Raphaël Glucksmann annonce sa candidature à la présidentielle de 2027

Raphaël Glucksmann annonce sa candidature à la présidentielle de 2027 Le député européen lance sa campagne en misant sur une primaire sociale-démocrate et une rupture assumée avec La France insoumise.

Raphaël Glucksmann a annoncé sa candidature à l'élection présidentielle, dimanche 23 août, au journal télévisé de 20 heures de TF1. Le député européen a également confirmé sa participation à la primaire sociale-démocrate, qui doit être organisée en octobre par le Parti socialiste (PS) et Place publique, formation qu'il a cofondée.

Cette primaire, dont le premier tour devrait se dérouler, a priori, les 10 et 11 octobre, doit permettre de désigner le candidat commun de la gauche réformiste. Les modalités précises, telles que le tarif de participation pour les non-adhérents et le nombre de parrainages requis, restent à finaliser, mais un accord est attendu lors du conseil national du PS du 25 août.

Une stratégie de rupture avec La France insoumise

Le camp Glucksmann réclame aussi une charte des valeurs, qui exclurait notamment "toute forme d'accord avec La France insoumise", y compris aux législatives. "Cette charte définit notre identité et notre périmètre politique. Il s'agit de poser des bases durables, claires et solides de la refondation de la gauche écologiste et démocrate", explique à l'AFP Jérôme Auslender, membre de Place publique.

Face à Raphaël Glucksmann, plusieurs socialistes se sont déjà déclarés candidats à la primaire, dont Ségolène Royal, le député Jérôme Guedj ou encore Philippe Brun. La position d'Olivier Faure, premier secrétaire du PS, reste à préciser, mais certains cadres estiment que Glucksmann part favori, tout en rappelant que sa candidature ne fait pas l'unanimité au sein du parti.

Le premier cercle de Raphaël Glucksmann est pour l'instant constitué d'anciens macronistes de gauche. Le député Sacha Houlié, cofondateur des Jeunes avec Macron, a rejoint l'eurodéputé, tout comme l'ancien ministre de la Santé Aurélien Rousseau et l'ancienne conseillère du président Marguerite Cazeneuve.

D'autres figures politiques ont rejoint ses rangs au cours de l'été, à commencer par Daniel Cohn-Bendit. "Dans le camp de la gauche réformiste, il est le seul à adopter un positionnement nouveau, qui ouvre une perspective d'avenir pour une gauche sociale-écologique ou écologico-sociale", a estimé l'ancien eurodéputé écologiste, dans Le Point.

Raphaël Glucksmann espère désormais obtenir d'autres ralliements, notamment de socialistes et d'écologistes. Des discussions sont en cours avec l'entourage de Yannick Jadot, l'ancien candidat écologiste à la présidentielle de 2022, qui a récemment lancé une "initiative pour refonder la gauche autour de la social-écologie".

Un programme en construction, des axes déjà dévoilés

Le programme de Raphaël Glucksmann est encore en construction. Marguerite Cazeneuve, l'ancienne numéro 2 de la Caisse nationale de l'Assurance-maladie, est notamment chargée d'en coordonner l'élaboration. L'eurodéputé, qui a obtenu près de 14% des voix aux européennes de 2024, a déjà présenté certains axes dans les médias et dans son livre, Nous avons encore envie, publié en mai.

Concernant les retraites, il estime que certains devront travailler plus longtemps pour équilibrer le système. Il se prononce également pour une régulation "réaliste et cohérente" de l'immigration, comme le détaille L'Opinion. Sans avancer de chiffrage précis, il propose aussi d'investir massivement dans l'école, la défense, la réindustrialisation et la transition écologique, tout en souhaitant réduire la dette et les déficits.

Raphaël Glucksmann est aussi attendu au Campus du Parti socialiste à Blois (Loir-et-Cher), à partir de vendredi, où il aura l'occasion d'en dévoiler un peu plus sur son programme et sa stratégie pour les semaines à venir.

Des sondages stables mais modestes

Depuis le début de l'année, Raphaël Glucksmann a régulièrement été testé dans les sondages en vue de la présidentielle. Il a été mesuré dans une fourchette généralement comprise entre 8 et 12% d'intentions de vote au premier tour, avec ponctuellement quelques pointes à 14%. Dans le détail, l'institut Elabe le créditait en juillet de 8,5 à 11% des intentions de vote, l'Ifop de 9 à 12% et Toluna Harris Interactive, de 10 à 11%.

Selon le baromètre de l'institut Cluster17 du 7 août, le candidat de Place publique obtient 23% d'opinions favorables, à la 14e position du classement, loin derrière Marine Le Pen ou Jordan Bardella, tous deux à 37%.