La Banque centrale européenne s'inquiète de l'impact du pétrole à 100 dollars sur l'inflation
Le Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE) a opté pour le statu quo ce jeudi. Après la hausse de juin, le taux de dépôt, qui sert de référence au marché, demeure fixé à 2,25%. Cette décision intervient alors que le prix du pétrole Brent a franchi la barre des 100 dollars, alimentant les craintes d’une nouvelle poussée inflationniste dans la zone euro.
Le Conseil des gouverneurs a dû statuer dans un environnement géopolitique particulièrement agité. La guerre au Moyen-Orient a considérablement accentué l’incertitude entourant les perspectives, créant des risques à la hausse pour l’inflation et des risques à la baisse pour la croissance économique. "La décision était unanime, même s’il est vrai que certains gouverneurs se sont interrogés sur l’opportunité d’une hausse de taux", a concédé Christine Lagarde.
L’inquiétude face à la flambée des prix de l’énergie
La présidente de l’institution s’est déclarée inquiète de la nouvelle envolée des prix de l’énergie. "Le choc énergétique pourrait s’intensifier, et ses effets sur les prix et les salaires pourraient être plus forts que prévu", a-t-elle affirmé.
La BCE justifie le maintien de son taux directeur par l'absence d'effet de second tour sur l'inflation à ce stade. La banque centrale scrute particulièrement les revendications salariales, qui diffusent les hausses de prix dans toute l'économie. "L'évolution future de la situation dépendra de l'apparition éventuelle de signes plus marqués d'effets de second tour", confirme Brian Coulton, le chef économiste de Fitch.
Pour l'instant, la croissance nominale des salaires demeure faible – de seulement 2,3% à 2,5% selon les indicateurs de la BCE et d'Indeed – et la croissance des profits unitaires a fortement chuté depuis 2023.
Les marchés parient sur une hausse de taux lors de la prochaine réunion, en septembre. Tout dépendra de l’inflation.