La Cour des comptes pointe les limites de la communication budgétaire de l'Etat

La Cour des comptes pointe les limites de la communication budgétaire de l'Etat L'institution critique la dispersion et le manque de clarté de l'information budgétaire, appelant à une meilleure coordination et à la création d'un portail unique.

La Cour des comptes a publié mardi un rapport dans lequel elle relève des limites persistantes dans l'accès des citoyens, des médias et des experts à l'information budgétaire. Malgré une documentation abondante, l'institution estime que la communication actuelle ne permet pas de garantir une vision d'ensemble des finances publiques.

Une information budgétaire abondante mais peu lisible

La communication budgétaire de l'Etat repose essentiellement sur les projets de loi de finances. Le projet de loi de finances (PLF) pour 2026 est ainsi accompagné d'une centaine de documents obligatoires, qui totalisent 15 700 pages. Les auteurs du rapport déplorent que "l'intelligibilité de cette communication reste faible pour les citoyens", notamment en raison de "la dispersion de l'information sur de multiples canaux (qui) rend son accès difficile et compromet la vision d'ensemble". Pour y remédier, la Cour recommande la création d'un portail unique donnant accès à l'ensemble des informations et données relatives aux finances publiques.

L'institution estime par ailleurs que "la communication financière grand public de l'Etat souffre également d'une faible coordination et de la discontinuité des messages portés et des indicateurs utilisés au cours des dernières années", et appelle à davantage de coordination entre ministères. Concernant l'accès des experts, elle note qu'un "plan d'action" est en cours pour "améliorer l'information transmise à la communauté des experts", et juge nécessaire d'enrichir l'information pluriannuelle et en cours d'exercice, avec "le renforcement de la robustesse des comptes nationaux trimestriels des administrations publiques".

Chargée de contrôler les comptes de l'Etat, la Cour relève aussi des dysfonctionnements, évoquant dans "certains cas des anomalies qualifiées de significatives et dans d'autres cas des insuffisances d'éléments probants", ce qui la conduit "à la formulation d'une opinion avec réserve sur les comptes de l'Etat".

Un coût élevé et un calendrier sensible

Le coût de la communication financière de l'Etat est "difficile" à estimer, selon la Cour. Pour 2026, les administrations et organismes concernés se sont vu fixer un objectif de "réduction substantielle" de leurs dépenses de communication, de 300 millions d'euros par rapport à 2024, sur un total évalué à environ 1 milliard d'euros. La publication du rapport intervient quelques jours avant un comité d'alerte sur les finances publiques, et aux prémices de la discussion sur le budget 2027.