Hachette, Elsevier et Cengage attaquent Google, accusé d'avoir entraîné Gemini sur des millions d'œuvres protégées

Hachette, Elsevier et Cengage attaquent Google, accusé d'avoir entraîné Gemini sur des millions d'œuvres protégées Les éditeurs reprochent à Google d'avoir utilisé des millions d'œuvres pour entraîner son IA Gemini et réclament l'arrêt de ces pratiques ainsi que des dommages et intérêts.

Plusieurs maisons d'édition, dont Hachette, ont poursuivi Google en justice lundi 13 juillet, l'accusant d'avoir utilisé sans autorisation des œuvres protégées par des droits d'auteur pour entraîner ses modèles d'intelligence artificielle (IA). Le recours collectif a été déposé devant le tribunal fédéral du district sud de New York par Hachette Book Group, Cengage Learning, Elsevier, l'écrivain Scott Turow et sa société d'édition S.C.R.I.B.E.

Ils accusent Google d'avoir "secrètement copié des millions d'œuvres" confiées à sa bibliothèque numérique, Google Books, et à d'autres services pour des "usages limités", avant de les utiliser pour entraîner Gemini. Les plaignants estiment également que les contenus générés par Gemini concurrencent directement les auteurs des œuvres originales. "Gemini adapte même ses réponses pour imiter les éléments stylistiques et les choix créatifs d'auteurs précis", affirment-ils. La plainte porte sur un large éventail de contenus : fiction, essais, livres pour enfants, mémoires, poésie, manuels scolaires et articles scientifiques évalués par les pairs.

Les éditeurs réclament l’arrêt des pratiques et des compensations

Les plaignants demandent au tribunal d'ordonner à Google de mettre fin à ces pratiques, ainsi que de leur verser des dommages et intérêts dont le montant n'est pas précisé. Cette nouvelle procédure s'inscrit dans une série de poursuites pour violation de droits d'auteur contre des entreprises de l'IA.

Plusieurs éditeurs, dont Hachette, Cengage, Elsevier et Scott Turow, avaient déjà poursuivi Meta et son PDG Mark Zuckerberg le 5 mai devant le même tribunal new-yorkais pour des motifs similaires. Anthropic, qui développe les modèles d'IA Claude, avait pour sa part signé en septembre dernier un accord prévoyant le versement d'au moins 1,5 milliard de dollars à des auteurs et des éditeurs qui la poursuivaient pour avoir téléchargé illégalement des millions de livres. Mais le juge William Alsup avait toutefois estimé dans cette affaire que le fait d'alimenter un modèle d'IA générative avec des œuvres protégées par le droit d'auteur légalement acquises ne constituait pas une infraction, tout en jugeant que le recours à des copies piratées n'entrait pas dans le champ du fair use.