Perte de pouvoir d'achat et efforts non récompensés : les cadres font de leur salaire une priorité

Perte de pouvoir d'achat et efforts non récompensés : les cadres font de leur salaire une priorité Pour la première fois depuis dix ans, le salaire figure parmi les premières priorités des cadres, selon une étude de l'institut Viavoice pour l'Union générale des cadres de la CGT.

Pour la première fois depuis dix ans, le salaire est devenu l'une des premières priorités citées par les cadres, alors qu'historiquement, l'équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle arrivait en tête. C'est ce que montre, mardi 22 septembre, une étude de l'institut Viavoice pour l'Union générale des ingénieurs, cadres et techniciens de la CGT (Ugict-CGT).

Jusqu'alors, la rémunération n'était pas ce que les cadres regardaient en premier pour postuler ou rester dans un poste. Ils étaient davantage attentifs au sens de leur travail, au management ou encore aux horaires. Depuis quelques mois, la donne a clairement changé : 70% d'entre eux font désormais du salaire une priorité. Signe que derrière l'image du cadre bien loti et bien payé, la réalité s'est nettement tendue.

Un contexte de stagnation salariale

Ces dernières années, les augmentations de salaire ont fortement ralenti. Moins d’un cadre sur deux, par exemple, a décroché une hausse de son salaire fixe. Il y a surtout eu des primes ou des augmentations individuelles, qui n’ont souvent pas suffi à rattraper l’inflation. Dans le même temps, le Smic a été revalorisé automatiquement à plusieurs reprises pour suivre la hausse des prix.

Selon la dernière étude de l’Association pour l’emploi des cadres (Apec), leur rémunération médiane – celle qui partage la population des cadres en deux – tourne autour de 55 000 euros bruts par an. Mais beaucoup ont perdu en pouvoir d’achat et cela nourrit le mécontentement.

Un cadre sur deux estime aujourd'hui que sa paie ne reflète plus son niveau d'implication ni les responsabilités qui lui sont demandées. Heures supplémentaires non comptabilisées, charge mentale, travail le soir ou le week-end avec le télétravail : ce sentiment d'effort non récompensé crée une véritable rancœur.

Pour obtenir une vraie hausse de salaire, la seule solution reste souvent la mobilité, c'est-à-dire changer d'entreprise. Pour les employeurs, le risque est donc celui d'une fuite des talents.

Désengagement et risques pour les entreprises

L’autre risque est celui de la résignation. Etant donné la conjoncture, certains cadres peuvent être tentés de rester en poste tout en ruminant leur rancœur. Une situation qui peut se traduire par une forme de désengagement, ce qui, pour les entreprises, n’est pas mieux.

Le baromètre "Opinions et attentes des cadres au travail" de l’institut Viavoice pour l’Union générale des ingénieurs, cadres et techniciens de la CGT (Ugict-CGT), publié mardi 22 septembre, a interrogé un échantillon représentatif de mille cadres.