Loi anti-fast fashion : pub des influenceurs et bonus-malus au menu de la commission mixte paritaire
La proposition de loi dite "anti-fast fashion" revient devant le Parlement ce mercredi 17 juin, en commission mixte paritaire (CMP), où sept députés et sept sénateurs doivent s'accorder sur une version commune. Portée par la députée Anne-Cécile Violland, adoptée à l'Assemblée nationale en mars 2024 puis au Sénat en juin 2025, elle prévoit notamment l'interdiction de la publicité, en particulier via les influenceurs, et un système de bonus-malus sur chaque vêtement selon son impact environnemental.
Le texte entend s'attaquer aux géants de la mode ultra-éphémère et à leurs conséquences environnementales. Dans le viseur du gouvernement, l'ultra-fast fashion des géants asiatiques comme Shein ou Temu. En revanche, les enseignes françaises ou européennes comme Kiabi, Décathlon ou Zara devraient être protégées, en raison de leur poids fiscal et des emplois qu'elles représentent.
Réactions du patronat et des ONG
Pour le patronat du secteur, la mesure est attendue. "Sans cette loi, on n'aura aucun levier pour pouvoir freiner ces plateformes d'ultra-fast fashion. On a testé les taxes petits colis, on voit bien que les plateformes arrivent à les contourner", affirme Yann Rivoallan, président de la Fédération française du prêt-à-porter féminin.
Du côté des ONG, on juge le texte trop étroit. La coalition Stop Fast Fashion estime qu'"il faudrait réglementer tout le secteur". Valeria Rodriguez, porte-parole de Max Havelaar, souligne que la cible retenue est marginale : "La majorité des produits sont des produits de ce qu'on pourrait appeler la fast fashion traditionnelle. L'ultra-fast fashion ne représente pas aujourd'hui plus de 5 à 10% du marché français". Un enjeu de taille, alors que l'industrie de la mode est responsable d'environ 10% des émissions mondiales de gaz à effet de serre.
Un symbole : Shein quitte le BHV du Marais
L'examen du texte coïncide avec un départ hautement symbolique : à Paris, la marque Shein quitte le BHV du Marais. Sur place, les avis sont partagés. Un riverain se félicite que l'enseigne s'en aille : "Ça n'a rien à faire [là], Shein ou d'autres fast fashion comme ça, qui polluent". Une passante nuance : "C'est toujours dommage parce que c'est bien qu'il y ait [des offres] pour tout le monde".