Alexandre Garnier (AWE) "Google travaille sur des robots pour extraire les mots clefs d'une vidéo"

La mise à jour Panda de Google conforte AWE dans sa stratégie, y compris dans la sous-traitance offshore du contenu rédactionnel. L'agence mise également sur la personnalisation des résultats.

JDN Solutions. Vous êtes entre autres spécialisé dans le référencement vidéo. En quoi cela consiste exactement ?

AWE a été l'une des premières agences à proposer une offre d'optimisation du référencement par la vidéo. Un lien accompagné par une vidéo dans les pages de résultats classiques de Google a de bonne chance de mieux capter l'attention de l'internaute qu'un simple lien. C'est donc un levier de SEO intéressant.

Si Google n'a pas publiquement détaillé les processus à suivre pour réussir à faire remonter une vignette vidéo comme résultat d'une requête classique, nous avons pu effectuer plusieurs tests et déterminer la méthode à suivre. L'une des astuces consiste notamment à bien remplir la description de la vidéo, avec les mots clefs stratégiques, puis de l'uploader sur 80 sites d'hébergements de vidéos, et pas exclusivement sur YouTube, même si il est la propriété de Google.

Ce type de SEO par la vidéo est promis à un bel avenir. Google l'a montré en développant récemment de nouvelles possibilités des comptes premium sur YouTube, qui pourraient intéresser les entreprises en termes de référencement naturel.

Par ailleurs, Mountain View travaille activement sur la reconnaissance vocale. Google bêta teste d'ailleurs actuellement cette technologie sur la vidéo afin de permettre à ses robots d'extraire les mots clefs contenus dans une vidéo. Une fois en place, cela pourrait inciter à mieux scénariser et travailler les vidéo afin de mieux placer des mots clefs et donc, d'obtenir un meilleur référencement. Les possibilités, en termes d'optimisation du référencement naturel par la vidéo, sont énormes.

 

Vous proposez également de rédiger et diffuser du contenu pour améliorer le référencement via le netlinking. La mise à jour Panda va-t-elle changer vos habitudes, notamment vis-à-vis de la sous-traitance de la rédaction du contenu ?

Nous avons en effet un pool de rédacteurs pour fournir du contenu à haute valeur ajoutée. Nous employons aussi des rédacteurs en Madagascar, dont l'expertise est moins pointue et qui peuvent rédiger des articles pertinents à partir d'une recherche poussée sur Internet. Panda ne va rien changer à nos méthodes. Au contraire, cela nous conforte dans notre approche.

"Avec Panda, Il va y avoir du sang et des larmes."

Pour caricaturer, les fermes de contenu demandent à n'importe qui d'écrire sur n'importe quoi. Panda va faire du mal à cette production de contenu industrialisée. Je travaille depuis des années avec ces contributeurs externes en Madagascar. Leur travail est encadré, puis validé. Leur contenu n'est pas à très forte valeur ajoutée, mais il n'est pas non plus de faible qualité.

Ceux qui vont pâtir de cette mise à jour sont aussi ceux qui utilisent la technique du texte à trou. Par exemple, les agences de voyages en ligne qui ne changent que le nom de la destination dans la description de leur centaine d'offres. Ceux qui ont misé sur le content spinning, c'est-à-dire automatisé des légères variations de texte pour produire beaucoup de contenu à moindre frais, vont aussi être durement pénalisés. Il va y avoir du sang et des larmes, car après il sera difficile pour eux de bien se faire référencer.

 

Vous croyez au succès du bouton +1 lancé par Google, et plus globalement au bouleversement qu'entraînera la  personnalisation des résultats ?

Google a déjà essayé se s'aventurer vers les réseaux sociaux, et n'y a pour l'instant par réussi. Pourtant, je trouve l'initiative intéressante.

Les backlinks provoqués par le bouton "Like" sur Facebook restent sur Facebook, c'est un problème pour Google qui essaye de le résoudre avec ce nouveau bouton +1. Car ses spiders peuvent facilement détecter ces liens "aimés" et les faire remonter dans des pages de résultats, contrairement à ceux de Facebook.  

Il reste cependant un problème à résoudre car Google dit que les résultats vont être personnalisés en fonction des contacts de l'internaute. Ils 'agit très vraisemblablement des contacts Gmail. Or, beaucoup de gens mélangent vie personnelle et vie professionnelle dans leur compte Gmail. C'est un énorme frein.

Mais la recherche sociale, ou social search, est clairement dans le viseur de Google. Les deux maîtres mots pour son moteur restent performance et pertinence. Or personnaliser les résultats équivaut à en améliorer la pertinence. Et cette personnalisation va changer la donne : des résultats cachés dans la 5e page de résultat pourront désormais surgir en première position.


Par ailleurs, pour déterminer la valeur des contenus des sites pour Panda, Google s'est appuyé sur des avis d'internautes. C'est un tournant : l'avis de vraies personnes a influencé le moteur de recherche.  

Aux Etats-Unis où s'est d'abord mis en place Panda, Google a pénalisé et désindexé certains sites de rencontres à cause de la réputation qu'ils avaient. Une image trop négative dévalorise, selon Google, la pertinence du site, qui sera donc nettement moins bien référencé avec Panda.

 

Alexandre Garnier démarre sa carrière chez France Télévision Multimédia, où il participe à la création des sites Web du groupe : France3.fr, Roland Garros, Route du Rhum... Il présente la première émission dédiée au Web à la télévision : "Sur le Net" dans Soir 3 aux cotés de Jean-Jacques Peyraud. A 23 ans, Alexandre Garnier lance Akabi.com, premier site français d'achats groupés. Le site est racheté par Multimania/Lycos lors de son introduction en bourse en 2000.  En 2001, il créé AWE (Advertising and Webmarketing for E-commerce), agence spécialisée dans le référencement naturel et payant.

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