur français très actif dans son écosystème, ReportWise est à l'origine d'une application (disponible sur l'app store de l'éditeur) permettant d'introduire en quelques clics la norme financière IFRS 16 aux modèles comptables de l'Américain. Une norme qui doit entrer en vigueur au 1er janvier 2019.

Parmi les dernières évolutions de l'offre d'Anaplan, Paul Melchiorre met aussi en avant une fonction (Connected planning) conçue pour consolider au sein d'une vue unique les données issues de différents plannings (financier, logistique, des ventes...). Il souligne également l'entrée en production dans l'environnement d'un mécanisme d'application lifecycle management (ALM) pour piloter le développement, le test et la livraison d'applications de planification basées sur Anaplan. "Enfin, nous avons beaucoup travaillé sur la capacité de notre offre à passer à l'échelle sur des milliers d'utilisateurs, en conservant cette habilité à réaliser des calculs en quelques secondes", termine le CRO d'Anaplan.

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