HP : des pertes record suite à des comptes truqués

A la perte historique de 8,9 milliards de dollars du troisième trimestre vient s'ajouter une nouvelle perte de 6,9 milliards au dernier trimestre. Le groupe accuse les dirigeants d'Autonomy de l'avoir trompé.

C'est la descente aux enfers pour HP. En pleine restructuration (suppression de 29 000 postes, réduction des dépenses de 3 milliards de dollars par an...), le constructeur informatique américain enregistre une perte de 12,7 milliards dollars en 2012, contre un bénéfice net de 7,1 milliards l'année précédente. Dans le même temps son chiffre d'affaires baisse de 5%, pour s'établir à 120,4 milliards de dollars.

Au quatrième trimestre, le chiffre d'affaires s'élève à 30 milliards de dollars, en baisse de 7% sur un an. Alors que le groupe affichait un léger bénéfice un an auparavant, HP se retrouve avec une perte de 6,9 milliards de dollars à l'issue de ce dernier trimestre fiscal. 

Des comptes truqués qui auraient conduit à surévaluer la valeur d'Autonomy

Ces pertes, HP les doit en majeure partie à une charge exceptionnelle de 8,8 milliards de dollars enregistrée au quatrième trimestre. Une charge qui fait suite à l'acquisition en 2011 de l'éditeur Autonomy, spécialiste des logiciels de gestion des connaissances. Une opération qui s'était élevée à 11,5 milliards de dollars, et qui avait pour but de renforcer le positionnement du groupe sur le segment du logiciel.

Or, pour HP, une grande partie de cette somme, soit environ 5 milliards, proviendrait d'erreurs de gestion de la part du management d'Autonomy. HP accuse même l'équipe de direction de l'éditeur de "pratiques comptables répréhensibles, de désinformation et défaillance dans les publications dans le but de gonfler les indicateurs de performance de l'éditeur, avant son acquisition par HP". 

Et le constructeur informatique d'ajouter : "ces pratiques ont manifestement eu pour objectif de volontairement induire en erreur les investisseurs et acheteurs potentiels, et ont sévèrement impacté la capacité du management de HP à évaluer de façon impartiale l'activité d'Autonomy au moment de la signature de l'opération." Dans son communiqué officiel, le groupe américain précise néanmoins que cette position ne remet pas en cause son avis positif sur la technologie d'Autonomy qui demeure "leader sur son segment".

Une enquête interne et une procédure judiciaire lancée

Pour éclaircir cette affaire, HP précise avoir lancé une enquête interne. Le groupe a également saisi les autorités de régulation aux Etats-Unis et Royaume-Uni en vue d'ouvrir une procédure judiciaire pour faire valoir des dommages et intérêts. Meg Whitman, directrice générale de HP, a également pointé du doigt la responsabilité de son prédécesseur, Leo Apotheker. Egalement en ligne de mire, Mike Lynch, ex- PDG d'Autonomy à la tête de l'éditeur au moment du rachat, a rejeté ces allégations dans un communiqué à Reuters, et se dit choqué par le communiqué de HP qui, selon lui, véhicule de fausses informations.

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