En 2026, les réseaux intelligents entre les usines et les personnes redéfinissent la création de valeur

AVEVA

Le secteur des biens de grande consommation aborde 2026 dans un contexte d'incertitude sur l'ensemble de la chaîne de valeur.

La volatilité des matières premières et de l’approvisionnement continue de peser sur les opérations, tandis que les tensions géopolitiques et les droits de douane devraient perdurer. Parallèlement, comme le souligne McKinsey, la demande reste façonnée par les habitudes héritées des périodes de crise, rendant obsolètes les anciens modèles d’analyse. Dans cet environnement, la réussite passera par une nouvelle façon de penser la création de valeur entre les usines, les partenaires et les équipes.

Les silos applicatifs et de données, au niveau des sites industriels comme des flottes, génèrent des informations incohérentes, des coûts plus élevés et des besoins informatiques importants pour déployer l’IA à grande échelle. À l’inverse, le partage de données en temps réel permet une collaboration de bout en bout radicalement nouvelle, en fournissant aux équipes l’intelligence industrielle dont elles ont besoin pour bâtir des partenariats au sein d’écosystèmes capables de stimuler la productivité, réduire les coûts et soutenir l’efficacité et l’innovation.

1. La fabrication intelligente devient la norme à mesure que ses gains de productivité s’accumulent

Grâce au smart manufacturing, les technologies avancées permettent une optimisation pilotée par la donnée et une meilleure collaboration des équipes, afin que les industriels du secteur des biens de consommation prennent les bonnes décisions au bon moment, à la fois dans les usines et tout au long de la chaîne de valeur.

Selon une étude de Deloitte, 92 % des dirigeants industriels estiment que la fabrication intelligente sera le principal moteur de compétitivité, notamment grâce à ses bénéfices opérationnels et financiers. Avec ces réseaux qui relient les usines aux équipes, des gains allant jusqu’à 20 % ont été observés à la fois sur la production et la productivité des collaborateurs, ainsi que 10 à 15 % de capacité supplémentaire libérée.

À mesure que l’année avance, les entreprises qui intègrent des agents IA spécialisés par tâche tireront le plus grand bénéfice, notamment pour la surveillance automatisée, l’inspection qualité, la conformité, les tests et l’intégration des retours clients.

2. La visibilité de la chaîne d’approvisionnement devient un prérequis sur l’ensemble des sites

Dans des marchés incertains, les industriels du secteur des biens de consommation peuvent faire face à la volatilité de la demande grâce à une visibilité en temps réel sur les opérations et la logistique.

Une enquête 2025 menée par Deloitte montre que 55 % des responsables supply chain augmentent leurs investissements dans les technologies numériques de bout en bout — IA, capteurs, tours de contrôle — afin d’améliorer la coordination entre les équipements et les équipes.

Avec une architecture de données d’entreprise reliant l’OT et l’IT à travers les fonctions métiers et les sites de production, les équipes disposent d’une vision en temps réel des stocks, des flux de transport et des capacités de production. Résultat : une collaboration renforcée entre usines, partenaires et clients, appuyée par des opérations transparentes, des alertes automatisées, un rééquilibrage rapide des stocks et des ajustements ciblés de la production pour répondre à l’évolution de la demande.

Chez le géant agroalimentaire américain Cargill, la visibilité de bout en bout sur 400 sites de taille moyenne a permis aux équipes locales et à distance d’identifier et de résoudre les goulets d’étranglement, de surveiller la qualité en temps réel et d’ajuster rapidement les paramètres de production.

3. La montée en compétences et l’augmentation des équipes créent un avantage compétitif durable

La pénurie de talents est l’un des principaux défis de l’industrie. Elle s’accompagne d’un fort écart de compétences : selon le Forum économique mondial (WEF), près de 40 % des compétences clés dans la fabrication avancée et la supply chain auront changé d’ici 2030.

Pour combler ces écarts, les tâches automatisables via l’IA ou des agents intelligents — analyse de données, optimisation des processus, maintenance prédictive, surveillance environnementale — seront progressivement transférées hors des activités manuelles, afin que les talents rares puissent être mobilisés là où ils apportent le plus de valeur.

Mais l’enjeu majeur sera aussi de réduire le temps nécessaire pour devenir pleinement opérationnel, non seulement grâce à la formation et à l’apprentissage adaptatif, mais aussi en permettant aux équipes de créer leurs propres outils métiers, capables de s’adapter à la dynamique du marché. Comme le souligne le WEF, même de nouveaux collaborateurs peuvent utiliser l’IA pour résoudre rapidement des problèmes de maintenance complexes, accélérant leur courbe d’apprentissage et libérant les techniciens expérimentés pour des tâches plus stratégiques.