Dialogue social : patronat et syndicats ont touché près de 157 millions d'euros en 2025

Dialogue social : patronat et syndicats ont touché près de 157 millions d'euros en 2025 Le bilan annuel du fonds pour le financement du dialogue social révèle une répartition détaillée et en progression des financements publics aux organisations patronales et syndicales.

L'Association paritaire gérant le fonds pour le financement du dialogue social vient de publier son bilan pour l'année dernière. Selon ce rapport, le patronat et les syndicats ont touché près de 157 millions d'euros de financements en 2025. Les syndicats ont touché au total un peu plus de 103 millions d'euros et le patronat 53,6 millions d'euros. Ces chiffres traduisent une progression notable depuis 2018, où le montant total s'établissait à 126 millions d'euros, même si le pic avait été atteint en 2024 avec 161 millions d'euros.

Créé en 2014 pour renforcer la transparence, ce fonds a succédé au préciput, prélevé de manière opaque sur les fonds de la formation professionnelle. Sa gestion est assurée conjointement par les partenaires sociaux, au sein d'une association de gestion appelée AGFPN.

Origine et répartition des financements

Comme chaque automne, l'association vient de dresser le bilan de son action. En 2025, elle a distribué environ 122,5 millions d'euros, financés grâce à une contribution des entreprises représentant 0,016% de la masse salariale. Près de 34,7 millions d'euros de subventions de l'Etat se sont également ajoutés à ce montant. Le dispositif a pour objectif de financer le dialogue social, y compris dans les branches, un périmètre très vaste.

L'an dernier, plus de 400 organisations, tant du côté des entreprises que des salariés, étaient éligibles. Au total, 375 ont effectivement perçu un financement. Parmi ces dernières, 339 relevaient du patronat et 23 des syndicats, toutes exclusivement de branche. Ce total est très supérieur au nombre d'organisations représentatives au niveau national interprofessionnel : les trois organisations patronales – Medef, Les Entrepreneurs et U2P – ainsi que les cinq confédérations – CFDT, CGT, FO, CFE-CGC et CFTC. Du côté des entreprises, les organisations multiprofessionnelles UDES (économie sociale) et la FESAC (spectacle) bénéficient aussi d'un financement national, de même que Solidaires et l'Unsa côté salariés, mais dans une moindre mesure.

Dans cette somme, la CFDT a perçu 23,7 millions d'euros, contre 22 millions pour la CGT, 18,4 millions pour FO, 16,5 millions pour la CFE-CGC et 14,4 millions pour la CFTC. Solidaires a reçu 3,2 millions d'euros et l'Unsa 4,8 millions. Ces chiffres comprennent aussi les fonds réservés aux syndicats, destinés à la formation de leurs militants et de leurs élus du personnel. Financés par l'Etat, ils ont représenté 31,5 millions d'euros en 2025.

Le Medef a reçu 15,7 millions d'euros, contre près de 9,5 millions pour Les Entrepreneurs et 5,9 millions pour l'U2P.

Un financement sous tension politique

Le financement public des syndicats suscite des débats dans la sphère politique. Lundi, sur France Inter, Sébastien Chenu, le président des députés RN, a menacé de couper les financements publics de la CGT, le plus vieux syndicat français. Sa leader, Sophie Binet, a manifesté à Orléans contre le parti de Marine Le Pen le week-end dernier, en marge du lancement de sa campagne. A France Inter, il a déclaré : "Si la CGT veut faire de la politique, […] elle doit compter sur elle-même et uniquement sur le fruit de ses cotisations". Pourtant, écarter la deuxième centrale française de ce dispositif semble juridiquement difficile. Au RN, on en a en réalité bien conscience et l'on assure qu'il n'est pas question de couper les financements aux syndicats.