Les montants des pensions de retraite Agirc-Arrco sont modifiés : les retraités touchent un virement plus élevé ou subissent un nouveau prélèvement

Les montants des pensions de retraite Agirc-Arrco sont modifiés : les retraités touchent un virement plus élevé ou subissent un nouveau prélèvement

14 millions de retraités peuvent constater un changement sur leurs pensions de retraite Agirc-Arrco. Certains reçoivent un virement plus élevé alors que d'autres subissent un nouveau prélèvement.

Contrairement aux idées reçues, le montant d'une pension de retraite n'est jamais fixe. Chaque année, selon les décisions du gouvernement, les caisses de retraite doivent adapter le montant qu'elles versent tous les mois aux retraités. Plusieurs dates marquent des moments où les pensions de retraite évoluent dans l'année.

Au 1ᵉʳ janvier par exemple, les pensions du régime général peuvent être revalorisées selon le taux d'inflation enregistré par l'Insee au cours de l'année précédente. En l'occurrence, toutes les pensions de retraite ont été augmentées de 0,9% en 2026. Pour les anciens salariés du secteur privé, le 1ᵉʳ novembre est également une date cruciale. C'est à cet instant que les pensions de retraite complémentaire, versées par l'Agirc-Arrco, peuvent également être revalorisées.

Enfin, il y a le moment où les nouveaux taux de contribution sociale généralisée (CSG) s'appliquent sur les pensions de retraite de l'Agirc-Arrco, dont bénéficient 14 millions de retraités en France. Ce changement s'applique depuis le 1ᵉʳ janvier 2026. A cette date, de nombreux retraités ont vu le montant de leur pension mensuelle baisser ou, à l'inverse, augmenter. Les retraités bénéficiant d'une réduction de leur taux de CSG ont reçu une pension plus élevée de la part de leur caisse de retraite, car leur taux de prélèvement a diminué. En revanche, les retraités confrontés à une augmentation de leur taux de CSG subissent désormais un prélèvement plus important sur leur pension de retraite complémentaire.

Il existe 4 taux différents de CSG : une exonération totale à 0%, un taux réduit fixé à 3,8%, un taux médian de 6,6% et un taux normal de 8,3%. Le taux de CSG prélevé sur une pension de retraite dépend du revenu fiscal de référence (RFR) de l'année N-2. En 2026, c'est donc le RFR de 2024 qui est pris en compte. Ce RFR apparaît sur l'avis d'imposition que les retraités ont reçu durant l'été 2025.

Or, en 2024, tous les retraités ont connu une hausse importante de leur RFR. En janvier 2024, le gouvernement a choisi d'augmenter toutes les pensions de retraite de 5,3%. Cette année-là, les pensions de retraite de l'Agirc-Arrco ont elles aussi été augmentées de 1,6%. A l'époque, il s'agissait d'une bonne nouvelle pour les retraités. Seulement, en 2026, cela signifie que certains seniors, auparavant exemptés de CSG, sont désormais dans l'obligation de s'en acquitter pour la première fois. D'autres seniors, qui bénéficiaient jusqu'alors du taux réduit ou du taux médian, se retrouvent soumis au taux supérieur.

Concrètement, en 2026, un retraité célibataire échappe totalement à la CSG si son RFR 2024 ne franchit pas le seuil de 13 048 euros annuels. Pour un couple, ce plafond atteint 20 014 euros par an. Le taux réduit de 3,8% concerne les retraités dont le RFR reste inférieur à 17 057 euros pour une personne seule et 26 165 euros pour un couple. Le taux médian de 6,6% s'applique aux retraités dont le RFR demeure sous le seuil de 26 470 euros pour une personne seule et 40 604 euros pour les couples. Au-delà de ces montants, le taux maximal de 8,3% devient applicable.

Pour bien comprendre, prenons l'exemple d'un retraité qui touche une pension de l'Agirc-Arrco de 800 euros brut par mois. Jusqu'à présent, il ne payait pas la CSG. Toutefois, si son RFR 2024 a augmenté, le taux réduit de CSG (3,8%) s'applique maintenant sur les pensions qu'il doit percevoir en 2026. Il paie donc 30 euros de CSG tous les mois.