Ivan Bertrand (Logica) "L'iPad offre des perspectives en matière de simulation de produits"

Disponible en France le 28 mai 2010, la tablette tactile d'Apple laisse présager de nouvelles applications de CRM multi-canal. L'extension de son usage à toutes les activités de l'entreprise n'est pas gagnée d'avance.

Que pourrait apporter l'iPad aux professionnel comparé aux autres solutions tactiles ?  

Nous avons pu nous rendre compte, sans préjuger du succès public qu'il devrait rencontré à sa sortie, que nous étions avec l'iPad face à une technologie de rupture. Cette tablette tactile interactive apporte suffisamment d'innovations pour accroître l'expérience utilisateur et ouvrir des perspectives très intéressantes pour les entreprises en termes d'initiatives commerciales en face à face.

Cette technologie qui, au départ nous semblait très proche de Microsoft Surface, se différencie finalement sur bien des aspects, en termes de coûts et d'usage en mobilité. Elle est aussi mieux outillée pour accroître le potentiel d'interactivité client.

 

Les premiers prototypes d'applications que nous avons testés sont en contexte BtoC, dans le domaine de la simulation des ventes en environnement de banque et assurance, et sur le front des concessionnaires automobiles. L'iPad apporte une forme de réalité augmentée avec la possibilité d'impliquer totalement le futur acheteur dans le processus de vente. Par exemple en lui faisant choisir une couleur de sellerie de cuir pour l'achat de son nouveau véhicule de façon interactive par le biais de l'écran tactile.

Nous avons nous-mêmes livré un premier prototype d'application iPad le 24 avril dernier pour le compte d'un acteur dans le domaine des services. Il n'est pas encore au stade de l'exploitation en condition réelle, mais cela est prévu avant la fin de l'année. Ce qui est remarquable avec l'iPad, c'est le degré d'inspiration qu'il peut engendrer auprès de tout le monde, y compris auprès des personnes travaillant en dehors du domaine de l'innovation. Chacun y allant de son idée et de son concept, pour une saine émulation caractéristique du fait que l'on est bien en présence d'une technologie novatrice et de rupture.

 

"Il ne faut pas chercher à transposer sur iPad des applications déjà existantes"

Quelles sont les qualités mais aussi les défauts de l'iPad ? 

L'iPad est la somme de toutes les expériences utilisateur en situation de mobilité, et fait la synthèse parfaite entre le tactile et l'interactivité utilisateur. En revanche, il ne se prête pas forcément à tous les usages en entreprise. Ce n'est pas un terminal durci qui pourrait être utilisé avec des gants, dans des environnements spécifiques comme dans une usine par exemple ou dans d'autres conditions d'utilisation particulières.

 

L'iPad est taillé pour accueillir une nouvelle génération d'applications et de services qui ne sont d'ailleurs pas seulement de simples portages de contenus existants par ailleurs. Au contraire, on observe un mouvement massif des acteurs médias comme Le Figaro ou Paris-Match et d'autres journaux. Tous préparent des offres taillées pour l'iPad, enrichies par rapport à l'offre Web existante et qui leur permette au passage d'entreprendre une démarche de remonétisation de leurs contenus.  

Cela s'impose d'autant plus comme une évidence pour eux que l'environnement sur lequel il se trouve est propriétaire et qu'il constitue un canal de monétisation fermé dans lequel l'utilisateur accepte d'autant plus facilement de payer.

 

Quels conseils donnez-vous aux développeurs d'applications iPad ?

Il ne faut pas chercher à transposer sur iPad des applications existantes par ailleurs, tout comme il ne s'agit pas de considérer l'iPad comme un terminal qui va se substituer au poste de travail. Les deux terminaux sont complémentaires. Il faut dans tous les cas veiller à l'adéquation entre les applications créées pour iPad et les attentes des utilisateurs.

 

Une application BI pour iPad peut par exemple être pertinente. Mais, à condition seulement qu'elle exploite ses spécificités tactiles et d'interactivité, et qu'elle présente évidemment un intérêt en termes de retour sur investissement.

Les synergies entre iPad et iPhone offrent par ailleurs des perspectives très enthousiasmantes. Dans le contexte de vente d'un produits bancaires, on peut imaginer une application iPad permettant à un conseiller d'effectuer une présentation commerciale à son client et de lui transmettre le fruit de cette présentation avec ses données personnalisées directement sur son iPhone. Ceci, afin de favoriser une démarche d'accompagnement client de bout en bout.

 

Ivan Bertrand est directeur de l'innovation chez Logica.

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