Uber annonce la suppression d'environ 3 300 postes administratifs
Uber réduit ses effectifs administratifs d'environ 3 300 postes pour alléger ses structures et préserver sa rentabilité, malgré une forte croissance ces dernières années. Cette décision, annoncée mercredi 2 septembre, s'inscrit dans une volonté de simplification organisationnelle et de réduction des coûts. Avec quelque 10% d'effectifs en moins dans les bureaux, Uber cherche à supprimer des niveaux hiérarchiques et simplifier ses structures.
Les suppressions de postes vont concerner les administratifs, pas les chauffeurs. Uber compte 34 000 collaborateurs à travers le monde. La restructuration vise notamment à réduire de près de moitié le nombre de petites équipes dans lesquelles un responsable n'encadre qu'une ou deux personnes. Uber prévoit également de diminuer de 20% les effectifs situés à sept niveaux hiérarchiques ou plus en dessous du directeur général Dara Khosrowshahi. Par ailleurs, la plateforme va regrouper davantage d'équipes et concentrer ses salariés dans des pôles comme New York et San Francisco, tandis qu'environ 1% des employés pourront continuer à travailler à distance.
Contrairement à plusieurs récentes vagues de licenciements dans le secteur technologique, Dara Khosrowshahi n'a pas attribué ces réductions d'effectifs à l'intelligence artificielle.
Un contexte de croissance mais de vigilance sur la rentabilité
Le groupe a connu son premier bénéfice annuel en 2023, soit 14 ans après sa création. Uber est implanté dans plus de 70 pays. Toutefois, la direction estime nécessaire de poursuivre les économies pour rester rentable dans un contexte économique jugé incertain.
Uber parle, mercredi 2 septembre, de "changements organisationnels majeurs". Ces mesures doivent permettre à l'entreprise de gagner en agilité et de mieux répondre aux défis du marché mondial.
En parallèle de cette réduction d'effectifs, Uber entend débourser 10 milliards de dollars (un peu plus de 8 milliards d'euros) dans les prochaines années pour déployer une flotte de véhicules autonomes, qui pourraient à terme réduire encore ses coûts. L'objectif affiché est de développer les fameux robotaxis, qui n'auront plus besoin de chauffeurs, ce qui pourrait transformer en profondeur le modèle économique du groupe.
Un modèle social toujours controversé
Les chauffeurs restent indépendants et reversent au groupe une commission de 25% en moyenne sur le prix de la course. Quand le client paie une course 30 euros, Uber prélève 7 euros de commission, ce qui laisse au chauffeur environ 23 euros sur lesquels il doit encore payer les charges sociales, ses impôts, etc. Uber a fait l'objet de procédures judiciaires dans plusieurs pays pour son refus d'accorder un statut d'employés à ses chauffeurs.
Dès son arrivée sur le marché français en 2011, Uber avait été immédiatement ciblé par des plaintes pour concurrence déloyale lancées par les chauffeurs de taxis traditionnels. Aujourd'hui encore, la question du statut social des chauffeurs de VTC reste un sujet sensible pour l'entreprise.